mercredi 23 décembre 2015

Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers : fin d'année 2015

En vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année 2015...   ...nous vous remercions vivement de votre fidélité à ce blog.

Wishing you happy holidays for end of the year 2015 and a merry Christmas...   ...
We sincerely thank you for your loyalty to this blog.

>>>  Rétrospective 2015 - Facebook

mercredi 16 décembre 2015

Existe-t-il un point commun entre Star Wars et l'archet ?



John Williams à l'Avery Fisher Hall en 2007
La réponse est oui (ou presque)! Et pas des moindres : il s'agit ni plus ni moins que d'un certain John Williams et de ses compositions orchestrales qui, pour les besoins de leurs interprétations, nécessitent souvent le recours à de grosses formations musicales donc à des musiciens pratiquants l' instrument à cordes donc à l'archet...

Voici ce qui est écrit sur la page Wikipédia consacrée à l'artiste :

"John Williams est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste américain né le 8 février 1932 à New York.

Il est principalement connu pour ses musiques de films. On lui doit le renouveau des bandes originales symphoniques avec ce qui reste son œuvre la plus célèbre : la musique de la saga Star Wars. Compositeur attitré de Steven Spielberg et de George Lucas, Williams a composé au cours d'une carrière qui s'étend sur près de soixante ans, un grand nombre des plus célèbres musiques de films de l'histoire d'Hollywood.../...

.../...George Lucas envisageait, pour Star Wars, de recourir à une bande originale proche de celle de 2001, l'Odyssée de l'espace, à savoir une collection de morceaux préexistants ; il pensait que seules des œuvres classiques pouvaient convenir au genre de la saga épique. À l'image de 2001, il avait songé à un film quasi muet, idée que l'on retrouve dans sa mise en scène, mais Steven Spielberg put le convaincre d'utiliser les talents de Williams. Le conseil fut bon, puisque la bande originale, la meilleure vente jamais réalisée d'une musique de film, transfigure complètement le film : réalisé avec peu de moyens, des acteurs parfois peu convaincants voire réticents (Sir Alec Guinness détestait ouvertement son rôle d'Obi-Wan Kenobi, dont il qualifiait les lignes de banales), des effets spéciaux spectaculaires pour l'époque, le film remporte un succès mondial, en partie grâce à John Williams."




"Lucas était attaché à son idée de départ d'œuvres classiques. Il demande à Williams de s'inspirer de Felix Mendelssohn, Piotr Tchaïkovski, Gustav Holst et surtout Richard Wagner : l'affaire tombe à pic, puisque Williams, alors que l'époque est au rock et à la musique expérimentale, a déjà réintroduit dans ses propres productions le concept du leitmotiv, développé par Wagner et qui avait investi les musiques des films de l'âge d'or (Erich Wolfgang Korngold, Miklós Rózsa, Max Steiner), avec Les Cowboys (The Cowboys, 1972), La Tour infernale (The Towering Inferno, 1974), Les Dents de la mer (Jaws, 1975) par exemple.

Avec toutes ces références, la musique prend une place prépondérante, interagissant avec les images, appelée parfois à soutenir l'action et à préparer le spectateur avant celle-ci (The Asteroid Field), à créer l'émotion (avec l'incrustation du thème de la Force dans Binary Sunset) ou des atmosphères (avec les trompettes de Imperial March)… Le compositeur déploie et module ses thèmes, les assemble ou les confronte pour figurer au mieux les événements relatés à l'écran :

    thème de Obi-Wan Kenobi et de la Force (Force Theme)
    thème de Luke Skywalker et thème principal (Main Title)
    thème de la Princesse Leïa (Princess Leïa's Theme)
    thème de Yoda (Yoda's Theme)
    thème de Dark Vador et de l'Empire (The Imperial March)
    thème de l’Empereur Palpatine/Dark Sidious (Emperor's Theme)
    thème du destin (Duel of the Fates)
    thème de la romance entre Anakin Skywalker et Padmé Amidala (Across the Stars)
    thème de la bataille entre Anakin et Obi-Wan (Battle of the Heroes)"


"John Williams en compositeur classique pour (essentiellement) le violon:

    Un violon sur le toit
    Concerto pour violon n° 1
    Treesong

pour musique de chambre: Quatuor LaJolla

John Williams rencontre Cho-Liang Lin à Tanglewood, lorsqu'il dirige le BSO et que Lin est le violoniste solo (Mozart), les répétitions n'étant pas très longues Williams demande à Seiji Ozawa une heure de répétition additionnelle, ce qui empiète sur la répétition des Planètes de Holst dirigées par Ozawa. Lin en a été très reconnaissant. Plusieurs années plus tard, l'idée lui vient de commander à Williams une œuvre après avoir écouté son concerto pour violon. Il promet alors d'y réfléchir et quelques années plus tard il répond qu'il lui composerait une œuvre de musique de chambre s'il lui laisse le choix de l'instrumentation. Il compose très vite trois mouvements mais s'arrête, étant très occupé par la musique de film et d'autres œuvres. N'étant pas satisfait de l’œuvre il prend une autre année afin de composer deux autres mouvements.

Williams ne veut pas être payé, considérant l’œuvre comme un cadeau. L’œuvre composée de cinq mouvements est donc dédiée à Lin et est créée en août 2011 par ce dernier, Joshua Roman (violoncelle), John Bruce Yeh (clarinettiste solo du Chicago Symphony Orchestra), et Deborah Hoffman (harpe). Les mouvements sont Introduction, Aubade, Scherzo, Cantando et finale. Le quatrième mouvement est dédié à John Bruce Yeh."

"Star Wars est souvent considéré comme annonçant le début de la renaissance des grands thèmes orchestraux symphoniques, à la fin des années 1970, au cinéma."


Tant que les grands orchestres symphoniques survivront, la lutherie et l'archèterie, métiers d'Art et d'artisans, existeront...

Star Wars : le site officiel
Sortie du nouveau film Star Wars, épisode VII "The Force Awakens" (Le Réveil de la Force) le 16 décembre 2015 - durée: 02:15

(Sources: Wikipedia, YouTube, Star Wars le site, Prague Film Orchestra, LucasFilm Ltd, The Walt Disney Company, AlloCiné le site)

mercredi 9 décembre 2015

François Jude GAULARD, archetier à Mirecourt : la suite

En novembre 2011, nous avions évoqué ici la vie de François Jude Gaulard dans un article intitulé :
Un archet - un auteur : François Jude GAULARD

Pour faire écho à cet écrit, le blog "Facteurs et Marchands de Musique de l'Est de la France" publie une longue et intéressante recherche généalogique sur cet archetier. Nous vous invitons donc à parcourir ce site, riche de documents en tous genres, créé par des passionnés sur l'histoire de gens passionnants.

François Jude GAULARD archetier à Mirecourt






mercredi 2 décembre 2015

Histoire de l'archèterie - En parallèle : Napoléon 1er, Juliette Récamier et Stradivari

Juliette Récamier (Wikipédia)
Les "Cent-Jours" fut la période de l'histoire de France comprise entre le retour en France de l'empereur Napoléon Ier, le 1er mars 1815, et la dissolution de la Commission Napoléon II, chargée du pouvoir exécutif après la seconde abdication de Napoléon Ier, le 7 juillet 1815.

Mais quel peut être le rapport entre cette période, Napoléon, un violon et son archet ?

Si la guerre est un art pour tout militaire de haut rang, la musique classique en est un également pour l'Empereur...

La légende populaire selon laquelle Napoléon Bonaparte fut propriétaire d'un violon Stradivarius n'est pas avérée. Très convoité, le violon en question a appartenu, jusqu'au début du 19eme siècle, à Juliette Récamier (1777-1849) dite "Madame Récamier", femme d'esprit dont le salon parisien réunit, à partir du Directoire et jusqu'à la monarchie de Juillet, les plus grandes célébrités du monde politique, littéraire et artistique.
Le "Mercure de France" (Vol.20 - 1828) évoque même la fréquentation de cet endroit mondain par une certaine "Madame Viotti" qui pourrait laisser supposer que Giovani Baptista Viotti lui-même soit en relation avec les Récamier.


Napoléon Ier (Wikipédia)
Mariée à Jacques-Rose Récamier, riche banquier d'origine lyonnaise, Juliette va devoir, dés 1804, réduire son train de vie. A partir de cette date, les difficultés de la Banque Récamier obligent le couple  à vendre l'hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc.
Le violon d'Antonius aura la même destinée...

Un certain Gabriel Jean Joseph Molitor en fera l'acquisition.

Inspecteur général de l'infanterie sous la Première Restauration, Gabriel Jean Joseph Molitor, né le 07 mars 1770 à Hayange (57 - Moselle), se rallie à l'Empereur pendant ses fameux Cent-Jours et prend le commandement d'une division du 5e corps de Rapp. Disgracié un temps sous la Seconde Restauration, il participe à l'expédition d'Espagne en 1823 à l'issue de laquelle il est élevé à la dignité de maréchal de France.


Le Stradivarius Molitor est un violon construit en 1697 par le luthier italien Antonio Giacomo Stradivari à Crémone. Il porte l'étiquette, « Antonius Stradivarius Cremonensis / Faciebat Anno 1697 » et est marqué au fer « Curtis Phila ».
A. Stradivari (Wikipédia)

Retour à l' Histoire de l'archèterie de ce début 19e siècle : Viotti, Stradivarius, Molitor, Napoléon, Récamier et donc... Cartier, Tourte, Dodd, Lafleur, Eury, Lefèvre, Mousselet "Baroux", Lupot, Sirjean, etc.

Tout est lié...

(Sources: Wikipédia - Google livres - L'Histoire par l'image -  recherches internes)

jeudi 12 novembre 2015

La guerre autrement - Les apprentis luthiers et archetiers entre 1914 et 1925

Artisanat de tranchées... (Wikipédia)
La guerre autrement :
Apprentis luthiers à Mirecourt entre 1914 et 1925

Hélène Claudot-Hawad.
"La guerre autrement :  apprentis luthiers à Mirecourt entre 1914 et 1925.  Musée de la lutherie et de l'archèterie françaises.  La musique malgré tout, Musée de la lutherie et de l'archèterie françaises, pp.55-71, 2014, ISBN 978-2-9527312-0-1"

Après avoir évoqué les luthiers et archetiers morts sur le champ de bataille ("Henri Alexandre Célestin HENRY : un archetier mort au combat") et au lendemain des commémorations du 11 novembre 2015, intéressons nous au devenir des ateliers de cette époque et au recrutement des apprentis au travers de l'excellente étude d'Hélène Claudot-Hawad sur le sujet :

 

(Sources: Hélène Claudot-Awad - Wikipédia)

mercredi 4 novembre 2015

Histoire de l'archèterie - En parallèle : l'industrie du sucre

Non, ce ne sont pas les archetiers du "monde" qui sont à l'origine de la déforestation brésilienne! 

Le mal profond qui a, petit à petit, détruit la forêt tropicale vient d'une monnaie internationale non déclarée officiellement comme telle : le sucre (sauf en Equateur de 1884 à 2000 - mais ceci est une autre histoire).

"engenho" 1950 - Wikipedia
L'expansion du sucre se fait surtout dans les années 1600. Au "Nord-Esté" (Nordeste), dans les capitaineries de Pernambouc et de Bahia, les premières plantations sucrières virent le jour sur le sol du bois de braise au début de ce XVIe siècle. Le Brésil portugais compte 60 sucreries en 1575, appelées aussi "engenho" (dont 23 à Pernambouc et 18 à Bahia), puis 130 sucreries en 1585 (dont 65 à Pernambouc et 45 à Bahia) et même 436 sucreries en 1629, dont 150 à Pernambouc 80 à Bahia et 60 à Rio de Janeiro, soit les deux tiers sur ces trois sites.

En Europe, les prix du sucre sont tirés vers le haut par une forte demande. La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales décide en 1630 de réinvestir au Brésil, principale colonie sucrière au monde, les 11 millions retirés de la Bataille de la baie de Matanza contre les galions espagnols en 1628. Colonie portugaise, le Brésil est, par force, également espagnol et l'Espagne est la principale ennemie de la Hollande, son ex-suzeraine, depuis la Guerre de Trente Ans (1618-1648). Priver l'Espagne du sucre brésilien, c'est l'affaiblir...



Au dix-huitième siècle, le sucre est expédié en Europe, comble de tout, dans des tonneaux fabriqués à partir du bois abattu! Et le "Caesalpinia echinata" (Pernambouc) ne sera pas épargné...

Depuis, la plantation de cannes à sucre n'a cessé de croitre.

"Avec une multiplication par 5 en 25 ans à peine, le Brésil a développé sa production de sucre de façon fulgurante. Il devrait produire en 2013/14 environ 40 MT de sucre, soit 22% de la production mondiale, alors qu'il en produisait moins de 7,4 MT en 1990/91, à comparer à la production française de sucre de l'époque de 4,6 MT. Mais surtout, le Brésil est devenu le premier exportateur mondial de sucre, et de loin, contrôlant 50% des exportations mondiales et exerçant une influence considérable sur le marché mondial." (Syndicat National des Fabricants de sucre)

Autre phénomène lié à la canne à sucre : l'éthanol.


"Le Brésil est le premier exportateur au monde de biocarburants et le deuxième producteur. Si l'éthanol brésilien a un bon bilan écologique par rapport à un carburant fossile, il présente le risque d'une extension des monocultures aux dépens des cultures alimentaires et d'élevage .../... La particularité du Brésil est d’être en même temps, et depuis longtemps, un producteur d'agrocarburants.L’éthanol est produit par la fermentation de plantes comme la canne à sucre. Le biodiesel, lui, est issu des huiles végétales contenues par exemple dans le soja. Et le Brésil a développé ces filières dès les années 70, avec un véritable lancement de la production après le premier choc pétrolier de 1973. Il est devenu en fait le premier pays au monde à produire des véhicules fonctionnant exclusivement à l’alcool." (Arte

Alors, si votre archet réalisé en bois de Pernambouc vaut aujourd'hui de l'or, il a également son "pesant de sucre"...

A suivre...

(Sources : Arte- Syndicat National des Fabricants de sucre - Google livres - Wikipédia - documents internes)




mercredi 28 octobre 2015

Les oubliées de la lutherie et de l'archèterie : Florentine Démoliens

Ecole de TOURTE
Nous avons souvent évoqué ici les femmes ayant fabriqué des archets, dans l'ombre d'un père ou d'un mari archetier. Citons pour exemple Félicité Marie Jeanne TOURTE ou bien encore les filles d'Emile François OUCHARD Père et, plus particulièrement, Madeleine Maria Augustine OUCHARD.
Leur travail est souvent qualifié "Ecole de ..." et ne permet donc pas de certifier avec exactitude l'authenticité de leurs réalisations.



Nous avons également soulevé l'importante influence d'un personnage-clé dans l'évolution de l'archet et des instruments à cordes, le musicien Jean-Baptiste CARTIER. A sa mort, les recherches de ce dernier, ses écrits et sa collection impressionnante d'instruments ont très vite disparu. Toutefois, nous pouvons trouver, ici et là, suffisamment d'informations qui tendent à prouver que Jean-Baptiste CARTIER peut être considéré comme référent de l'histoire des instruments de ce début de 19eme siècle.

Cyprien DESMARAIS (Poète. - Publiciste. - Auteur d'études de critiques littéraire, historique et musicale) ne s'y trompe pas.
Dans son livre intitulé "Archéologie du violon. Description d'un violon historique et monumental" (1836 - Dentu), l'homme de lettres parle de J.B. Cartier mais également d'un instrument aussi extraordinaire que son auteur.
En effet, le luthier qui en réalisa l'ouvrage n'est autre qu'une luthière, Florentine Démoliens.
Pourtant, si l'instrument fait rêver plus d'un artiste, critiques et rumeurs négatives vont bon train. Car Florentine Démoliens n'est "rien de plus" que l'épouse d'un certain Georges CHANOT, luthier réputé de la place parisienne...

Mais laissons ici Cyprien DESMARAIS nous en conter l'histoire:




(Sources: Google Play - Google livres - data.BnF - documents internes)

mercredi 21 octobre 2015

Histoire de l'archèterie, en parallèle : la menuiserie d'horlogerie

Roubo
Depuis le 16eme siècle, la menuiserie et l'horlogerie font bon ménage. Rien alors de bien surprenant d'apprendre que (Nicolas) Pierre Tourte, faiseur d'archet et luthier au 18eme siècle, fût tout d'abord menuisier* et que son second fils, François Xavier, fût (présumé) apprenti horloger*...
Rien de bien surprenant d'étudier la généalogie suisse de la branche helvétique des Tourte dont bon nombre d'individus travaillaient de près ou de loin dans l'horlogerie* et/ou la menuiserie*. Même Voltaire n'en fût pas surpris...
De l'horloge comtoise, horloge à pendule très populaire dans le monde rural, à l'horloge d'édifice (tour, église, etc), le bois* côtoie l'acier* en un acte commun avec la fabrication de l'archet du quatuor.

Si la complexité des engrenages du mécanisme d'horloge est un sujet qui passionne les plus férus, intéressons nous, tout d'abord, à la menuiserie d'horlogerie. En matière d'horlogerie d'édifice, les avancées techniques les plus importantes se sont produites en France, au XVIIIe siècle. Et plus particulièrement avec le passage des horloges "à cage" aux horloges "horizontales". Ces dernières ont pour particularité de reposer sur un bâti en bois supportant un mécanisme "en ligne". La taille de ce cadre en bois dépend du poids du mécanisme.

Encyclopédie RORET - 1843
Du côté de l'horloge comtoise, de nombreuses variations existent. On peut même considérer qu'au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, chaque horloge est pratiquement unique. En effet, à cette époque chaque artisan horloger est indépendant, sa production annuelle est de quelques dizaines d’horloges. Il réalise lui-même la quasi-totalité des pièces nécessaires* (l'archetier procède de la même manière) et fabrique donc la gaine de bois de ses propres mains, sans faire appel au layetier.

La menuiserie d'horlogerie n'est pas une spécialité mais elle fait appel à un besoin de connaissances horlogères pour en concevoir les cadres, châssis, bâtis et autres gaines de bonnes qualités.

Elle utilise des bois résistant* et/ou décoratifs dont, parfois, des bois exotiques (le pernambouc* a pu être utilisé mais à titre purement expérimental). Le manuel de Roubo* reste une référence historique pour le choix des bois et des outils préconisés ainsi que pour les croquis d'assemblage qui sont autant de repères pour les menuisiers, layetiers ou ébénistes.

* = points communs avec l'archèterie

(Sources: Wikipédia - Gallica/BnF - Association Horlogerie Comtoise - Philippe Monot - documents internes)


jeudi 15 octobre 2015

A la conquete de l' Angleterre : François Xavier TOURTE, faiseur d'archets

(photos de l'article non contractuelles).
Le 02 novembre 2015, à Londres, au cours d'une vente organisée  par une maison londonienne réputée, est mis aux enchères un archet de violon de 1825 expertisé comme étant de François Xavier TOURTE (certificat d'authenticité de Monsieur Bernard Millant).

(photos de l'article non contractuelles).

Si François Xavier avait pu reposer dans une sépulture digne de sa réputation, il s'en retournerait sur lui-même de par l'estimation de valeur de son travail - entre 190 000 et 220 000 $ ( 165 900 et 192 000 €) - lui qui facturait le prix de ses réalisations, en moyenne, d'une centaine de francs (du 19eme siècle).
Mais voilà, pour la petite histoire, la sépulture n'existe pas (faute d'argent ?) et la fosse commune du Cimetière de Montparnasse (75014 - Paris) enferme à tout jamais le secret d'une famille qui n'a jamais (officiellement) offert de sépulcre à son mort.

Cette estimation peut apparaitre indécente mais, en ce début de 21eme siècle, la rareté des archets de TOURTE le Jeune entièrement fabriqués par lui (baguette, hausse et bouton) et en parfait état de jouabilité, est une évidence, l'histoire (et  quelques documents d'époque) démontrant que le faiseur d'archets produisait principalement des baguettes seules.


(photos de l'article non contractuelles).
Pour un grand nombre de Maitres Archetiers réputés, le fossé entre l'offre et la demande ne fait que s'élargir. Et, par expérience de notre clientèle d'archets anciens, nous confirmons une demande largement supérieure à l'offre, mondialisation oblige.
L'archet restera t il en Europe ? Le futur propriétaire de cet archet est il musicien ? Fondations privées, bancaires ou de grandes compagnies d'assurance s'affrontent souvent dans les salles des ventes et deviennent généralement acquéreurs de ces instruments. Instruments qui feront, d'ordinaire, le bonheur d'un musicien réputé qui devra, en retour, assurer la promotion du mécène.

Oui, François Xavier TOURTE est parti conquérir l'Angleterre, voir la séduire, mais à quel prix ?

(Sources: Beares Auctions - Wikipédia - documents internes - photos de l'article non contractuelles)

mercredi 14 octobre 2015

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le siècle des épidémies

Gallica / BnF
Au XIXe siècle, de grandes épidémies, comme celles du choléra, de dysenterie, de charbon ou de fièvre hémorragique virale - parfois désignées à tort comme des épidémies de peste par ceux qui les ont subies - vont décimer certaines régions françaises. Et, par la même occasion, certaines professions. Casimir Périer, président du conseil, et l’éminent savant Champollion furent parmi les nombreuses victimes.

Alina Cantau – Département Sciences et techniques Gallica / BnF - écrit ceci :

"Les épidémies de choléra (du grec kholéra « flux de bile ») ont marqué le XIXe siècle et la littérature médicale sur ses causes et les moyens de l’éviter a été conséquente. Nous pouvons retrouver dans Gallica plusieurs centaines de titres sur le choléra et sa prophylaxie, des ouvrages des médecins réputés comme D. J. Larrey, F.J.V. Broussais, G. Dupuytren ou S. Hahnemann ou bien des revues comme la Gazette médicale de Paris, témoin journalier de l’épidémie de 1832-1833, qui a entraîné la mort de 160 000 personnes. Le 1er mars 1849, une seconde épidémie ravage la France, puis encore une à partir de 1854. C’est Robert Koch qui découvrira le bacille responsable du choléra en 1883.

En France, le choléra a entraîné la création de plusieurs organismes de santé publique et ses conséquences politiques, démographiques et sanitaires ont poussé les gouvernements à des réalisations architecturales et d’urbanisme mieux adaptées aux contraintes de l’hygiène publique
."

Les épidémies de 1832-33 et de 1854 n'épargnent pas les luthiers et les archetiers. Dans "Historique de Mirecourt" - Office du Tourisme de Mirecourt - on peut lire :

"...Conséquences: l'écart social se creuse. La famille ouvrière type (mari luthier,femme dentellière) survit difficilement. Les grandes familles marchandes réalisent des fortunes spectaculaires dont le symbole est la création d'un nouveau quartier au-delà des anciens remparts (rue Ste cécile et en partie rue Clémenceau). Les grandes usines de facture instrumentale s'installent (Remy, Thibouville, Laberte. Couesnon, plus tard). Les grands noms français de la lutherie, tous issus de Mirecourt (Vuillaume, Bernardel, Peccatte) continuent à faire le renom de la ville, ainsi que les Aubry Febvrel, Marcel Aubry, Berlemont, Bastien pour la dentelle. Les luthiers mirecurtiens sont aussi bien les créateurs de l'école belge de lutherie (début du 19ème) avec Couturieux et Darche, que de l'école russe en fin de siècle avec Maucotel et Salzard.
La quasi destruction du vignoble due au phylloxera, la multiplication des marchands "en boutique", une vie musicale intense (8 formations), la division du travail en lutherie, l'essor de la broderie marquent le changement de siècle
..." (voir le document original)


Mediathèque Cité de la Musique
Parmi les archetiers victimes de ces épidémies, on notera particulièrement le décès en 1832, à Paris, du nancéen Jacques LAFLEUR (père de Joseph René)...

(Sources: Wikipédia - Gallica / BnF - documentation interne)


jeudi 8 octobre 2015

CHOUQUET, TOURTE et LAFLEUR: inventaire comparatif

Inutile de refaire le portrait de Gustave Chouquet ici, ni même celui des Tourte ou des Lafleur, ces document parlent d'eux mêmes:



Les confusions entre les deux frères TOURTE apparaissent déjà en cette fin de 19e siècle (1875)...


Le travail de Joseph René Lafleur n'a pas à rougir du comparatif à la famille Tourte.

(Sources: Gallica / BnF : "Le musée du Conservatoire national de musique : catalogue raisonné des instruments de cette collection / par Gustave Chouquet ,... - 1875" )


mercredi 7 octobre 2015

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le Stradivox

Document de la maison Laberte
www.luthiers-mirecourt.com
En 1887, une invention révolutionnaire ne va pas faire plaisir aux luthiers et archetiers français : le disque phonographique !
La galette de métal, de cire, de laque ou, bien plus tard, de vinyle, va avoir une incidence toute particulière sur l'économie artistique.
En cette fin de 19e siècle, les kiosques municipaux proposent tous les dimanches des œuvres interprétées en public, attirant une foule de curieux ou de mélomanes avertis. Les salles de spectacles résonnent des concerts donnés par des orchestres aux formations de musiciens parfois impressionnantes.
Les grands solistes parcourent les routes européennes pour se faire entendre. Leur notoriété les précède et les spectateurs se déplacent en nombre pour venir les applaudir.

Mais, petit à petit, le support microsillon, aux 78 tours par minute, va apporter une forme de culture musicale dans les foyers. Pour quelques centimes ou quelques francs de disques gravés, tout un orchestre "joue" dans le salon ou la salle à manger. Ainsi, les concerts en public du dimanche après-midi se raréfient et deviennent aléatoires et le nombre de musiciens amateurs ou semi-professionnels en diminue d'autant. En parallèle, l'invention du film "parlant" va également contribuer à  cette diminution, les orchestres de cinéma disparaissant un à un. Les deux innovations vont impacter durablement toute le chaine des métiers liés à la musique...

Cette raréfaction d'artistes n'est pas sans inquiéter luthiers et archetiers. Les commandes d'instruments et d'archets vont en diminuant. Alors que la "Grande Guerre" (1914 - 1918) vient tout juste de se terminer, la crise économique s'installe. A Mirecourt (88 - Vosges), chez Laberte et Magnié, on l'a bien compris. Les stocks de bois accumulés et destinés à la lutherie et à l'archèterie restent presque intacts.
Alors que faire de tous ces matériaux ?

"Pour lutter contre le chômage, achetez des marques françaises"

Document de la maison Laberte
www.luthiers-mirecourt.com


En 1931, les ateliers mirecurtiens, fondés en 1780, présente un appareil au nom évocateur : le "Stradivox" et n'hésite pas à communiquer sur le thème du "acheter français". Sorte de gramophone de luxe, le "Stradivox" emprunte son nom à Stradivarius et ses bois aux meilleurs des stocks de l'entreprise (souvent de l'érable ondé).
Fabriqués selon des procédés propres à la lutherie, les luxuriants "appareils tourne-disques" attirent une clientèle aisée qui va également, sans vraiment le savoir, participer au déclin de la fabrication d'instruments à corde et de ses archets (nota: la fabrication artisanale de  ces derniers est très exigeante en compétence de savoir-faire et peu rémunératrice. Beaucoup d'archetiers tentent alors de se reconvertir...).

Aucun des gramophones "Stradivox" n’est un appareil de série. Le caractère unique, totalement fabriqué par le même artisan et paraphé de la main de M. Magnié, est un gage de grande qualité qui, de nos jours, fait de l'objet une oeuvre originale et recherchée.

Bien qu'exporté à l'étranger, le "Stradivox" ne sera produit qu'à très (trop) peu d'exemplaires et finira pièce de collections ou de musées.

Aujourd'hui, même si lutherie et archèterie françaises sont devenus métiers d'art, la mondialisation a pour effet d'ajouter une énième crise dans ces métiers d'excellence. A suivre...

(Sources: Wikipédia - Luthiers-Mirecourt.com - Portable-Gramophone.com - Hélène Claudot-Hawad - Archives-Ouvertes.fr)


mercredi 30 septembre 2015

Histoire de l'archèterie, en parallèle : le vin Mariani

Gallica / BnF
Les luthiers et les archetiers sont de bons vivants, ceci n'est pas un secret. Parfois, l'histoire de l'archèterie croise le monde de la gastronomie et de ses produits (voir notre article : "Un archet dans l'assiette : rue des Poulies").
Et parfois, certains archetiers cèdent à leurs passions et investissent dans quelques arpents de vignes pour y produire leur propre breuvage (Dominique Peccatte, François Xavier Bazin, etc.)

En cette fin de 19eme siècle (1863), une drôle de boisson dite "tonique" fait son apparition : "le vin tonique Mariani (à la coca du Pérou). Étrangement, la méthode marketing utilisée par Angelo Mariani (né en Corse en 1838), préparateur en pharmacie à Paris, est très novatrice et convaincante. Le Pape Léon XIII, Emile Zola, Eugène Grasset et bien d'autres personnalités auraient vanté les bienfaits de cette préparation aux vertus médicinales bien floues, espaces de communication et flyers en plus!

On peut donc facilement imaginer que nos archetiers installées à Paris puissent céder aux appels publicitaires à consommer le "vin Mariani".
Drogue légale, ce dernier contient près de 7 mg de cocaïne par bouteille et reste autorisé jusqu'en 1910.
A noter sur l'affiche de Jules Cheret (1894), la couleur rouge de la police d'écriture...

Delcampe (Publicité Mariani 1899)
La mondialisation est déjà sur ses rails. Certains faiseurs d'archets cèderont à l'appel des États-Unis d'Amérique et iront s'installer à New-York. La recette du "vin Mariani" fera de même...
En 1885, un certain John Pemberton, s'inspire de la préparation du chimiste Corse et crée un produit proche de celle-ci qu'il baptise "French Wine Coca" (mélange de vin de Bordeaux, de feuilles de coca et de noix de cola).
On connait la suite de l'histoire. En 1887, le nom d'une nouvelle boisson dite "soda" va être officialisée et la grande épopée de la marque "Coca-Cola" vient de commencer (à noter : la couleur rouge de la police d'écriture).

Ni la recette de Mariani ni ses méthodes marketing ne seront associés à l'incroyable parcours de la Coca-Cola Company. En 2015, nos archetiers continuent de boire de bons et grands vins mais cèdent parfois à l'appel du soda le plus vendu au monde...

(Sources: Wikipédia - Gallica-BnF - Delcampe - Google livres - Documents internes)

jeudi 24 septembre 2015

Archet : ceci n'est pas un scoop...

Non, vraiment, cet article n'est pas un scoop mais une réalité qui s'inscrit dans l'histoire de l'archèterie : l'archet "complet" (baguette, hausse et bouton de l'auteur) se fait rare.
De Tourte à Sartory, de Bazin à Jérôme Thibouville Lamy, on considère que l'élément le plus important de l'archet est la baguette. 80 à 90 % du prix de l'archet est estimé sur le travail de celle-ci alors qu'elle ne représente que 40 à 45 % du temps de fabrication de l'instrument entier.

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop: hausses et boutons ont souvent été "sous-traités"... Tourte le Jeune adaptait des hausses de Tourte l'Ainé (son frère) et/ou, probablement, de sa propre fille ; Peccatte n'avait que l'embarras du choix parmi les ouvriers de Vuillaume ; Sartory confiait une partie de ce travail à Louis Gillet ou à Louis Morizot Père, etc. 

FX TOURTE 1795
Oui, le travail de la hausse est un travail fastidieux, nécessitant de nombreuses et précises taches manuelles de façonnage d'éléments faits de matériaux divers.
Depuis le 18e siècle, ébène, ivoire, écaille de tortue ou encore corne de vaches sont souvent les matières premières du petit bloc qui va servir à fabriquer une hausse et un bouton. Ajoutons de la nacre et des métaux (or, argent, maillechort, acier) et vous comprendrez aisément que les connaissances du travail du bois ne suffisent plus.

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop : la hausse et le bouton sont les parents "pauvres" de l'archet! Estimés entre 10 et 20 % du prix total de l'objet, il faudra pourtant près de 15 h de travail pour tailler, adapter, polir à la main ce qui va être l'élément mécanique essentiel de l'archet.

Atelier S. RAFFIN / SR
Alors, au fil du temps, pour des archets de gamme moyenne, l'homme a mécanisé la fabrication de la hausse et du bouton... ...adaptant ainsi valeur de l'objet à coût de production. Seuls, quelques irascibles continuent à préserver les geste ancestraux et à donner de la valeur ajoutée à leur travail. 

Non, vraiment, ceci n'est pas un scoop (quoi que) : en l'atelier de Sandrine RAFFIN, chaque archet est réalisé entièrement à la main par une seule et unique personne. Une moyenne de 50 heures est nécessaire pour obtenir un archet parfait (fabrication et finitions), sans mécanisation, hausse et bouton compris.
Avec un rapport qualité-prix exemplaire, les archets de l'atelier se font rares. De grands musiciens ne s'y sont pas trompés...

 

mercredi 23 septembre 2015

Paul Belamy, luthier - marchand de musique, et les "archetz de Brezil"

Au 17eme siècle, Paul Belamy est, ce qu'on appelle, un faiseur d'instruments, reconnu comme maître facteur d'instruments de musique. Toutefois, l'activité notariale de Paul Belamy (Archives Nationales) démontre un goût prononcé pour les affaires aussi bien luthières qu'immobilières.
Marié à Marie Godeffroy avec qui il aura cinq enfants, il décède en août 1612 en son domicile rue des Arcis (ou Arcis) à Paris.

Dans l'inventaire qui suivit son décès, on y trouve traces d'une gamme d'archets dont l'appellation est encore coutumière du 21eme siècle : "archetz de Brezil" (archets du Brésil ou archets en bois du Brésil).
Si l'on s'en réfère à la période historique (fin 16e, début 17e siècle), il pourrait s'agir là des premiers archets réalisés en Pernambouc, bois connu sous le nom de "Bois-Brésil" ou "Pau-Brasil".

Nous serions bien loin alors des archets de mauvaise qualité dits "d'étude" en bois teintés (baguette hausse et bouton), produits au début du 20e siècle dans certains ateliers français puis abandonnés par ceux-ci. La mondialisation des marchés ne les a pas totalement faits disparaitre et certains pays ont repris industriellement le procédé...

"Inventaire après décès de Paul Belamy, marchand et facteur d'instruments de musique, demeurant rue des Arcis, dressé à la requête de Marie Godeffroy, sa veuve, agissant en son nom et comme tutrice d'Alexandre, âgé de douze ans, de Marie, âgée de dix ans, de Marguerite, âgée de huit ans, de Michelle, âgée de cinq ans et de Paul Belamy, âgé de trois ans.
9 août 1612


Extrait du contenu : 8 feuillets.

 Fol. 1 v° : mobilier, 424 livres 15 sols; fol. 3 : mobilier, 144 livres; fol. 4 v° : habits du défunt, 48 livres;
fol. 5 : habits de la veuve, 11 livres; fol. 5 v° : linge, 12 livres; fol. 5 v° : bijoux, 33 livres; fol. 6 : papiers.
 Instruments de musique et outils :
 (fol. 1 v°) : 'Premierement, en la boutique de ladicte maison a esté trouvé deux vielz establyz, l'ung ayant
un estau, prisez ensemble avec une scelle à la porte... 40 s.
 'Item, douze fermoirs, deux cizeaux, neuf rappes, six cousteaux, ung tornefil et deux plannes, deux vilz
brequins, deux marteaux, trois rabotz de fer, deux haches, deux valletz, deux verloppes, deux rabotz de boys
garnyz de leurs fers, le tout servant audict mestier et prisé ensemble... 6 l.
 'Item, cinq syes de diverses sortes et grandeurs, prisez ensemble... 30 s. 'Item, deux potz de colle de
fonte, prisez ensemble... 30 s.
 'Item, ung fourneau de fer avec une poisle et trois fers à coller, prisé le tout ensemble... 60 s.
 'Item, trente-six lucz vernis, commungs, tant grands que petitz, non garnys, prisez ensemble... 90 l.
 'Item, quarente-deux mandores, aussy vernyes, communes et non garnyes de cordes ny chevilles, prisez
ensemble... 30 l.
 'Item, deux douzaines d'autres mandores, montées, aussy communes, prisez ensemble... 24 l.
 'Item, six autres mandores montées, l'une de boys de la Chine, garnyes de filletz d'ivoire simple et deux
de pièces rapportées, une autre de boys d'if à filletz et deux petites de cocquilles de tortues, prisez ensemble... 9 l.
 'Item, treize autres mandores de boys de cedre, garnyes de marqueterye, prisez ensemble douze livres,
cy... 12 l.
 'Item, deux autres mandores, montée de boys viollet à filletz d'ivoire, garnyes de leurs estuys, prisez
ensemble... 4 l.
 'Item, six estuys de mandores, prisez ensemble... 60 s.
 'Item, deux viollons de Bresse et deux viollons de Lorraine, prisez ensemble... 16 l.
 'Item, quatre autres viollons vieulx, tant petitz que grandz, prisez ensemble... 4l.
 'Item, sept poches, dont cinq neufves et deux vieilles, prisez ensemble... 4 l.
 'Item, cinq lucz, scavoir quatre de bois viollet montez, et l'autre de boys de cedre non monté, garnyz de
leurs estuys, prisez ensemble... 30 l.
 'Item, huict autres lucz commungs montez, garnyz de leurs estuys, tant grandz que petitz, prisez
ensemble... 35 l.


Minutes et répertoires du notaire Étienne GERBAULT, 6 avril 1605 - décembre 1614 (étude II)
Répertoire numérique détaillé Minutier central des notaires de Paris 1


 

'Item, dix lucz commungs garnyz de leurs estuys, prisez ensemble... 22 l.
 'Item, deux autres lucz en theorgue, garnyz de leurs estuys, prisez ensemble... 45 l.
 'Item, une taille, fasson de Lorraine, prisée... 100 s.
 'Item, deux vieilles tailles viollon, prisez ensemble... 4 l.
 'Item, une douzaine d'archetz tant neufz que vielz, prisez ensemble... 60 s.
 'Item, dix autres archetz de Brezil, prisez... 40 s.
 'Item, trois lucz blanz, non achevez, prisez... 4 l.
 'Item, douze corps de mandores sans table ny manches, prisez ensemble... 60 s.
 'Item, trois vielles guiternes, prisez ensemble... 15 s.
 'Item, cinq vieulx cistres, non montez, prisez ensemble... 50 s.
 'Item, trois pendores et ung luc de cocquille [de] tortue, garnyz de leurs estuys, prisez ensemble... 6 l.
 'Item, trois vieulx lucz, garny de leurs estuys, prisez ensemble... 6 l.
 'Item, une basse de violon, fasson de Lorraine, autrement escript Cremonne, estant montée avec son archet, prisée... 18 l.
 'Item, deux lucz, l'ung d'ivoire et l'autre d'ebeyne, sans archet, estant vieulx et cassez, prisez ensemble... 10 l.
 'Item, une douzaine de table de laiz, prisée... 40 s.
 'Item, quarente tables de mandores, prisez ensemble... 40 s.
 'Item, ung cent d'eclisses non assortyes de plusieurs boys, prisez... 30 s.
 'Item, treize formes de lucz, tant grandz que petitz et quatorze formes à mandores, garnyes de leurs faulces tables, trois vices et deux tables à barre, garnyz de leurs coings de vis, prisé ensemble... 4 l.
 'Tous lesdits instrumens cy-dessus estans tant en ladicte bouticque, court, sallette et chambre de ladicte maison, prisez et estimez par honnorables hommes Jacques de La Mothe et Anthoine Cheron, aussy maistres facteurs d'instrumens à Paris.
 DE LA MOTTE CHERON.'.
 'En ladicte sallette...
 'Item, cinq boistes de boys de sappin servant à mectre lesdictz instrumens de musicque, tant grandes que petites, telles quelles, prisez ensemble...25 s. 

Papiers :
 COTE 1 : bail à rente par Paul Belamy et Marie Godeffroy à Marin Boutillier, maître maçon, d'une maison rue Alexandre-Langlois, devant Lenoir et Girault, le 17 décembre 1602.
 COTE 2 : contrat de mariage entre Paul Belamy et Marie Godeffroy, passé devant Girault et Le Vasseur, le 9 août 1598.
 (fol. 7 v°) : 'Declare en outre ladicte veufve qu'elle a ouy dire audict deffunct son mary huict ou dix jours
auparavant son decez qu'il auroict baillé et mis ez mains de François (en blanc), aussy maistre facteur d'instrumens à Paris ung clavessin ou espinette, dix-huict mois sont ou environ, pour la luy vendre ou faire vendre qui peult valloir vijgt-cinq livres ou environ, mais ne scayt ladicte veufve sy le dict François (en blanc) avoict advancé quelque chose à sondict mary sur ledict clavessin.'
 

Origine de l'information :
Documents du Minutier central concernant l'histoire de la musique (1600-1650), par Madeleine Jurgens,
tome I [études I à X, 1763 actes], Paris, Archives nationales, 1967, p. 722 (instrument de recherche imprimé dématérialisé, certaines notices sont plus détaillées dans la version intégrale accessible en ligne par la rubrique 'Autres instruments de recherche', voir contexte dans le Plan d’orientation général - Notaires de Paris, guides thématiques du Minutier)."


(Sources : Wikipédia - Archives Nationales)

jeudi 17 septembre 2015

Charles Hurel : le luthier qui appréciait les archets en bois de Chine

Archet baroque - Atelier Sandrine RAFFIN | Archetiers
Loin de la lutherie italienne d'Antonio Giacomo Stradivari dit "Stradivarius", en ce début du 17eme siècle, Charles HUREL est luthier à Paris. Maitre faiseur d'instruments de musique Charles Hurel est, en 1636, avec Antoine d'Hespont, un des experts chargés d'examiner les outils saisis dans l'atelier de Nicolas Ier Médard, luthier de Nancy, accusé d'avoir fabriqué de la fausse monnaie.
Père probable de Jean Hurel, également luthier, Charles meurt en novembre 1660. (d'après Albert Jacquot - La Lutherie Lorraine et Française - 1912)

 Notre intérêt se porte sur l' inventaire après décès du luthier :

"Inventaire après décès de Charles Hurel, maître faiseur d'instruments de musique, bourgeois de Paris, et de Marguerite Le Rahe, sa femme, en leur maison à l'image Saint-Pierre, rue des Arcis, à la requête de Guillaume Hardel, maître faiseur d'instruments de musique, bourgeois de Paris, et de Charles et Jean Hurel, maîtres faiseurs d'instruments, ses enfants émancipés. Inventaire des instruments : 'Et à l'esgard des marchandises d'instruments de musique qui sont basses de violles, dessus, tailles, viollons, basses de viollons, poches, théorbes, lutz, mandores et guitartz a esté faict sept lotz', estimés par Guillaume Hardel, François Preponnier, demeurant rue Saint-Antoine, Jean Scellier, demeurant rue Saint-Martin, maîtres faiseurs d'instruments de musique. Premier lot, tout dans la boutique, salle qu'autres lieux. quatre basses de violes, quatre tailles, quatre dessus, deux théorbes, dix lutz, sept mandolles, douze violons, dix-neuf poches, une basse de violon, deux-cent-treize livres Les septs lots sont identiques et estimés 213 livres, dans la boutique : quatre rabots, une huche, trois varlopes, etc. vingt-deux archets de bois de poirier, d'ébène et bois de la Chine,vingt autres archets de bois de la Chine et encore vingt archets de pareil bois 20 livres, six étuis de violons dont quatre neufs et six autres étuis de poches 20 livres, cinquante-sept paquets de cordes prisés le paquet, cinquante sols revenant à la somme de 142 livres 10 sols.

29 novembre 1660

(Archives Nationales)

On peut y noter une quarantaine d'archets réalisée en bois de Chine, bois très prisé pour l'époque (Pierre DETIENNE (CIRAD-Forêt / 2002) : Il s ’agit  bien  sûr  de  l ’amourette Brosimum guianense Huber).


A lire : Le traité de la viole de Jean Rousseau

mercredi 16 septembre 2015

BAZIN : une saga familiale - une entreprise archetière

François Xavier BAZIN
Du 19eme au 20eme siècle, être un "BAZIN" à Mirecourt, c'est appartenir à l'une des plus grandes sagas familiales du monde de l'archèterie. De père en fils, de François-Xavier à Charles Alfred, plus d'un siècle d'archets fabriqués individuellement porte la célèbre signature patronymique...

Tout commence avec le patriarche de la famille, François-Xavier BAZIN. Né en mai 1824 à Mirecourt, d'un père "livreur-juré" (en Lorraine, se dit d'un préposé à la mesure officielle des grains, du bois, etc.), il partage, avec son cousin Eustache Joseph, la primeur, dans la famille BAZIN, de l'apprentissage du métier de "faiseur d'archets" (le mot "archetier" sera officialisé bien plus tard).

François Xavier BAZIN
Probablement formé par le mirecurtien Dominique PECCATTE ou par les proches de ce dernier, François-Xavier BAZIN, au cours de son existence, produit que peu d'archets mais dans un style qui lui est propre. Il crée l'un des ateliers les plus attractifs de ce milieu de 19eme siècle, atelier qu'il développe petit à petit avec son fils Charles Nicolas II.
François-Xavier décède en août 1865.



Charles Nicolas II BAZIN - Charles Nicolas BAZIN dit "le deuxième", fils de François Xavier BAZIN et neveu de Charles Nicolas BAZIN I, nait en avril 1847 à MIRECOURT (88 - Vosges). Sa formation d'archetier s'effectue au sein d'une famille de luthiers et de facteurs d'archets déjà fortement reconnue en cette deuxième moitié du XIXème siècle.
Orphelin de père en pleine adolescence, Charles Nicolas II doit très vite subvenir aux besoins de sa famille. Il développera ses activités pour en faire une manufacture florissante...

Suite...

Charles Louis BAZIN - nait en septembre 1881 à MIRECOURT (88 - Vosges) dans une famille de fabricants d'archets. Charles Nicolas II, son père, François Xavier, son grand-père et Joseph Eustache, son grand-oncle, vont lui laisser un héritage conséquent. Sa grand-mère, Jeanne Hélène MAUCOTEL participe également et activement au développement de l'entreprise BAZIN en tant que "garnisseuse" d'archets.
Suite...

Charles Alfred BAZIN - nait en novembre 1907 à MIRECOURT (88 - Vosges) dans une famille de fabricants d'archets. Charles Louis BAZIN, son père, Joseph Emile, son oncle, Charles Nicolas II, son grand-père, François Xavier, son arriere grand-père et Joseph Eustache, son arrière grand-oncle, vont laisser au jeune Charles Alfred un héritage professionnel conséquent.
Suite...

Généalogie BAZIN (luthiers-mirecourt.com)

Fonds Charles BAZIN (Archives des Vosges)

 

mercredi 9 septembre 2015

Archet ou archer ? la bonne orthographe

Archet et archer sont des homophones bien embarrassants !
Voici quelques définitions du site Larousse, dictionnaire de français...

ARCHET :

  • Baguette aux extrémités de laquelle est tendue une mèche de crin de cheval, permettant de frotter les cordes d'un instrument de musique.
  • Arc composé d'une baleine ou lame d'acier et d'une grosse corde de boyau, utilisé pour faire tourner une pièce ou un outil, en imprimant un rapide mouvement de va-et-vient.
  • Partie supérieure du pantographe d'une locomotive ou d'une automotrice électrique, en contact avec la caténaire et assurant le captage du courant.
ARCHER :

  •  Combattant armé de l'arc.
  •  Tireur à l'arc.
 
Source : wikipédia
Pierre Larousse (1817-1875) est un encyclopédiste et lexicographe français, rédacteur du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. Il est le fondateur des Éditions Larousse (1852), principalement connues pour :
  •  Le Petit Larousse, un dictionnaire de la langue française ;
  •  Grand Larousse encyclopédique, une encyclopédie en langue française ;
  •  Collection « Philosopher », des essais en langue française.
(Sources: Wikipedia - Éditions Larousse)