jeudi 27 novembre 2014

Reconnaitre un bon archet : quelques conseils

Comment reconnaitre un bon archet ? Une question souvent posée par les musiciens en recherche d'une baguette adaptée à leur jeu.

L'archet n'est pas un instrument de musique comme les autres. Dépourvu de caisse de résonance, il ne peut agir directement sur l'amplification du son mais il est un élément essentiel, de par ses fonctions mécaniques, à la mise en vibration des cordes et à la qualité sonore de ces vibrations.

1 - Le prix d'un bon archet peut atteindre des sommes considérables. Investir dans son futur archet, neuf ou ancien, doit donc prendre du temps. L'achat d'impulsion basé sur le simple nom de l'auteur de l'archet reste un grand pari quant aux résultats du mariage "musicien-instrument-archet".

2 - L'archet ancien doit être en bon état et, de préférence, complet, c'est à dire baguette, hausse et bouton provenant d'un même et unique archetier.

3 - Le bois de l'archet neuf ou ancien, ne doit comporter aucun défaut majeur tel qu'une gerce (petite craquelure pouvant apparaître sur des bois séchés.) ou un nœud ouvert (les nœuds sont constitués par des branchements dont il ne subsiste que la base par suite de la chute du rameau). Sur un archet ancien, une usure naturelle du bois au niveau des doigts peut signifier une grande qualité de la baguette au jeu. Mais cette usure ne doit pas être trop importante sous peine du coût conséquent d'une restauration.
La baguette doit être droite et parfaitement cambrée, sans contre cambre au collet.


4 -  Le poids de l'archet doit être raisonnable (normes XXIe siècle) :
  • 59g à 61,5g pour un archet de violon
  • 69g à 72g pour un archet d'alto
  • 79g à 82g pour un archet de violoncelle
 5 - Attention: augmenter artificiellement le poids d'un archet trop léger peut nuire gravement à l'équilibre de celui-ci. L'équilibre est essentiel au jeu et au confort du musicien. Ni trop en pointe ni trop vers la hausse. Avec un équilibre parfait, les attaques sont fermes et la phrase musicale peut être soutenue avec une force égale d’un bout à l’autre de la baguette. Le tiré et le poussé ont la même vigueur et les changements de direction de l’archet sont inaudibles.

6 - Le poids de l'archet est souvent conditionné par la grosseur de la baguette. A qualités de jeu et nervosité égales entre deux archets, il est préférable de choisir la baguette la plus fine.

7 - La nervosité d'une baguette influe l'usure globale de l'archet. Très nerveuse, elle peut contraindre le musicien à changer souvent la mèche de son instrument.

Enfin, pour choisir SON archet, ne jamais se laisser influencer ni par le prix, ni par l'auteur de l'archet, ni par des conseils non argumentés...

(Sources: Frédéric ABLITZER, Nicolas DAUCHEZ, Jean-Pierre DALMONT, Nelly POIDEVIN, Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 19 novembre 2014

Histoire des archets : Ange de St PRIEST

Ange de Saint-Priest est un directeur de publication de la première moitié du XIXe siècle, seul signataire de l'édition collective intitulée Encyclopédie du dix-neuvième siècle 1836-1853.

Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts (avec sa biographie de tous les hommes célèbres), l'Encyclopédie du dix-neuvième siècle (Tome 3) retrace une partie de l'histoire des archets, leur aspect physique et leurs façons de les utiliser.

Extraits :

"...Depuis le XVIe jusqu'au XIXe siècle, la forme et la longueur de l'archet ont beaucoup varié. Du temps d'Alphonse della Viola, en 1555, la baguette de l'archet était beaucoup plus cintrée qu'elle ne l'est de nos jours, et ressemblait davantage à l'arc des arbalétriers, à l'imitation duquel l'archet a pris et sa forme et son nom. En 1660, l'école de Lully employait un archet beaucoup plus court que celui en usage en Italie dans le siècle précédent. Tartini, le créateur de l'art du violon ultramontain,et qui florissait en 1700, mit à la mode un archet à baguette plus longue, mais moins fourni de crins. Ce n'est que depuis l'arrivée de Viotti en France, vers 1797, que l'archet, tel que nous le connaissons aujourd'hui, a été adopté par toutes les écoles de violon européennes. On peut, sans craindre d'avancer une erreur, attribuer à la forme actuelle de l'archet les progrès incessants de nos violonistes français, qui, depuis le commencement de ce siècle, occupent le premier rang parmi ceux de toutes les nations civilisées.

Autrefois, comme nous l'avons dit, la baguette de l'archet était plus courte, ce qui privait de tirer du violon ces sons longs et soutenus qui le disputent à ceux de la plus belle voix humaine, dont l'instrument roi se pose le rival quand c'est l'archet d'un Paganini, d'un Baillot ou d'un Bériot qui le fait chanter.
Il est presque inutile de faire remarquer que la baguette de l'archet a plus ou moins de longueur et de diamètre suivant le volume de capacité de l'instrument à cordes auquel il est destiné. Ainsi la pochette a un archet de 7 pouces* de long; celui du violon est de 27 pouces* 1/2; celui de l'alto a la même dimension; celui du violoncelle n'est que de 25 pouces* 1/2; et enfin l'archet de la contre-basse n'est que de 16 pouces*, et sa baguette est très grosse, a cause de la résistance que présentent les cordes épaisses de cet instrument quand on les met en vibration.


L'art de l'archet est ce qu'il y a de plus long et de plus difficile à acquérir dans la pratique du violon. Pour posséder parfaitement cette partie importante, il faut avoir égard à la tenue, à la division et aux différents coups d'archet...
"


*Pour mémoire, la mesure des dimensions des archets de cette fin de 18e siècle est exprimée en pouce et non en millimètres (un pouce = 12 lignes = 27 mm)

(Sources : Wikipédia - Gallica / BnF - Google livres - aviatechno.net - recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 13 novembre 2014

mercredi 12 novembre 2014

Bois de poirier : l'usurpateur

"Le Poirier est un des bois les plus agréables qu’on puisse rencontrer pour tous les arts. Il est doux, liant, sans nœuds ni gerçures, très uni, très égal, d’un grain fin ; il se rabote et se coupe facilement dans tous les sens. Il est susceptible de recevoir le plus beau poli, et sa couleur rosée est veinée de filets d’un rouge-brun très vif, et quelquefois d’un beau noir. Il possède au plus haut degré la qualité de ne jamais se gauchir; aussi l’emploie-t-on pour des règles, des équerres, des modèles de machines et de fondeurs, planches d’imprimeurs sur indiennes et sur papiers peints. Il est également très recherché pour la sculpture; son seul défaut est d’être, avec le temps , attaqué par les vers. Comme bois de tour, c’est un des plus agréables à travailler, et l’alisier est peut-être le seul que l'on puisse lui préférer. Il se coupe avec une facilité et une netteté surprenantes; il prend admirablement les pas de vis et les moulures les plus délicates.
On le teint facilement en noir et il imite alors l'ébène à s'y méprendre.
En un mot, il n'est pas d'ouvrage de tour auxquels on ne puisse l'appliquer avec succès. Le poirier-sauvageon semble encore réunir à un plus haut degré toutes les qualités qui viennent d'être énumérées.
"

Encyclopédie RORET - TOURNEUR - Tome Premier (1858)

"...Il n'y a guère que la teinture en noir sur poirier, pour imiter l'ébène, qui soit généralement employée, parce que l'ébène artificiel qu'on obtient rivalise avantageusement avec le bois véritable."...

Encyclopédie du commerçant / GUILLAUMIN (1841)




(Sources : Google livres - Les Fils de J. George - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 6 novembre 2014

Nouvelle définition de l'archet - Eustache Marie Pierre Marc Antoine Courtin (1824)

Eustache-Marie (-Pierre-Marc-Antoine) COURTIN, né à Saint-Pierre-sur-Dives (14 - CALVADOS) en 1769 et mort à Garches (92 - HAUTS-DE-SEINE) le 22 février 1839, est un magistrat et haut fonctionnaire français.

En 1811, Napoléon Ier le nomma avocat général à la cour impériale de Paris, puis procureur impérial près le tribunal civil. C'est en cette qualité qu'il organisa la Police judiciaire d'après le nouveau Code criminel et qu'il reçut de Napoléon la décoration de l'Ordre de la Réunion. Il fut nommé chevalier de l'Empire le 19 juin 1813.

Tout en continuant à exercer sa profession d’avocat, il dirigea la publication de l’Encyclopédie moderne, dont les 24 volumes parurent entre 1824 et 1832, à Paris, chez Mongié ainé 18 Bd Poissonière et au Bureau de l'Encyclopédie, 24 rue Neuve Saint Roch ; simultanément une 2e édition eut lieu à Bruxelles, chez Lejeune, Rue des Eperonniers, augmentée d'articles biographiques, tous écartés de l'édition parisienne. L'ouvrage fut plus tard réédité avec un supplément par Duménil libraire, rue des Beaux Arts en 1841-1842, puis une nouvelle fois chez Firmin Didot entre 1861 et 1865 sous la direction de Léon Renier ; ces deux éditions suivent le plan original et n'intègrent pas les biographies. Avec la Nouvelle Biographie générale de Ferdinand Hoefer, qui en fut le complément, cette importante publication, qui réunit plus de dix mille souscripteurs, fut considérée comme le répertoire encyclopédique le plus exact de son époque.

Trompette marine
"ARCHET. (Musique.) Petite machine qui sert à faire résonner les cordes de plusieurs instruments de musique, tels que la pochette, le violon, la viole d’amour, l’alto ou quinte ou viole, le violoncelle ou basse , et la contre-basse ; ainsi que d’autres instruments de musique qui ne sont plus en usage, tels que le rebec des Celtes, la trompette marine, le kakoula des habitants de la côte de Guinée, etc.

L’archet, ordinairement, est fabriqué en bois dur ; sa longueur est habituellement calculée sur celle que peut parcourir dans son développement l’avant-bras de l’exécutant, dans le va-et-vient, lorsqu’il le promène sur les cordes de son instrument pour en tirer des sons.

La petite baguette dont l’archet est composé est un peu recourbée à l’une de ses extrémités; à l’autre extrémité, celle qui doit se trouver sous les doigts de l’exécutant, se trouve placée une petite pièce de bois ou de toute autre matière, ayant la forme d’un carré long, et que l’on nomme hausse. Cette hausse doit être placée sur la baguette de manière à faire corps avec elle , mais pourtant de façon à pouvoir être mise en mouvement à volonté par le moyen d’une vis de rappel placée intérieurement, et que l’on fait mouvoir avec un bouton mis à cet effet à l’extrémité de la baguette où la hausse se trouve placée. Un faisceau de crins d’environ 80 ou 1oo brins se trouve attaché et fixé aux deux extrémités de la baguette; la vis qui fait mouvoir la hausse sert à tendre à volonté ce faisceau; et pour que l’archet touche plus vivement les cordes, on en frotte les crins avec de la colophane.

L’usage de l’archet appartient-il exclusivement aux temps modernes ? L’antiquité en connaissait-elle l’usage ? C’est une question qui n’est pas entièrement résolue: jusqu’à ce jour l’opinion ‘qui semble avoir prévalu est celle où l’archet est classé parmi les inventions du moyen âge. Cependant le plectrum des anciens , espèce de baguette aussi, dont ils faisaient usage pour faire résonner les cordes de la lyre, ne leur servait-il qu’à frapper ces mêmes cordes pour en tirer des sons? et quelquefois, ne fût-ce même que par hasard, l’artiste observateur n’a-t-il donc pas pu. laissant par distraction traîner son plectre sur les cordes de la lyre, remarquer la différence des vibrations obtenues par le frottement ou par le frappé? S’il est possible que ce petit événement ne soit jamais arrivé, au moins il n’est pas invraisemblable de croire qu’il a dû ou qu’il a pu avoir lieu. ’
Mais ce qui, surtout, pourrait aider à résoudre ce problème, serait de recueillir avec soin tous les documents propres à nous convaincre de l’ancienneté de l’usage de l’archet, tels que ceux qu’on peut trouver dans les Tableaux de Philostrate, où l’on voit sur un puits antique un bas-relief représentant un musicien jouant de la lyre avec un archet. L’on trouvera aussi dans les antiquités recueillies par Maffei un autre bas-relief, où l’on voit aussi un Orphée charmant les hôtes des forêts aux sons de sa lyre, dont il joue avec un archet. Beaucoup d’auteurs latins, en parlant du plectrum des Grecs, ont souvent dit plectrum crinitum, et dans ce cas ils n’ont pas dit qu’on en frappait les cordes, mais qu’on l’y promenait avec force ou avec douceur, selon la nature des effets que l’on voulait produire.

On connaît encore des vers latins composés en l’honneur d’un célèbre musicien grec; l’on y dit qu’Apollon, satisfait de ses chants, lui fit don d’un plectre dont la baguette avait été faite avec l’une des branches du laurier de Daphné, et qu’il était armé d’un faisceau formé des crins de Pégase.
On a aussi, dans les découvertes d’objets appartenant à l’antiquité, trouvé des plectres de différentes matières, en bois, en ivoire , en écaille et en métal , et plusieurs dont les extrémités de la baguette étaient recourbées, et disposées de manière à faire reconnaître qu’un corps étranger avait dû y être attaché : cette dernière circonstance pourrait seule donner de grandes préventions en faveur de la similitude qui semble exister entre le plectrum des anciens et notre archet moderne.
Les instruments de musique à cordes et à archet doivent être placés en première ligne dans la hiérarchie instrumentale, par la raison qu’avec le secours de l’archet ils ont , ainsi que la voix humaine, la faculté de renforcer, de diminuer, d’adoucir, et surtout de prolonger les sons. L’archet est donc le principe vivifiant des instruments dont il fait partie; les ressources qu’il offre aux exécutants sont infinies, et son étude est pour eux d’une haute importance, car c’est toujours à l’habile conduite de ce gouvernail des sons que l’on reconnaît le mérite de l’exécutant; et c’est la possession de cette habileté qui peut seule lui donner le droit de prendre le titre de virtuose. ll. B."

(Sources : Wikipédia - Google livres - Google Maps - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)