mercredi 22 juin 2016

Collection d'instruments à archet : JB CARTIER

Nous citons régulièrement ici le nom de Jean-Baptiste CARTIER, persuadés que sa collection d'instruments à cordes ne fût pas qu'une légende et que le travail de recherches historiques compilé dans un ouvrage à paraitre n'a pas disparu par hasard...

Une nouvelle fois, nous trouvons trace dans la Revue Musicale de 1828 de l'existence de cet ouvrage où il est précisé que le travail est "enfin" terminé :



(Sources : Google livres)

mercredi 15 juin 2016

Archetier : un métier dangereux ?

Fabriquer un archet, lui donner forme et jouabilité, obtenir de lui un mariage heureux avec un instrument à cordes et satisfaire jusqu'à l'émerveillement le musicien, est une passion que partage tous les archetiers...

Mais cette passion a un revers peu réjouissant pour la santé. Les poussières des bois exotiques utilisés (pernambouc, amourette, chêne...) sont de véritables poisons, déclencheurs potentiels de maladies graves.
Le taux d’empoussièrement d’un atelier d'archèterie doit se situer en dessous de la valeur réglementaire de 1mg/m3. L'utilisation de ventilations filtrantes, d'aspirateurs puissants, de gants en latex et de masques à poussières est primordiale pour se préserver des effets néfastes de ces micro-particules.

LES POUSSIÈRES DE BOIS DANGEREUSES POUR LA SANTÉ* :


Lors des travaux de transformation du bois qui va donner naissance à un nouvel archet, depuis le sciage de la planche où sera extraite la future baguette, aux finitions de polissage en passant par le rabotage et le nettoyage des outils, il y a production de copeaux et de poussières fines. Ces poussières, quel que soit le bois exotique utilisé, sont extrêmement volatiles et vont se déposer sur la peau et/ou dans l'appareil respiratoire.

Les conséquences sont souvent immédiates: irritation de la peau et des sinus (éternuements, nez qui "coule"), manifestations allergiques comme de l'eczéma, de la conjonctivite ou encore des crises d'asthme, le nez qui saigne, des douleurs faciales laissant supposer un redouté cancer des sinus et de l’ethmoïde (os constituant des cavités orbitaires nasales et crâniennes).

Si vous êtes au contact de poussières de bois exotiques, au moindre doute, consultez votre médecin traitant...

(Sources: *GISMA - Groupement interprofessionnel Sociale et Médical Aubois)

mercredi 8 juin 2016

Casanova : un archet, un violon

Giacomo Girolamo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux (République tchèque), est un aventurier vénitien. Il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l'unique but d'escroquer Madame d'Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de « Vénitien ».

Entre 1746 et 1749, de retour à Venise, Casanova devient joueur de violon au théâtre San Samuele. Il fait la connaissance du sénateur Bragadin, qui devient son protecteur. Il est alors mêlé à des affaires de jeu et se fait rapidement une réputation sulfureuse dans la Sérénissime.

1749, Au début de l’année, Casanova, jugeant préférable de quitter Venise par crainte des Inquisiteurs d’État, voyage dans le Nord de l’Italie et en Suisse : Vérone, Milan, Crémone, Césène, Genève… À l’automne, il rencontre Henriette, l’un des grands amours de sa vie. Le couple s’installe à Parme, mais Henriette est contrainte de le quitter au début de l’année suivante :



Recueil, tome 1. Musique et Musiciens
Augustin de Saint-Aubin, XVIIIe siècle.
Estampe
BnF, Département des Estampes et de la photographie, KD-3 (1)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Le concert commença par une superbe symphonie ; puis les acteurs chantèrent le duo, puis un écolier de Vandini donna un concerto de violoncello, qu'on applaudit beaucoup. Mais voilà ce qui me causa la plus grande surprise. Henriette se lève, et louant le jeune homme qui avait joué l'a solo, elle lui prend son violoncello, lui disant d'un air modeste, et serein qu'elle allait le faire briller davantage. Elle s'assied à la même place où il était, elle prend l'instrument entre ses genoux, et elle prie l'orchestre de recommencer le concerto. Voilà la compagnie dans le plus grand silence ; et moi mourant de peur ; mais Dieu merci personne ne me regardait. Pour elle, elle ne l'osait pas. Si elle avait élevé sur moi ses beaux yeux, elle aurait perdu courage. Mais ne la voyant que se mettre en posture de vouloir jouer, j'ai cru que ce n'était qu'un badinage pour faire tableau, qui vraiment avait des charmes ; mais quand je l'ai vue tirer le premier coup d'archer, j'ai pour lors cru que la trop forte palpitation de mon cœur allait me faire tomber mort. Henriette ne pouvait prendre, me connaissant bien, autre parti que celui de ne me jamais regarder. Mais que devins-je quand je l'ai entendue jouer l'a solo, et lorsqu'après le premier morceau les claquements de mains avaient fait devenir presque sourd l'orchestre ? Le passage de la crainte à une exubérance de contentement inattendu me causa un paroxysme, dont la plus forte fièvre n'aurait pas pu dans son redoublement me causer le pareil. Cet applaudissement ne fit à Henriette la moindre sensation du moins en apparence. Sans détacher ses yeux des notes qu'elle ne connaissait que pour avoir suivi des yeux tout le concert pendant que le professeur jouait, elle ne se leva qu'après avoir joué seule six fois. Elle n'a pas remercié la compagnie de l'avoir applaudie ; mais se tournant d'un air noble, et gracieux vers le professeur elle lui dit qu'elle n'avait jamais joué sur un meilleur instrument. Après ce compliment elle dit d'un air riant aux assistants qu'ils devaient excuser la vanité qui l'avait induite à rendre le concert plus long d'une demi-heure.
Ce compliment ayant fini de me frapper, j'ai disparu pour aller pleurer dans le jardin, où personne ne pouvait me voir. Qui est donc Henriette ? Quel est ce trésor dont je suis devenu le maître ? Il me paraissait impossible d'être l'heureux mortel qui la possédait.
Perdu dans ces réflexions, qui redoublaient la volupté de mes pleurs, je serais resté là encore longtemps, si Du Bois lui-même ne fût venu me chercher et me trouver malgré les ténèbres de la nuit. » (Histoire de ma vie, I, p. 180v-181.) 




«Il est impossible qu'un homme qui n'a pas une passion décidée pour la musique, n'en devienne passionné quand celui qui l'exerce à la perfection est l'objet qu'il aime. La voix humaine du violoncello supérieure à celle de tout autre instrument m'allait au cœur lorsqu' Henriette en jouait et elle en fut convaincue. Elle me procurait ce plaisir tous les jours et je lui ai proposé de donner des concerts. » (Histoire de ma vie, I, p. 512.)

mercredi 1 juin 2016

Hausse d'archet : le manuel qui donne des boutons... (1834)

Dans l'article "Hausse d'un archet vu par..." nous avions déjà évoqué ici le manuel de lutherie traitant de l'archèterie, rédigé par JC MAUGIN en 1834.

La date est importante car François Xavier Tourte décède en 1835, ce qui laisse probablement supposer que Maugin et lui se connaissaient...

L'art de fabriquer un bouton selon JC MAUGIN (page 213 et suivantes):




(Sources : Google Livres - Atelier Sandrine Raffin Archetiers)