mardi 11 octobre 2016

Archetière : définition



Définition du dictionnaire de français Larousse:

archetier, archetière  (nom) : fabricant d'archets

A la question posée dans le reportage ci-dessus (BFM Business "Le Goût du Luxe" 07/10/2016), et bien oui, nous pouvons officiellement parler d' ARCHETIÈRE.

"C’est suite à la requête de Charles Alfred BAZIN auprès de l’Académie française  que le mot “archetier” (tant espéré par son grand-père et son père) a été introduit dans le dictionnaire de la langue française. Cette distinction était souhaitée par les luthiers fabriquants de violons, altos, violoncelles et contrebasses..." (notre blog : " Apparition du mot "archetier" ")

jeudi 6 octobre 2016

Francis TOURTE : petit fils de François-Xavier...

Louis François TOURTE dit "Francis Tourte", au travers de l'écrit suivant, fait un portrait bien sombre de sa jeunesse, au cœur même d'une famille modeste...

REMI ou Croyance et martyre : nouvelle en vers (1843)

Gallica / BnF (ATTENDRE LE CHARGEMENT DU DOCUMENT)





A suivre...

mercredi 5 octobre 2016

Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et ...

Vu dans "Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc. : ouvrage utile à toutes les classes de la société".
1826 (A6). Auteur Malo, Charles (1790-1871). Auteur du texte 

Gallica/BnF



Où il est question de la formation du petit fils de FX TOURTE... (cliquez sur la photo pour agrandir)
 

mercredi 13 juillet 2016

14 juillet 1789 : SARRETTE révolutionne le monde musicale

Mais qui est SARRETTE ?

Né le 27 novembre 17665 à Bordeaux, fils de Jean Sarrette, cordonnier, et de Marie Orcival, Bernard Sarrette était monté à Paris où il exerçait dans la comptabilité. Acquis immédiatement à la Révolution française, il s'engage aussitôt dans la toute nouvelle Garde nationale. Il y émet l'idée de créer un corps de musique ; cette idée est reprise et Sarrette est dès lors placé à sa tête, bien qu'il ne soit pas musicien...

En 1864, dans le volume 7 de la "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique" par F.J. FETIS (deuxième édition), on peut lire ceci :





Alors, le Conservatoire, une idée révolutionnaire ?

(Sources : Wikipedia - Google Livres - digitalcollections.nypl.org)

mercredi 6 juillet 2016

Description napoléonnienne d'un archet egyptien...

En 1809 paraissait, aux éditions de l'Imprimerie Impériale, un ouvrage intitulé "DESCRIPTION DE L’ÉGYPTE ou RECUEIL des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'Armée Française" (Tome 1) publié par les ordres de sa majesté l'empereur NAPOLÉON LE GRAND, observations faites en 1798, 1799 et 1800 par l'astronome de la commission des sciences et arts d’Égypte, Nicolas-Antoine NOUET (1740 - 1811).

En l'absence de violon, d'alto et autre violoncelle, les égyptiens sont toutefois "musiciens" et précoces dans l'invention d'instruments à cordes.
Guillaume André VILLOTEAU (1759 - 1839), musicographe français possédant une collection unique d'instruments de musique (étrangement rachetée par François-Joseph FETIS) fait partie de la commission de Nicolas Antoine NOUET. Il rédige la partie "DESCRIPTION historique, technique et littéraire DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE DES ORIENTAUX" du volume et s'attache à décrire précisément  chaque objet.

Illustration : Horizons d'Aton
Voici ce qu'il écrit concernant l'archet: 

" L'ARCHET P est construit autrement que les nôtres.
Le bâton est tout simplement un rameau de frêne, dont on ne s'est pas donné la peine d'enlever l'écorce. Ce bâton, par le bout qui répond à ce que nous nommons la tête de l'archet, est creux d'environ 14 millimètres de profondeur. A ce même bout et du côté opposé à celui où la mèche de crin est tendue, le bâton est fendu dans toute la profondeur de ce qui est creusé, et la fente est terminée par un trou qui traverse en dehors de ce même côté.
A l'autre bout et à l'endroit où seroit le talon de nos archets , du côté de la mèche de crin, est une boucle de fer Ω, dont les deux bouts fichés dans l'épaisseur du bâton passent au travers et sont rivés de l'autre côté. La mèche de crin est liée avec du gros fil à ses deux bouts. On a fait entrer l'un d'eux dans la partie creusée de la tête, ou du bout supérieur de l'archet, et on l'a fait sortir par le trou a‘, près duquel on l'a noué pour l'arrêter en cet endroit. L'autre bout de la mèche est attaché par un nœud au premier anneau en fer d de la courroie k. On fait passer deux fois cette courroie dans le premier et dans le second anneau, en tirant fortement les deux bouts , pour tendre la mèche de crin; puis on les noue sur le dernier anneau, qui est retenu par la boucle de fer Ω, dans laquelle on avoit eu la précaution d'introduire cet anneau, avant de la ficher dans le bâton et d'en river les bouts
."


Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin :






(Sources : Google Livres - Wikipedia - Horizons d'Aton - Atelier Sandrine RAFFIN-Archetiers)

mercredi 22 juin 2016

Collection d'instruments à archet : JB CARTIER

Nous citons régulièrement ici le nom de Jean-Baptiste CARTIER, persuadés que sa collection d'instruments à cordes ne fût pas qu'une légende et que le travail de recherches historiques compilé dans un ouvrage à paraitre n'a pas disparu par hasard...

Une nouvelle fois, nous trouvons trace dans la Revue Musicale de 1828 de l'existence de cet ouvrage où il est précisé que le travail est "enfin" terminé :



(Sources : Google livres)

mercredi 15 juin 2016

Archetier : un métier dangereux ?

Fabriquer un archet, lui donner forme et jouabilité, obtenir de lui un mariage heureux avec un instrument à cordes et satisfaire jusqu'à l'émerveillement le musicien, est une passion que partage tous les archetiers...

Mais cette passion a un revers peu réjouissant pour la santé. Les poussières des bois exotiques utilisés (pernambouc, amourette, chêne...) sont de véritables poisons, déclencheurs potentiels de maladies graves.
Le taux d’empoussièrement d’un atelier d'archèterie doit se situer en dessous de la valeur réglementaire de 1mg/m3. L'utilisation de ventilations filtrantes, d'aspirateurs puissants, de gants en latex et de masques à poussières est primordiale pour se préserver des effets néfastes de ces micro-particules.

LES POUSSIÈRES DE BOIS DANGEREUSES POUR LA SANTÉ* :


Lors des travaux de transformation du bois qui va donner naissance à un nouvel archet, depuis le sciage de la planche où sera extraite la future baguette, aux finitions de polissage en passant par le rabotage et le nettoyage des outils, il y a production de copeaux et de poussières fines. Ces poussières, quel que soit le bois exotique utilisé, sont extrêmement volatiles et vont se déposer sur la peau et/ou dans l'appareil respiratoire.

Les conséquences sont souvent immédiates: irritation de la peau et des sinus (éternuements, nez qui "coule"), manifestations allergiques comme de l'eczéma, de la conjonctivite ou encore des crises d'asthme, le nez qui saigne, des douleurs faciales laissant supposer un redouté cancer des sinus et de l’ethmoïde (os constituant des cavités orbitaires nasales et crâniennes).

Si vous êtes au contact de poussières de bois exotiques, au moindre doute, consultez votre médecin traitant...

(Sources: *GISMA - Groupement interprofessionnel Sociale et Médical Aubois)

mercredi 8 juin 2016

Casanova : un archet, un violon

Giacomo Girolamo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux (République tchèque), est un aventurier vénitien. Il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l'unique but d'escroquer Madame d'Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de « Vénitien ».

Entre 1746 et 1749, de retour à Venise, Casanova devient joueur de violon au théâtre San Samuele. Il fait la connaissance du sénateur Bragadin, qui devient son protecteur. Il est alors mêlé à des affaires de jeu et se fait rapidement une réputation sulfureuse dans la Sérénissime.

1749, Au début de l’année, Casanova, jugeant préférable de quitter Venise par crainte des Inquisiteurs d’État, voyage dans le Nord de l’Italie et en Suisse : Vérone, Milan, Crémone, Césène, Genève… À l’automne, il rencontre Henriette, l’un des grands amours de sa vie. Le couple s’installe à Parme, mais Henriette est contrainte de le quitter au début de l’année suivante :



Recueil, tome 1. Musique et Musiciens
Augustin de Saint-Aubin, XVIIIe siècle.
Estampe
BnF, Département des Estampes et de la photographie, KD-3 (1)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Le concert commença par une superbe symphonie ; puis les acteurs chantèrent le duo, puis un écolier de Vandini donna un concerto de violoncello, qu'on applaudit beaucoup. Mais voilà ce qui me causa la plus grande surprise. Henriette se lève, et louant le jeune homme qui avait joué l'a solo, elle lui prend son violoncello, lui disant d'un air modeste, et serein qu'elle allait le faire briller davantage. Elle s'assied à la même place où il était, elle prend l'instrument entre ses genoux, et elle prie l'orchestre de recommencer le concerto. Voilà la compagnie dans le plus grand silence ; et moi mourant de peur ; mais Dieu merci personne ne me regardait. Pour elle, elle ne l'osait pas. Si elle avait élevé sur moi ses beaux yeux, elle aurait perdu courage. Mais ne la voyant que se mettre en posture de vouloir jouer, j'ai cru que ce n'était qu'un badinage pour faire tableau, qui vraiment avait des charmes ; mais quand je l'ai vue tirer le premier coup d'archer, j'ai pour lors cru que la trop forte palpitation de mon cœur allait me faire tomber mort. Henriette ne pouvait prendre, me connaissant bien, autre parti que celui de ne me jamais regarder. Mais que devins-je quand je l'ai entendue jouer l'a solo, et lorsqu'après le premier morceau les claquements de mains avaient fait devenir presque sourd l'orchestre ? Le passage de la crainte à une exubérance de contentement inattendu me causa un paroxysme, dont la plus forte fièvre n'aurait pas pu dans son redoublement me causer le pareil. Cet applaudissement ne fit à Henriette la moindre sensation du moins en apparence. Sans détacher ses yeux des notes qu'elle ne connaissait que pour avoir suivi des yeux tout le concert pendant que le professeur jouait, elle ne se leva qu'après avoir joué seule six fois. Elle n'a pas remercié la compagnie de l'avoir applaudie ; mais se tournant d'un air noble, et gracieux vers le professeur elle lui dit qu'elle n'avait jamais joué sur un meilleur instrument. Après ce compliment elle dit d'un air riant aux assistants qu'ils devaient excuser la vanité qui l'avait induite à rendre le concert plus long d'une demi-heure.
Ce compliment ayant fini de me frapper, j'ai disparu pour aller pleurer dans le jardin, où personne ne pouvait me voir. Qui est donc Henriette ? Quel est ce trésor dont je suis devenu le maître ? Il me paraissait impossible d'être l'heureux mortel qui la possédait.
Perdu dans ces réflexions, qui redoublaient la volupté de mes pleurs, je serais resté là encore longtemps, si Du Bois lui-même ne fût venu me chercher et me trouver malgré les ténèbres de la nuit. » (Histoire de ma vie, I, p. 180v-181.) 




«Il est impossible qu'un homme qui n'a pas une passion décidée pour la musique, n'en devienne passionné quand celui qui l'exerce à la perfection est l'objet qu'il aime. La voix humaine du violoncello supérieure à celle de tout autre instrument m'allait au cœur lorsqu' Henriette en jouait et elle en fut convaincue. Elle me procurait ce plaisir tous les jours et je lui ai proposé de donner des concerts. » (Histoire de ma vie, I, p. 512.)

mercredi 1 juin 2016

Hausse d'archet : le manuel qui donne des boutons... (1834)

Dans l'article "Hausse d'un archet vu par..." nous avions déjà évoqué ici le manuel de lutherie traitant de l'archèterie, rédigé par JC MAUGIN en 1834.

La date est importante car François Xavier Tourte décède en 1835, ce qui laisse probablement supposer que Maugin et lui se connaissaient...

L'art de fabriquer un bouton selon JC MAUGIN (page 213 et suivantes):




(Sources : Google Livres - Atelier Sandrine Raffin Archetiers)

mercredi 4 mai 2016

Cécité, musique et archet...

Violoniste aveugle - Hongrie - 1921
En cherchant un lien de cause à effet dans l'installation de certains facteurs d'instruments sous la protection des "Quinze-Vingts" au cours du 18eme siècle, nous avons découvert cette réponse dans un échange sur la question "Et les aveugles, peuvent-ils jouer de la musique ?" (sur le forum Santé/Audition d'Audiofanzine - 2010) :

"Mon père était pratiquement aveugle et par conséquent s'est retrouvé à l'institut des jeunes aveugles à Paris où il a consolidé sa pratique de la musique. Organiste de formation il pratiquait également la guitare, le violon, la contrebasse et le violoncelle à la fin.

Pour apprendre de nouvelles pièces il les déchiffrait en braille.
"
(le-blob)

Dans le magazine français "Le Magasin pittoresque" de 1837 (Cinquieme année - Edouard Charton) on y trouve ceci :

"Cependant le désir d'affranchir les aveugles de la nécessité d'avoir recours aux clairvoyants pour lire la musique, a fait chercher divers systèmes de notation. L'un des plus singuliers sans doute est celui dont parle Guillié dans son Essai sur l'instruction des aveugles. Il avail été inventé, à son usage, par un aveugle habile sur le violon, et qu'il eut l'occasion de voir à Bordeaux. « Cet aveugle, dit Guillié, représentait les mesures par des moules de boulons, la valeur des notes par des morceaux de liège plus ou moins épais, une ronde par un anneau, une noire par une pièce de monnaie , les silences par des lanières de cuir dentelées, etc., etc. Nous ne nous rappelons pas la série confuse de tous les signes qu'il reconnaissait pourtant assez bien ; mais nous ne pûmes retenir nos rires lorsque nous ayant parlé du deuxième concerto de Jarnowick qu'il jouait alors, il alla chercher dans une armoire une espèce de chapelet long de sept ou huit toises, formé des objets dont nous avons parlé, qu'il nous dit être ce concerto; et sur lequel il nous fit distinguer les passages les plus difficiles. Il avait plusieurs armoires remplies de cette singulière musique."

Moins flatteur mais tout aussi intéressant l'article metronimo.com consacré à l'argot musical "Musique de Quinze-Vingts". Si sa définition reste très "populaire" (Musique médiocre comme en exécutent les aveugles nomades.) il faut retenir ce passage :

"Jusqu'au XVIIe siècle, les aveugles continuèrent à moudre de la chifonie. L'orgue de Barberi et l'accordéon étaient encore à naître. Bientôt le gagne-pain des pauvres, la vielle eut ses entrées dans les palais, et, grâce à La Roze et à Janot, la terreur des cours devint la joie de la cour.

Le violon étant tombé en discrédit parmi les gens du bel air, les aveugles s'en emparèrent.

Au XVIIIe siècle, on organisa des concerts d'aveugles, mais l'exécution charivarique de ces orchestres et les costumes burlesques dont on revêtait les pauvres symphonistes étaient plutôt du domaine de la parade et faisaient la risée de l'auditoire.

Une curieuse estampe du temps, reproduite par le magasin pittoresque de 1878, représente un « grand concert extraordinaire exécuté par un détachement des Quinze-vingts au caffé des aveugles (sic) à la foire Saint-Ovide, au mois de septembre 1771. » L'orchestre de ce concert est composé de neuf exécutants jouant des instruments à cordes et à archet. Ils sont affublés de bonnets pointus et, comme pour railler de leur infirmité, quelques-uns des violons portent des lunettes et d'autres s'efforcent en grimaçant de déchiffrer leur musique posée à l'envers devant leurs yeux morts.
"

A toutes celles et tous ceux, privés de vue et qui souhaitent démontrer qu'être un musicien à cordes, aveugle, c'est possible, il faut alors se rapprocher de l'INJA, Institut National des Jeunes Aveugles et de sa section d 'apprentissage de la musique...


A lire : "César aveugle et voyageurJean-Antoine GUER (1740)
 
(Sources : Google Livres - INJA - metronimo.com - Réunion des Musées Nationaux)

mercredi 20 avril 2016

Ouvrier archetier : André JACQUEMIN

La réputation d'un maitre archetier et / ou de son atelier est parfois due au travail silencieux des gens de l'ombre: les ouvriers archetiers...

André JACQUEMIN est de ceux-là.

André nait le 22 août 1904 à Mirecourt (88 - Vosges) de Joseph Émile Jacquemin, journalier, et de Charlotte Louise Lorrain, dentellière. Il se marie en août 1926 avec une certaine Mathilde Maline, au nom de famille bien connu dans le monde de l'archèterie Mirecurtienne.
Son savoir-faire et sa toute jeune expérience le fait travailler pour Charles Nicolas et  Louis BAZIN (1921)

L'apprentissage et le travail d'archetier sont réglementés par une Convention collective et rémunérés selon un Barème précis.
Vers 1935, un archetier qualifié touche 3 francs 75 centimes de l'heure (soit +/- 0,56 cents d'euro).
Un apprenti, de 0,75 centimes à 2 francs 50 (soit de 0,11 à 0,38 cents d'euro)

Pour information anecdotique, un luthier qualifié devait rendre deux violons par semaine.

C'est en pleine semi-industrialisation qu'André JACQUEMIN se confronte avec un dilemme peu coutumier dans le métier de la facture instrumentale : produire toujours plus et sacrifier la qualité au profit de la quantité.

André JACQUEMIN décède en 1982, à l'age de 77 ans. Même si son travail ne sera jamais reconnu en tant que tel, un nombre important d'archets fabriqués par lui et portant la marque de grands ateliers circulent encore aujourd'hui et font le bonheur de jeunes musiciens affirmés.

(Sources : luthier-mirecourt.com / archives des Vosges / atelier Sandrine Raffin - archetiers / wikipédia)

mercredi 23 mars 2016

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le chèque bancaire

A l'ère de la monnaie électronique, de ses cartes à puces et de ses transferts de compte à compte, le billet de banque se ringardise de plus en plus et l'utilisation du chèque reste une méthode de paiement utilisée par des générations vieillissantes... L'argent virtuel est entré dans le 21eme siècle !

Si la machine à écrire fait déjà office d'objet de la préhistoire face aux ordinateurs portables et autres tablettes, le chèque finira lui aussi comme souvenir d'un temps passé et sa disparition est déjà programmée. La France reste néanmoins, avec les USA et le Brésil, l'un des trois pays les plus gros consommateurs de paiement par chèque.

En considérant que la Banque Courtois (Groupe Crédit du Nord), créée par Isaac Courtois à Toulouse reste la banque la plus ancienne en activité en France depuis 1760, l'histoire du chèque bancaire est une "success story" bien plus récente. 
Le chèque à utilisation personnel, en référence au mot anglo-saxon "check", lui-même inspiré du mot d'origine persane "sakk" signifiant "paiement signé", est né en France en février 1865. Il faut attendre 1911 pour voir sa version dite  "barré", le rendant obligatoirement encaissable sur un compte bancaire. Par opposition, un chèque non barré pouvait être remboursé en liquide au guichet bancaire.

En France, la durée légale d'utilisation une fois émis est de 1 an et 1 semaine. Le fait qu'aucune uniformité n'existe sur l'utilisation des chèques en Europe, son usage reste bien souvent à l'intérieur des frontières d'un territoire, ce qui n'est pas en accord avec un système monétaire commun.

C'est donc vers la fin du 19eme siècle que luthiers et archetiers pourront être payés par un simple morceau de papier comportant des mentions obligatoires pour qu'il soit valide.
Dans le livre intitulé "Discours prononcé à l'audience solennelle de rentrée du 15 octobre 1870..." , Jean Georges Philippe WÜRTH, procureur général au Tribunal de Gand (Belgique) écrit ceci :



(Sources : Wikipédia, Google Livres, Banque Courtois / Groupe Crédit du Nord)

jeudi 17 mars 2016

Influences de la taille et de l'espérance de vie d'un musicien sur l'histoire de l' archet

Si la famille TOURTE et l'anglais DODD ont une vision diamétralement opposée sur les dimensions idéales de l'archet, il faut supposer que la taille physique des musiciens doit y être pour beaucoup.
Si les marchands d'instruments de musique prospèrent au cours du 19eme siècle jusqu'au milieu du 20eme, c'est, sans nul doute, dû à l'espérance de vie des musiciens.

L'étude des "données sur la vie" consultable sur le site "CEGEP du Vieux Montréal" permet de comprendre l'influence de la taille et de l'espérance de vie sur l'histoire des objets, en règle générale, et sur celle de l'archet en particulier.

Au Moyen Age, l'homme mesurait en moyenne 160 cm et pouvait espérer vivre 14 à 19 ans.
Au cours du 18eme siècle, la taille est de 162 cm et la durée de vie de 28 à 38 ans. En acceptant le fait que,durant cette période, l'archet évolue vers ses formes définitives, on peut donc en conclure que rien n'a réellement changé depuis... ...sinon une recherche de poids, une tendance à l'archet plus lourd.

Or, en 1995, l'homme de 20 à 29 ans mesure 176 cm et 1 sur 5 fait plus de 180 cm.
Ce n'est donc pas de poids de l'archet dont il s'agit mais de longueur de baguette donc d'équilibre. Ne faudrait il pas s'interroger alors sur les mesures des instruments eux-mêmes ? Vaste débat qui opposent puristes et novateurs et qui obligent les "grands" musiciens (par la taille) à se soumettre aux dimensions établies il y a plus de deux siècles.

Toujours en 1995, l'espérance de vie se situe autour de 75 ans. Le marché des instruments anciens commencent à souffrir. Et tout particulièrement du fait de la longévité des musiciens qui vivent plus longtemps. Les instruments de musique restent alors plus longuement dans les familles, avant d'être introduits dans le circuit de vente d'objets d'art. 
Mathématiquement, et dans l'absolu, un archet fabriqué en 1820 aurait pu appartenir, sur 75 ans, à trois musiciens différents alors que celui fabriqué en 1920 appartient toujours à son propriétaire en 1995.


Compte tenu de la raréfaction d'archets de prestige en parfait état, c'est l'archet "contemporain" (neuf) qui redevient la cible des artistes. La main de certains archetiers du 21eme siècle est bien plus affirmée que celle de certains maitres du passé...

mercredi 9 mars 2016

Clara Rockmore : du violon au theremine...

Née à Vilnius (Lituanie)  le 09 mars 1911, Clara Rockmore, de son vrai nom Clara Reisenberg va marquer de son empreinte le monde de la musique et, plus particulièrement, celui des instruments.
A l'age de cinq ans, la jeune Clara est déjà un petit prodige du violon et entre au conservatoire Rimski-Korsakov de Saint Petersbourg. Mais la mal-nutrition va être déterminante pour la carrière de la jeune artiste...
Souffrant de déformation osseuse, maitriser l'archet est devenu impossible pour la violoniste au talent prometteur. Toutefois, Clara possède plusieurs atouts non négligeables. Une formation classique qui lui permet d'appréhender les difficultés musicales et une oreille absolue qui décrypte la subtilité des sons et l'aide à les reproduire avec exactitude. Sa rencontre avec un certain Léon Theremin va être déterminante...

Léon Theremin, ingénieur russe né à Saint Petersbourg, en août 1896, de son véritable nom Lev Sergueïevitch Termen, est à l'origine du premier instrument de musique électronique : l' "aetherophone" appelé également "thérémine" (Thereminvox).
La particularité de cet appareil est de pouvoir en jouer sans avoir besoin de le toucher, en bougeant uniquement les mains dans un champs électromagnétique émis par deux antennes. 
Proche des sonorités de la voix humaine ou des instruments à cordes frottées, le "thérémine" inspirera Robert Moog et Jean-Michel Jarre dans l'invention d'appareils dérivés.

Dès les premières années de son utilisation, Clara Rockmore fut une virtuose inégalée du thérémine . Contrairement à un grand nombre de musiciens qui utilisèrent cet instrument pour des bruitages effrayants ou des effets spéciaux sonores dans des films fantastiques ou de science-fiction, Clara Rockmore l'utilisa comme un instrument de musique classique. Sous son contrôle, le timbre du thérémine était donc proche de celui du violon ou de la voix humaine.



(Sources: Wikipedia - Gallica/BnF - Google Livres - YouTube)

mercredi 2 mars 2016

Rue Croix-des-Petits-Champs : dédiée à la lutherie et l'archèterie

Située dans le 1er arrondissement de Paris, la rue Croix des Petits Champs fut, historiquement parlant, une voie dédiée à la lutherie et à l'archèterie. De la rue Saint Honoré à la Place des Victoires, elle est un des berceaux de l'instrument à cordes où de grands noms de la lutherie et de l'archèterie y bâtiront leur réputation.

A quelques mètres de cette rue, dans la rue Saint Honoré, au n° 216 nous y trouvons Chanot Letesimon et Payonne ainsi décrits : "dépôt de violons, alto, violoncelles fabriqués par brevet d'invention gratuit, à titre d'encouragement. Ces nouveaux instrumens luttent contre les produits les plus recherches de l'ancienne lutherie italienne."

Au 09 rue Croix des Petits Champs : Lejeune Fils, fils de François Lejeune, spécialiste harpe, violon, violoncelle et accessoires.



Au 12 : Dehommais et Germain

Au 16 puis 23 : Clément.
Laurent Grillet écrit ceci : ""On dit qu'il travailla peu par lui-même ; mais il eut d'excellents ouvriers tels que G. Chanot, Calot et Augière".

Au 20 puis 24 : Charles François Gand. Elève, gendre et successeur de Nicolas Lupot. Puis associé à Bernardel.

Au 30 : Nicolas Lupot, luthier, fils de François Lupot, frère de l'archetier François Lupot II.


Carles Adolphe Maucotel, François Nicolas Fourrier dit Nicolas, Lété et Vuillaume puis Vuillaume seul.
Joseph Fonclause, Charles Claude Husson, Dominique Peccatte, Charles Peccatte, François Peccatte, FN Voirin chez et pour le compte de JB Vuillaume...

(Sources : Google Maps - Google Livres - Wikipedia - Laurent Grillet - luthiers-mirecourt.com) 

mercredi 24 février 2016

Antoine VIDAL : l'archet, un peu d'histoire

Louis-Antoine VIDAL, né à Rouen en 1820 est un historien de la musique, membre de la société de l'histoire de Paris et de l'Ile de France et excellent violoncelliste amateur.

Dans son ouvrage de 1889 intitulé "La lutherie et les luthiers" (Ed. Quantin, 347 pages), Vidal écrit ceci :

Collections du Musée de la Musique - Paris
"«... Ainsi se trouve formulée la théorie rigoureuse de l'archet de violon. Par un procédé graphique analogue, on déterminera sans peine les proportions décroissantes de l'archet de l'alto et de celui du violoncelle. » J.-B. Vuillaume, dans ses travaux sur l'archet, ne s'est pas borné à l'étude de Tourte ; chercheur infatigable, il lui est dû, dans ce genre, de véritables inventions, qui, toutes, ont fait sensation quand elles se s ont produites : l'une des plus importantes fut celle des archets en métal qu'il commença à fabriquer en 1834. Pendant plus de dix années, cinq cents de ces archets environ sortirent annuellement de ses ateliers et eurent parmi les artistes et les amateurs un succès qui ne cessa que le jour où l'ouvrier qu'il avait formé et qui travaillait sous sa direction vint à lui manquer. La difficulté de se procurer de bons bois de Fernambouc avait suggéré à Vuillaume cette idée nouvelle. Les essais furent nombreux avant d'obtenir la perfection voulue : il fallait arriver à donner à un tube creux en acier la cambrure, l'élasticité et en même temps la vigueur nécessaires. A force de patience et d'études, ces résultats furent obtenus, et on vit des artistes tels que de Bériot, Artot et autres se servir des archets en métal, qui se vendaient vingt-cinq francs comme ceux en bois. (Le musée instrumental du Conservatoire de Paris possède un archet en métal de J.-B. Vuillaume. N° 46 du catalogue.)

A côté de cette invention, on peut placer celle des archets à hausse fixe. Voici l'exposé de ce système nouveau fait par Vuillaume lui-même :


« Les archets des instruments à cordes, tels qu'on les a construits jusqu'aujourd'hui, présentent deux graves inconvénients reconnus tels par tous les artistes : le premier provient de la difficulté qu'on éprouve à disposer les crins de manière qu'ils forment une espèce de ruban parfaitement plan dans toute sa longueur ; on sait qu'en effet il est assez rare de rencontrer des archets dont les crins soient convenablement disposés ; le second inconvénient consiste en ce que la hausse à laquelle se trouve fixée l'une des extrémités de la mèche de crins changeant continuellement de position, la longueur des crins est nécessairement variable ; par conséquent, l'artiste, qui doit toujours tenir le pouce près de la hausse (« Placez le pouce contre la hausse de manière qu'il la touche un peu à son extrémité inférieure, saris toutefois le faire entrer dans l'échancrure. » (Baillot, L’Art du violon, p. 12.)), le place à des distances différentes de la tête même de l'archet, ce qui fait varier la longueur et par suite le poids de cette partie de la baguette, et suffit pour altérer l'extrême sensibilité de tact qui se transmet en quelque sorte de la main de l'artiste à l'extrémité de l'archet.

« Pour remédier à ces deux inconvénients, il fallait, d'une part, trouver un moyen moins vicieux de fixer les crins ; de l'autre, il fallait faire en sorte que la hausse pût être rendue immobile. Je pense avoir atteint ce double résultat.

« La hausse, qui, est en ébène comme à l'ordinaire, est évidée à l'intérieur et invariablement fixée à la baguette ; la mèche s'attache à une espèce de hausse intérieure qui est en cuivre et qui est mise en mouvement, comme dans l'archet ordinaire, au moyen d'une vis de rappel fixée au bouton.

« Comme on le voit, la hausse intérieure peut s'avancer et se reculer de toute la quantité convenable, sans que la portion de crins comprise entre la tête et la hausse extérieure éprouve la moindre variation. Les mèches sont formées de crins disposés avec soin parallèlement les uns à côté des autres, uniformément tendus et fixés solidement à chacune de leurs extrémités dans une sorte de pince cylindrique.



« La hausse intérieure et la tête de l'archet sont, percées de part en part pour recevoir ces petites pinces de manière que l'artiste lui-même peut placer la mèche de son archet avec la plus grande facilité, et par conséquent la renouveler quand il le désire. »

Ces archets à hausse fixe pour violon, alto ou violoncelle se vendaient vingt-cinq francs, comme ceux en bois de Fernambouc, ou en acier.

Le seul contemporain de François Tourte, étranger à la France, qui ait acquis en Europe une réputation méritée comme faiseur d'archets est le fameux John Dodd, qui est appelé en Angleterre le Tourte anglais. Ses archets sont, en effet, très remarquables par le magnifique choix du bois et leur belle facturé, mais ils ont souvent un défaut : ils sont trop courts (« The best bows of this maker are highly esteemed, and partake of all the excellencies of those of Tourte. Some of them, however, are rather short which is perhaps their only defect. » (Pearce, Violins and violin makers, London, 1866.))

Je dois à l'obligeance de M. le docteur Sellé, de Richmond, qui a connu J. Dodd pendant quarante ans, quelques notes biographiques sur le maître, qu'on me saura gré de traduire ici fidèlement . « J'ai d'abord connu John Dodd à Kew, lorsque j'avais douze ans. A cette époque, il me fit un archet de violon remarquable par sa longueur et son élégance. Il était patronné par un éminent professeur de cette ville, M. Richard Platt : ce gentleman et moi avons beaucoup contribué à le soutenir, non seulement en lui achetant ses archets, mais encore en lui venant en aide, lorsqu'il manquait des communes nécessités de la vie..."


(Sources: Wikipedia, Atelier Sandrine Raffin - Archetiers, Antoine Vidal (postum), Google search)

mercredi 17 février 2016

Un saint, un métro, des archetiers, un prénom : François Xavier

Métro Ligne 13 - RATP
Qu'est ce qui peut donc lier un saint, une station de métro, deux archetiers à un prénom ?

Nos déplacements personnels ou professionnels nous font quelquefois emprunter la ligne 13 du métro parisien. Comment ne pas être interpellé par la station située dans le 7eme arrondissement de la capitale et qui affiche, en énormes caractères sur ces carreaux blancs et bleus : "St François Xavier" ?  Classée parmi les "10 stations de métro où personne ne va" par le site "Time Out Paris", ce n'est donc pas du plus grand intérêt que d’y descendre à moins de vouloir y découvrir une salle de cinéma mythique "La Pagode" (Art et Essai - actuellement en travaux) ou de vouloir visiter l'église "Saint-François-Xavier-des-Missions-Etrangères"...

Vous avez dit église ? Voilà qui nous rapproche d'un missionnaire qui aura laissé pour "nom" son prénom.


Né Francisco de Jasso y Azpilicueta le 7 avril 1506 à Javier, près de Pampelune en Navarre et décédé le 3 décembre 1552 sur l'île de Sancian, au large de Canton en Chine, François Xavier est un missionnaire jésuite navarrais (Francisco de Javier).

Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'« Apôtre des Indes ». Béatifié en 1619, il est canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. Liturgiquement, il est commémoré le 3 décembre aussi bien par les catholiques que par les anglicans.


Âgé de 19 ans, il vient à Paris afin d' y poursuivre des études pour être prêtre. En 1530, il devient professeur dans un collège, au cœur même de la capitale. C’est alors qu’il croise Ignace de Loyola avec lequel il partage sa chambre et dont il retient une question : « que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à se perdre soi-même ? »

En 1534, François-Xavier prononce ses vœux à Montmartre et en 1537, il est ordonné prêtre, à Venise. En 1538, il prend part à la fondation de la Compagnie de Jésus (les Jésuites), avec 5 autres compagnons.


Ses périples le mèneront à côtoyer les navigateurs Portugais, à se rendre au Japon, à y apprendre le Japonais et à se lier avec la Chine... le parcours d'un archetier moderne du 21eme siècle, en quelque sorte.


François-Xavier BAZIN
Le prénom de François-Xavier fut donc donné à un des célèbres archetiers TOURTE (1747 - 1835) mais également à un BAZIN (1824 - 1865), père de Charles Nicolas... Vraisemblablement catholiques, les deux familles ont probablement choisi ce prénom qui, jusqu'au 19eme siècle, plaçait leur progéniture sous "la protection de ce grand saint" - le plus connu de la Compagnie de Jésus (dissoute en 1773, rétablie en 1814 par le pape Pie VII.) avec Ignace de Loyola - et la distinguait des autres "François" (d'Assise, de Paule, de Sales, François...)

(Sources: Wikipedia, Google livres, Le Figaro, Paroisse SFX, Jean-Marc de Foville, Eglise Catholique, RATP, Time Out Paris)

mercredi 10 février 2016

Riemann, Marnold, l'archet et les sons inférieurs

Le Mercure Musical
En mai 1905, Jean Marnold  - pseudonyme de Jean Morland - homme de lettres, musicologue et traducteur, né à Paris en 1859 où il y décède en 1935, écrivait, dans la revue "Le Mercure Musical", un long article sur la théorie de Hugo Riemann et les "sons inférieurs".

A lire : "Les sons inférieurs et la théorie de M. Hugo Riemann" où il est question d'expérimentation avec des archets.

Hugo Riemann, de son vrai prénom Karl Wilhelm Julius Hugo, né à Groß-Mehlra bei Sondershausen (Thuringe) le 18 juillet 1849 et mort à Leipzig le 10 juillet 1919, est un musicologue allemand, principalement connu grâce à son dictionnaire de musique, le Riemann Musiklexikon.

Par Benque & Kindermann, Hamburg
En plus de son travail d' enseignant et de compositeur de morceaux pédagogiques, Riemann bénéficie d'une réputation mondiale comme théoricien de la musique. Son œuvre la plus célèbre reste donc le Musiklexikon, un dictionnaire universel de la musique et des musiciens, le Handbuch der Harmonielehre, un travail sur l'étude de l'harmonie, et le Lehrbuch des Contrapunkts, ouvrage du même type sur le contrepoint, qui ont tous été traduits en français. Une de ses inventions, le Tonnetz repris de Leonhard Euler, est un modèle géométrique de disposition des notes couramment utilisé de nos jours.

Il est l'auteur de nombreux autres travaux, qui témoignent d'une connaissance encyclopédique de la musique dans toutes ses disciplines. Les autorités musicales dans le monde entier le considèrent comme une référence incontournable.


(Sources : Gallica / BnF - Wikipedia - Google Livres - Princeton University)

mercredi 3 février 2016

François-Anatole GRUYER : de Raphaël à Tourte, il n'y a qu'un archet...

d'après le Joueur de Violon de Raphaël
François-Anatole Gruyer, né à Paris et décédé à Chantilly (1825-1909) est un historien de l'art et conservateur au musée du Louvre, auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire de la peinture et spécialiste de Raphaël.

Après des études d'ingénieur à l'École centrale des arts et manufactures (appelée couramment Centrale ou Centrale Paris), il enseigne la physique et la chimie à l'école d'agronomie de Versailles. À la suite d'un voyage en Italie, il se prend de passion pour l'art et se consacre à l'étude de la peinture. Après plusieurs séjours à Rome et à Florence, il publie plusieurs ouvrages sur la peinture ancienne et plus particulièrement sur Raphaël dont il devient un spécialiste reconnu.

Raffaello Sanzio, plus connu sous le nom de Raphaël (Raffaello), né le 6 avril 1483 à Urbino et mort le 6 avril 1520 à Rome, est un architecte et peintre de la Renaissance. Il porte aussi le nom de Raffaello Santi, Raffaello da Urbino, Raffaello Sanzio da Urbino.

Le point commun entre Raphaël, Tourte et Gruyer est un tableau du célèbre peintre, intitulé : "Le joueur de violon".
En 1880, François-Anatole Gruyer consacre une étude complète de l’œuvre, titrée "Raphaël : peinture de portraits". L'écrit s'attache à tout un pan de l'histoire de l'instrument à cordes et précise tout autant l'évolution de l'archet jusqu'à l'attribution de l'archet moderne à François (Xavier) Tourte

(Vol.2 - page 130 et suivantes).



(cliquez sur le lien pour accéder au document original - bonne lecture!)

(Sources: Wikipédia - Google Livres - Internet Archive - Atelier Sandrine Raffin | Archetiers)

 

mercredi 27 janvier 2016

Archèterie : les rencontres improbables

"Gestes d'archetier"
Comme tout métier d'Art, l'archèterie est un monde fascinant où le moindre geste, le moindre outil de l'archetier attire l’œil et inspire le photographe passionné. Expression instantanée des mouvements figés à tout jamais, en noir et blanc ou en couleurs, la photographie, numérique ou argentique, témoigne quotidiennement du temps qui passe, de l'Histoire de l'Homme au travers de ses habitudes, ses occupations, sa famille, ses rapports avec l'autre, son environnement...

Et comme pour l'archèterie, l'histoire de la photographie comporte des zones d'ombres inévitables, difficilement effaçables face aux incertitudes devenues, au fil du temps, des vérités...

Niépce, puisqu'il s'agit de lui, aurait il pu rencontrer F.X. Tourte, D. Peccatte ou bien encore J.B. Vuillaume ?
Rencontres improbables ? Certainement ! Oui, mais ?


Première photo Niépce
Nicéphore NIEPCE : né le 7 mars 1765 à Chalon-sur-Saône (actuelle Saône-et-Loire) et mort le 5 juillet 1833 à Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire), est un ingénieur français, connu comme étant l'inventeur de la photographie, appelée alors « procédé héliographique ». Il est aussi l'auteur de la plus ancienne prise de vue et du pyréolophore, le premier moteur à combustion interne du monde.
Son association avec Daguerre : en 1832, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents ; il est toutefois à noter — et cela n'est pas sans importance — que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais... Le 3 juillet 1839, François Arago présente à la chambre des Députés son rapport sur le daguerréotype. Cette communication livre « à l'univers tout entier » le secret du procédé de Louis Daguerre. Arago oublie seulement de préciser que l'invention dont il est question est née depuis déjà quinze ans du génie d'un autre homme : Nicéphore Niépce...


"Gestes d'archetier"
François-Xavier TOURTE (famille TOURTE) : né à Paris en 1747, décédé dans la même ville en 1835, François Xavier Tourte est un des trois membres d'une famille d'archetiers résolument déterminée à "révolutionner" l'archet. Si l'excellent travail de cet artisan contribue largement à sa notoriété, le décès de son père puis de son frère vont faire de lui une légende dans l'attribution de "l'archet moderne à la française". Aura-t-il formé de jeunes apprentis ? Rencontre-t-il Peccatte et Vuillaume ? Sa fille, qui travaille de tous les instants avec lui, a-t-elle fabriqué des archets ? 
Et, pour le sujet de ce post, qui aura utilisé pour la première fois un procédé photographique pour photographier les archets de l'artiste ? Beaucoup de questions qui restent sans réponse.
Toutefois, les dates chronologiques permettent de supposer que Niépce et Tourte auraient pu faire connaissances... Dans tous les cas, l'invention de l'un aura donné vocation à un patronyme de l'autre, connu dans les milieux scolaires depuis 1882 : TOURTE et PETITIN (Innovaphot)

Dominique PECCATTE : né à Mirecourt en 1810 (88 - Vosges), décédé dans la même ville en 1874, fils de perruquier, il existe chez cet archetier un flou artistique autour de son apprentissage. Toutefois, on rapporte sa venue à Paris en 1826, sur les conseils de Vuillaume.

A 16 ans, adolescent, on côtoie les fameux archetiers "parisiens" (souvent nés à Mirecourt ou alentours) et la probabilité d'une collaboration "apprenti-maitre" entre Peccatte et Tourte reste élevée tant les premiers modèles d'archet de Dominique ressemblent à ceux de fin de vie de François-Xavier.
Néanmoins, il parait impossible d'une quelconque rencontre Niépce-Peccatte (sous toute réserve) mais la qualité des documents photographiques de la période post Niépce ne cessera de croitre. La guerre de 1870 sera productive...


Microphoto Dagron / JB Vuillaume
Jean-Baptiste VUILLAUME : né à Mirecourt en 1798, mort à Paris en 1875, l'homme est opportuniste à souhait et sa curiosité et son narcissisme ont dû le mener dans l'entourage de Niépce. Provocateur, surdoué en stratégie commerciale, le luthier est sur tous les fronts et sait reconnaitre les talents au premier coup d’œil. Souvent soupçonné de malhonnêteté dans sa façon d'agir, il n'en reste pas moins un homme d'affaires redoutable et un faiseur de fortunes ou, à défaut, de légendes.
Sa rencontre avec René Dagron, inventeur de la microphoto, démontre de son intérêt pour le support argentique photographique mais, bien évidemment et dans le même temps, pour le support de sa propre image personnelle.



Improbabilité ? (qui n'est pas probable - Le terme probabilité possède plusieurs sens : venu historiquement du latin probabilitas, il désigne l'opposé du concept de certitude ; il est également une évaluation du caractère probable d'un événement, c'est-à-dire qu'une valeur permet de représenter son degré de certitude ; récemment, la probabilité est devenue une science mathématique et est appelée théorie des probabilités ou plus simplement probabilités; enfin une doctrine porte également le nom de probabilisme.)

Si ces hommes ne se sont pas rencontrés physiquement, il est donc fort "probable" que, en cette première partie du 19eme siècle, leurs inventions, leurs créations se soient côtoyées... Aujourd'hui, il ne se passe pas une journée sur la planète sans que des dizaines d'archets soient pris en photo.

A découvrir : "Gestes d'archetier"


(Sources: Wikipedia - Google - Musée Niepce - Musée Daguerre - Tourte et Petitin - Documents internes Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)