jeudi 21 mai 2015

L'argent et l'archet ancien : une histoire entachée...

Depuis les débuts du 19e siècle, les métaux ont fait leur apparition dans la réalisation d'un archet. Leur côté "esthétique" se marie avec une recherche mécanique d'équilibre entre la tête de l'archet, la baguette et l'ensemble hausse-bouton.

Nous avions déjà évoqué ici l'utilisation du maillechort (MAILLET et CHORIER : le maillechort et l'archet) et de l'argent (Un métal de tous les temps : l'argent) dans la réalisation hausse et bouton mais nous n'avions jamais abordé les effets du vieillissement et de l'oxydation...

Métal précieux, l'argent utilisé en archèterie au 19e siècle est très souvent de "l'argent sterling" (appelé également "argent premier titre") c'est à dire un "alliage" composé à +/- 92 % d'argent et à +/- 18 % d'autre métal, en général du cuivre (925/1000).

C'est donc la présence de ce cuivre qui va faire réagir l'argent, principalement à l'oxygène et au souffre. La moindre goutte d'eau, par exemple, déclenchera une réaction d'aspect foncé qui va se transformer, petit à petit, en une tache de couleur noire prononcée.
Le souffre, contenu dans certains savons ou parfums, va se comporter de façon identique et provoquer le même type de sulfurisation.
Sans oublier l'oxydation de surface due à une non utilisation de l'archet pendant un certain nombre de mois voir d'années, qui va également assombrir l'aspect du métal.  

Le problème de "l'argent sterling" est donc sa tendance à s'oxyder, se tacher et se noircir. Alors comment nettoyer astucieusement et facilement l'argent de votre hausse et de son bouton ?

Le nettoyage peut s'effectuer à l’aide d’une brosse à dents usagée (pas trop dure) imbibée d’eau et saupoudrée de bicarbonate de soude (que l'on trouve facilement dans toute bonne épicerie). Réalisée avec précaution, cette opération de "polissage doux" devrait redonner son aspect "blanchâtre" au métal.
On peut évoquer également comme nettoyant la cendre froide d'un bon feu de cheminée ou encore le jus d'un citron (bien rincer et essuyer) ou enfin, la pâte dentifrice (sur brosse à dents ou petit chiffon).

(Sources: Atelier Sandrine Raffin - Archetiers - Wikipédia - Michel Zim - Google)

jeudi 7 mai 2015

Trésors INPI | Crofton William MOAT : une autre vision de l'archet...

Brevets français du 19e siècle
Base de données Brevets 19e siècle
"L’histoire tourmentée de la propriété industrielle débute tardivement en France, avec la loi du 7 janvier 1791. Elle évolue très lentement, de réformes en réformes, qui engendrent un système inadapté aux besoins croissants des déposants. À la fin du XIXe siècle, face à la concurrence de voisins européens très en avance dans leurs systèmes de protection, il devient urgent de faciliter le dépôt et la publication des titres.

La naissance de l’ONPI, en 1902, permet enfin de centraliser les services d’enregistrement, de communication et de conservation des brevets, des marques, puis des dessins et modèles. Avec ce nouvel organe et une réglementation affinée, le système de propriété industrielle se perfectionnera progressivement jusqu’à ce que la France prenne conscience de ses nouvelles ambitions économiques et politiques.

L’INPI est alors créé en 1951 et se développe sous le signe de la coopération internationale. Depuis, il n’a de cesse d’évoluer et de se moderniser pour accompagner les entreprises dans une économie mondialisée, où l’innovation est plus que jamais synonyme de croissance." (
Une histoire calquée sur celle de l'économie - INPI)


Crofton William MOAT est un ingénieur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle, passionné de mécanique. Auteur de nombreux brevets d'invention déposés dans les principales capitales européennes, il fera enregistrer, en 1851, cette vision personnelle et futuriste de l'archet dit "moderne".

Extrait : "Cet archet de violon est fait en plusieurs morceaux ; la partie arc est faite séparée et distincte du bout auquel les crins sont attachés ; c'est cette pièce qui entraine tant de difficulté dans la fabrication des archets. Un archet construit d'après l'ancien système est, en outre, d'un plus grand poids que l'archet du système perfectionné décrit ci-après..."

Ce brevet est intégralement consultable sur le site Internet de l'INPI, Institut National de la Propriété Industrielle (dans "recherche rapide" tapez "MOAT").

Brevet d’invention n°11079 déposé le 11.01.1851 par William MOAT pour un archet perfectionné. Source : Institut national de la propriété industrielle (archives@inpi.fr).

(Sources : avec l'aimable autorisation de l'INPI - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)