mercredi 25 mars 2015

Félicité Marie Jeanne TOURTE et DALLOZ: une histoire de jurisprudence

Le Pont Neuf et la Samaritaine
(Nicolas Jean Baptiste RAGUENET)
Félicité Marie Jeanne TOURTE est la fille de François-Xavier TOURTE, archetier dont l'Histoire de l'archèterie en fera le créateur de l'archet moderne.

Collaboratrice "à tout faire" de son père, elle travaille dans l 'ombre du Maitre mais son travail d'archetière ne sera jamais reconnu...

Grâce à Victor Alexis Désiré DALLOZ, jurisconsulte et avocat à la Cour de Paris, nous en savons un petit peu plus sur la vie personnelle de la Demoiselle Tourte et son existence de rentière.

Texte trouvé dans "Jurisprudence du XIXe siècle... (Volume 25 - 1832) :

"C'est ce qui a été jugé par le tribunal de la Seine, le 1er février 1821, contre la prétention des dames Pasquier et Rivière, filles du sieur Rougier - Mallet, testateur; ce jugement est ainsi conçu :

« Attendu que Rougier-Mallet, par ses habitudes et sa profession, était peu familier avec les termes propres à exprimer ses idées; que si son testament du 25 mai 1818 présente quelque ambiguïté, il doit s'interpréter par l'ensemble de ses dispositions, par les circonstances propres à faire connaitre sa volonté et de manière à lui faire produire effet; - Attendu que la manière dont est rédigée cette disposition fait voir que le testateur entendait principalement, et avant tout, que la propriété du huitième devait appartenir aux enfants de la dame Sallé, et que la demoiselle Tourte en aurait seulement la jouissance sa vie durant, ou l'usufruit, puisqu’ après avoir légué cette jouissance à la demoiselle Tourte , il dit :  Et après son décès , lesdits biens reviendront aux enfants de la dame Sallé ; il marque par ces expressions , lesdits biens reviendront, qu'il considérait, par une pensée préexistante , les enfants de la dame Sallé comme légataires de la propriété , et la demoiselle Tourte comme légataire seulement de l'usufruit, après l'extinction duquel la propriété reviendrait aux mineurs Sallé; qu'ainsi, il ne charge pas la demoiselle Tourte de conserver et rendre ce huitième aux enfants de la dame Sallé ; qu'il le leur donne directement, de manière que lesdits enfants tiennent de lui immédiatement ladite propriété, sans qu'elle appartienne d'abord à la demoiselle Tourte comme grevée, et doive ensuite après elle passer aux mineurs Sallé comme appelés; que cette disposition ne présente pas le caractère d'une substitution.
Appel des dames Rivière et Pasquier; elles ont prétendu que, dans tous les cas, le legs renfermait une substitution; que, d'ailleurs, c'était la propriété et non l'usufruit du huitième de ces biens que le testateur avait entendu léguer à la demoiselle Tourte ; et qu'en décidant le contraire, les premiers juges avaient donné au testament un sens que repoussait évidemment la généralité des termes dans lesquels il était conçu.
Aux motifs du jugement. la demoiselle Tourte, intimée, ajoutait que M. Rolland de Villargues, n1o 244 et suiv. , 2me édit., n'hésitait pas à regarder comme valable le legs de l'usufruit, encore qu'à la mort de l'usufruitier, la propriété dût appartenir à un tiers institué.

LA COUR, —Adoptant les motifs des premiers juges. — Confirme.

Du 28 mai 1821. — C. de Paris."

Félicité Marie Jeanne n'aura aucun enfant et portera comme héritiers ses trois neveux (fils de son frère Louis François) sur son testament. Elle décède à Montrouge (92 - Haut de Seine) le 14 janvier 1840.

(Sources: Google Livres - Google maps - Wikipédia - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 18 mars 2015

De Provigny et les archets de Tourte Jeune, Tourte Ainé et François Lupot

le Provigny
Palmyre Anaclette Besson est plus connue à Arcueil-Cachan (94 - Val de Marne) comme étant Madame de Provigny, généreuse bienfaitrice de la ville.
En 1891, elle fait don d' une somme considérable pour restaurer l’église d’Arcueil. Et en 1900, recluse dans sa demeure parisienne après la mort de son époux, sans héritier, elle lègue à l’assistance publique sa propriété de Cachan et la somme de 10 millions pour que soit fondé un hospice. Il voit le jour en 1913.

C'est entre le 18 juin 1908 et le 19 novembre 1909 que la veuve d' Alexandre André de Provigny fait don de trois violons, deux altos et un violoncelle avec leurs archets, dont deux de François Lupot, trois de Tourte jeune (deux pour violon, un pour alto), un de Tourte aîné (pour violon) au Musée de la Musique.

Alexandre André de Provigny (né le 27 août 1821 à Paris), fils unique d'un ancien officier d'artillerie de la Garde Royale, gentilhomme aux excellentes qualités, apprécié d'un grand nombre, épouse tout d'abord, le 9 juin 1841 à Paris la fille d'un Mousquetaire de la Garde du Roi, Capitaine de Chasseurs à cheval, Marie-Jeanne de FOUCHER de CAREIL, qui décède deux années plus tard ( en 1843, à l'age de 19 ans).
En 1850, de Provigny prend pour épouse, en seconde noce, Palmyre Anaclette Besson. Ce mariage restera sans postérité.

Passionné d'art et de musique, de Provigny investit dans des instruments qui lui semblent prestigieux dont un fameux Stradivarius de 1716 qui portera son nom (le Provigny). Pour accompagner ce type d'instruments, son choix d'archets se portera donc sur le travail des Frères Tourte et sur celui de François Lupot.



"Pour autant (Alexandre) André de Provigny est décédé d'un navrant accident. Le 19 mars 1862, il chassait dans la forêt proche de Chantilly (60 - Oise), quand soudain, en traversant le village de Thiers-sur-Thève, son cheval prit peur, s'emporta et, furieux, alla se précipiter contre un mur. Violemment désarçonné, de Provigny tomba sur la tête, eut le crâne ouvert et succomba peu d'instants après..."  (Revue historique nobiliaire et bibliographique - 1862)


(Sources : Archives Nationales - Musée de la Musique - Le fief des Arcs - Google Livres - Arcueil / Cachan - Geneanet - Atelier Sandrine Raffin - Archetiers)

lundi 16 mars 2015

Thierry CHOLLAT expose ses sculptures à l'Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers...

Les 27, 28 et 29 mars prochains, durant les Journées Européennes des Métiers d'art,  découvrez le remarquable travail du sculpteur Thierry CHOLLAT, mis en scène dans notre atelier au 68, rue de Rome 75008 PARIS :



Suivez le programme ici

vendredi 13 mars 2015

Journées Européennes des Métiers d'Art : archetier - demandez le programme

JEMA - Réservez votre journée du 28 mars. Au programme :
- 10:00 Mini-conférence "Histoire de l'Archet"
- 11:30 Conférence de rue "Un archetier du 18eme siècle"
- 17:00 Séance de dédicaces "Les Grands Violonistes du XXe siècle" par Jean-Michel Molkhou
- 18:30 Soirée "the Balvenie" : échange de savoir-faire

Réservations au 01.43.87.77.54 ou info[at]atelier-raffin.com
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JEMA - March 28. On the program:
- 10:00 Mini-Conference "History of the Bow"
- 11:30 Street Conference "a bow maker of the 18th Century"
- 17:00 Autograph session "The Great Violinists of the twentieth century" by Jean-Michel Molkhou
- 18:30 Evening "the Balvenie": exchange of know-how

Reservations at 01.43.87.77.54 or info [at] atelier-raffin.com




Dimanche 29 mars : Mini-conférence et Vente Privée d'archets anciens
Sunday 29 of March : Mini-conference and Private Sale of fine old bows



Programme / Program

mercredi 11 mars 2015

François-Joseph-Marie Fayolle et l'origine de l'archet

François-Joseph-Marie Fayolle, né à Paris le 15 août 1774, décédé le 12 février 1852 dans la même ville est un homme de lettres et musicologue français, auteur du "Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs : morts ou vivans qui se sont illustrés en une partie quelconque de la musique et des arts qui y sont relatifs" ou il rédige sa biographie.

François-Joseph-Marie Fayolle possédait une bibliothèque musicale très précieuse, tant pour la théorie que pour la pratique. Il a réuni un grand nombre de portraits de musiciens, et lui-même en a fait graver plusieurs sur les dessins originaux que MM. Cartier, Nicolo, etc. ont bien voulu lui procurer.

Amateur d'histoire de la musique, de ses musiciens et de ses instruments, il publie, en 1810, des "Notices sur Corelli, Tartini, Gaviniés, Pugnani et Viotti" dans lesquelles tout un chapitre est consacré à l'origine de l'archet...

Voir le texte : "...sur l'origine de l'archet..."


De cet écrit du début du 19eme siècle, on comprend l'intérêt passionné que suscitent déjà l'archet et ses secrets...



(Sources: Wikipédia - Google livres - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 4 mars 2015

Philibert Jambe de Fer : la viole, le violon et l'archet...

Pendant des siècles, l'individu était reconnu uniquement par son prénom. C'est à la fin du Moyen-Age (12e siècle, en France), sous la poussée d'une forte croissance démographique et sous l'influence des échanges commerciaux ou culturels, qu'apparait le nom patronymique dit "nom de famille". Lié au métier, au lieu de naissance ou à une caractéristique physique de la personne, le nom de famille revêt parfois des appellations peu courantes.

Philibert Jambe de Fer est de ceux-là.


Philibert Jambe de Fer nait probablement en 1515 à Champlitte en Franche-Comté, Reconnu musicien et compositeur, il est dit corratier juré (1561) c'est à dire courtier, sans doute agréé par la juridiction consulaire de Lyon où il réside. Cette spécificité lui ouvrait très certainement le commerce des instruments de musique entre la France, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne.

De ses connaissances en instruments à cordes et autres archets, il en rédigea un "Epitomé musical des tons, sons et accordz, es voix humaines, fleustes d'Alleman, fleustes à neuf trous, violes, & violons. Item un petit devis des accordz de musique, par forme de dialogue interrogatoire & responsif entre deux interlocuteurs" (1556)

Dans cette œuvre, on y voit donc apparaitre clairement le mot "violon", opposé à la viole.
Pour mémoire, le mot "violon" est déjà utilisé, de façon moins "populaire", dans les livres de comptes du Roi François 1er (1494 - 1547). Ce mot est attesté par un inventaire royal du compte des Menus Plaisirs du Roi de 1529. Employé au pluriel, il désigne l'ensemble des instruments apparentés à la famille des vièles à archet, aux violes à bras.


Ces références historiques permettent donc de donner des points de repères quant à l'évolution de l'archet. Quelques siècles plus tard, François-Joseph Fétis proposera une première étude de cette évolution physique de la baguette mais c'est vraisemblablement celle de Nelly Poidevin qui reste, à ce jour, la plus compète et détaillée...

Philibert Jambe de Fer aura marqué l'histoire du violon et de son archet.

Prochainement, nous nous intéresserons à François Vaouilmeplait, fabricant d'archets et marchand d'instruments...

(Sources : document 1 = Gallica/BnF - documents 2 & 3 = Cyril Lacheze/Anne-Françoise Garçon/Nelly Poidevin - Wikipédia - Google livres - Gérard Villemin -  Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)