mercredi 23 mars 2016

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le chèque bancaire

A l'ère de la monnaie électronique, de ses cartes à puces et de ses transferts de compte à compte, le billet de banque se ringardise de plus en plus et l'utilisation du chèque reste une méthode de paiement utilisée par des générations vieillissantes... L'argent virtuel est entré dans le 21eme siècle !

Si la machine à écrire fait déjà office d'objet de la préhistoire face aux ordinateurs portables et autres tablettes, le chèque finira lui aussi comme souvenir d'un temps passé et sa disparition est déjà programmée. La France reste néanmoins, avec les USA et le Brésil, l'un des trois pays les plus gros consommateurs de paiement par chèque.

En considérant que la Banque Courtois (Groupe Crédit du Nord), créée par Isaac Courtois à Toulouse reste la banque la plus ancienne en activité en France depuis 1760, l'histoire du chèque bancaire est une "success story" bien plus récente. 
Le chèque à utilisation personnel, en référence au mot anglo-saxon "check", lui-même inspiré du mot d'origine persane "sakk" signifiant "paiement signé", est né en France en février 1865. Il faut attendre 1911 pour voir sa version dite  "barré", le rendant obligatoirement encaissable sur un compte bancaire. Par opposition, un chèque non barré pouvait être remboursé en liquide au guichet bancaire.

En France, la durée légale d'utilisation une fois émis est de 1 an et 1 semaine. Le fait qu'aucune uniformité n'existe sur l'utilisation des chèques en Europe, son usage reste bien souvent à l'intérieur des frontières d'un territoire, ce qui n'est pas en accord avec un système monétaire commun.

C'est donc vers la fin du 19eme siècle que luthiers et archetiers pourront être payés par un simple morceau de papier comportant des mentions obligatoires pour qu'il soit valide.
Dans le livre intitulé "Discours prononcé à l'audience solennelle de rentrée du 15 octobre 1870..." , Jean Georges Philippe WÜRTH, procureur général au Tribunal de Gand (Belgique) écrit ceci :



(Sources : Wikipédia, Google Livres, Banque Courtois / Groupe Crédit du Nord)

jeudi 17 mars 2016

Influences de la taille et de l'espérance de vie d'un musicien sur l'histoire de l' archet

Si la famille TOURTE et l'anglais DODD ont une vision diamétralement opposée sur les dimensions idéales de l'archet, il faut supposer que la taille physique des musiciens doit y être pour beaucoup.
Si les marchands d'instruments de musique prospèrent au cours du 19eme siècle jusqu'au milieu du 20eme, c'est, sans nul doute, dû à l'espérance de vie des musiciens.

L'étude des "données sur la vie" consultable sur le site "CEGEP du Vieux Montréal" permet de comprendre l'influence de la taille et de l'espérance de vie sur l'histoire des objets, en règle générale, et sur celle de l'archet en particulier.

Au Moyen Age, l'homme mesurait en moyenne 160 cm et pouvait espérer vivre 14 à 19 ans.
Au cours du 18eme siècle, la taille est de 162 cm et la durée de vie de 28 à 38 ans. En acceptant le fait que,durant cette période, l'archet évolue vers ses formes définitives, on peut donc en conclure que rien n'a réellement changé depuis... ...sinon une recherche de poids, une tendance à l'archet plus lourd.

Or, en 1995, l'homme de 20 à 29 ans mesure 176 cm et 1 sur 5 fait plus de 180 cm.
Ce n'est donc pas de poids de l'archet dont il s'agit mais de longueur de baguette donc d'équilibre. Ne faudrait il pas s'interroger alors sur les mesures des instruments eux-mêmes ? Vaste débat qui opposent puristes et novateurs et qui obligent les "grands" musiciens (par la taille) à se soumettre aux dimensions établies il y a plus de deux siècles.

Toujours en 1995, l'espérance de vie se situe autour de 75 ans. Le marché des instruments anciens commencent à souffrir. Et tout particulièrement du fait de la longévité des musiciens qui vivent plus longtemps. Les instruments de musique restent alors plus longuement dans les familles, avant d'être introduits dans le circuit de vente d'objets d'art. 
Mathématiquement, et dans l'absolu, un archet fabriqué en 1820 aurait pu appartenir, sur 75 ans, à trois musiciens différents alors que celui fabriqué en 1920 appartient toujours à son propriétaire en 1995.


Compte tenu de la raréfaction d'archets de prestige en parfait état, c'est l'archet "contemporain" (neuf) qui redevient la cible des artistes. La main de certains archetiers du 21eme siècle est bien plus affirmée que celle de certains maitres du passé...

mercredi 9 mars 2016

Clara Rockmore : du violon au theremine...

Née à Vilnius (Lituanie)  le 09 mars 1911, Clara Rockmore, de son vrai nom Clara Reisenberg va marquer de son empreinte le monde de la musique et, plus particulièrement, celui des instruments.
A l'age de cinq ans, la jeune Clara est déjà un petit prodige du violon et entre au conservatoire Rimski-Korsakov de Saint Petersbourg. Mais la mal-nutrition va être déterminante pour la carrière de la jeune artiste...
Souffrant de déformation osseuse, maitriser l'archet est devenu impossible pour la violoniste au talent prometteur. Toutefois, Clara possède plusieurs atouts non négligeables. Une formation classique qui lui permet d'appréhender les difficultés musicales et une oreille absolue qui décrypte la subtilité des sons et l'aide à les reproduire avec exactitude. Sa rencontre avec un certain Léon Theremin va être déterminante...

Léon Theremin, ingénieur russe né à Saint Petersbourg, en août 1896, de son véritable nom Lev Sergueïevitch Termen, est à l'origine du premier instrument de musique électronique : l' "aetherophone" appelé également "thérémine" (Thereminvox).
La particularité de cet appareil est de pouvoir en jouer sans avoir besoin de le toucher, en bougeant uniquement les mains dans un champs électromagnétique émis par deux antennes. 
Proche des sonorités de la voix humaine ou des instruments à cordes frottées, le "thérémine" inspirera Robert Moog et Jean-Michel Jarre dans l'invention d'appareils dérivés.

Dès les premières années de son utilisation, Clara Rockmore fut une virtuose inégalée du thérémine . Contrairement à un grand nombre de musiciens qui utilisèrent cet instrument pour des bruitages effrayants ou des effets spéciaux sonores dans des films fantastiques ou de science-fiction, Clara Rockmore l'utilisa comme un instrument de musique classique. Sous son contrôle, le timbre du thérémine était donc proche de celui du violon ou de la voix humaine.



(Sources: Wikipedia - Gallica/BnF - Google Livres - YouTube)

mercredi 2 mars 2016

Rue Croix-des-Petits-Champs : dédiée à la lutherie et l'archèterie

Située dans le 1er arrondissement de Paris, la rue Croix des Petits Champs fut, historiquement parlant, une voie dédiée à la lutherie et à l'archèterie. De la rue Saint Honoré à la Place des Victoires, elle est un des berceaux de l'instrument à cordes où de grands noms de la lutherie et de l'archèterie y bâtiront leur réputation.

A quelques mètres de cette rue, dans la rue Saint Honoré, au n° 216 nous y trouvons Chanot Letesimon et Payonne ainsi décrits : "dépôt de violons, alto, violoncelles fabriqués par brevet d'invention gratuit, à titre d'encouragement. Ces nouveaux instrumens luttent contre les produits les plus recherches de l'ancienne lutherie italienne."

Au 09 rue Croix des Petits Champs : Lejeune Fils, fils de François Lejeune, spécialiste harpe, violon, violoncelle et accessoires.



Au 12 : Dehommais et Germain

Au 16 puis 23 : Clément.
Laurent Grillet écrit ceci : ""On dit qu'il travailla peu par lui-même ; mais il eut d'excellents ouvriers tels que G. Chanot, Calot et Augière".

Au 20 puis 24 : Charles François Gand. Elève, gendre et successeur de Nicolas Lupot. Puis associé à Bernardel.

Au 30 : Nicolas Lupot, luthier, fils de François Lupot, frère de l'archetier François Lupot II.


Carles Adolphe Maucotel, François Nicolas Fourrier dit Nicolas, Lété et Vuillaume puis Vuillaume seul.
Joseph Fonclause, Charles Claude Husson, Dominique Peccatte, Charles Peccatte, François Peccatte, FN Voirin chez et pour le compte de JB Vuillaume...

(Sources : Google Maps - Google Livres - Wikipedia - Laurent Grillet - luthiers-mirecourt.com)