jeudi 23 juillet 2015

Bois d'archet : le manilkara kauki

Dans certaines parties du monde, produire des archets à bas prix passe évidemment par la recherche de matériaux peu couteux. C'est ainsi que le "manilkara kauki"(connu en France sous le nom de "sapotiller kecic") a fait une entrée remarquée dans la réalisation de baguettes d'archet dites "pour élèves".

Proche du "bois d'abeille" (manilkara bidentata), réparti géographiquement entre Thaïlande, Laos, Vietnam, Cambodge, Indo-malaisie et Iles du Pacifique (mais également en Australie ou il est appelé wongi), le manilkara kauki appartient également à la famille Sapotaceae. Arbre connu pour ses fruits comestibles, son bois de cœur est de couleur brun à rouge, se rapprochant parfois de celle du Pernambouc

D'une densité de 0.9 à 1.15, considéré comme semi-précieux mais non protégé selon les normes CITES, le manilkara kauki est un bois facile à travailler.
Malheureusement, du fait de sa croissance en terre tropicale
chaude et humide, l'hygromécanique de ce matériau démontre une mémoire de forme aléatoire, ce qui veut dire qu'il est difficile de maintenir dans le temps un cambrage efficace et nécessaire à l'archet...


(Sources : CITES - CIRAD - Wikipédia - Delta-Intkey - GEMH / Université de Limoges)

mercredi 22 juillet 2015

Apparition du mot "archetier"

Document : Charles Alfred BAZIN raconte... 
(Un enfant de Mirecourt / Hélène CLAUDOT-HAWAD)



Charles Alfred Bazin, archetier à Mirecourt
(cliché B. Lesaing)


C’est suite à la requête de Charles Alfred BAZIN auprès de l’Académie française  que le mot “archetier” (tant espéré par son grand-père et son père) a été introduit dans le dictionnaire de la langue française. Cette distinction était souhaitée par les luthiers fabriquants de violons, altos, violoncelles et contrebasses.

Lothaire Mabru, ethnomusicologue, dans "Comment la musique vient aux instruments: ethnographie de l'activité de lutherie à Mirecourt" (Pierron - 1998), page 84, nous détaille la ténacité de Charles Alfred BAZIN à arriver à ses fins :

"... Lui, fabricant d'archets, n'était en aucun cas un archetier puisque le mot n'existait pas. [Il] relance Madame Carrere, secrétaire de la Commission du dictionnaire à l'Académie française. En 1980, Charles BAZIN ne s'avoue pas battu. Il interpelle cette fois le directeur des éditions Larousse..."

A lire :  "Un archet - un auteur : Charles Alfred BAZIN"

(Sources: Lothaire Mabru - Hélène Claudot-Hawad - Les carnets de la Phonothèque - Bernard Lesaing / MediHal - Wikipédia - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers)

mercredi 15 juillet 2015

Adolphe le Doulcet, Comte de Pontecoulant : une passion pour les instruments à archets

portrait d'après Jacques Sturm - (Rijks Museum)
Louis Adolphe le Doulcet, comte de Pontécoulant (1794-1882), fils de Louis Gustave et frère aîné de Philippe Gustave, était un soldat et musicologue français. 
Soldat dans les armées de Napoléon Ier, il combattit dans l'invasion de la Russie et de la campagne de 1814 puis émigra au Brésil, où il prit part à la révolution (avortée) Pernambucana en 1817. 
Il organisa également  un contingent de volontaires français dans la révolution belge de 1830, et fut blessé à Louvain. Installé à Paris, le reste de sa vie fut consacrée à l'étude de la musique ancienne et à l’acoustique.

Dans "Organographie. Essai sur la Facture Instrumentale. Art, Industrie et Commerce" (Paris, Castel, 1861), le document qui suit fait démonstration de la valeur économique des métiers d'art liés à la facture instrumentale et plus particulièrement à la lutherie et à l'archèterie. Document précieux qui souligne le lourd déclin français de ces branches d'activité au 21eme siècle:



Voir également: "Exposition universelle de Paris : la musique, les instruments, les archets"

(Sources: Wikipédia - Google livres - archive.org - rijksmuseum.nl - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers)

mercredi 1 juillet 2015

Pierre BAILLOT et la division de l'archet

Pierre BAILLOT par Singry
Pierre Marie François Salles Baillot dit "Pierre Baillot" nait en octobre 1771 à Passy (ancienne commune de la Seine, près de Paris - avant 1860).

Nicolas Baillot, père de Pierre, né le 27 août 1731 à Dijon, avocat en Parlement de Paris, "procureur du roi de la prévôté souveraine et de la juridiction royale d'Ajaccio", décédé le 14 novembre 1783 à Bastia, était issu d'une vieille famille dijonnaise de maîtres vinaigriers. En 1763, il avait épousé Antoinette Perreau, lyonnaise d'origine, qui lui donna 7 enfants, dont 2 seulement atteignirent l'âge adulte : Pierre et Rosalie. Cette dernière fut mariée au violoniste Charles Guynemer (1786-1862) qui s'installa un temps en Angleterre après la mort de son beau-frère, arrivée en 1842. Leur petit-fils, Eugène du Trémoul (1828-1893), avocat, fut Secrétaire de la légation de Toscane à Paris et Chambellan du Grand Duc de Toscane. (musinem.com)

Selon François-Jospeh Fétis, Pierre Baillot reçoit ses premières leçons de violon d'un violoniste italien, Polidori, originaire de Florence (élève du compositeur et violoniste Pietro Nardini (1722-1793)), et d'un certain Sainte-Marie, professeur de violon.
Devenu à son tour violoniste réputé, Pierre Baillot sera également compositeur, premier violon de l'Opéra et professeur de violon au Conservatoire, aux côtés de Rodolphe Kreutzer et de Pierre Rode avec qui il rédigera la "Méthode de violon adoptée par le Conservatoire". Il publiera une quarantaine d’œuvres pour violon et violoncelle et sera nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1824.

En 1834, il fait éditer "L'Art du violon" à partir de son manuscrit téléchargeable ici (parties 10 à 13 - Fonds Baillot / Palazzetto BRU ZANE).

L'archet y a une place prépondérante  et tout un chapitre est consacré à la "division" de celui-ci en trois parties égales.
Pierre Baillot nomme ces dernières "pointe - milieu - talon" et leur fait correspondre "faiblesse - équilibre - force", en détaillant avec précision sa démonstration:



Pierre Baillot décède à Paris en septembre 1842.
Il est inhumé au cimetière Montmartre, avec son fils René-Paul Baillot et Marie-Léonie Beyerman-Savalete, ainsi que Charles-Théophile Savalete et Marie-Aglaé Lucas parents adoptifs de Marie-Léonie Beyerman-Savalete, non loin de Jean-Baptiste Vuillaume...

(Sources : Mairie de Paris -Wikipédia - Palazzetto BRU ZANE - Gallica/BnF - musicologie.org - musimem.com - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers)