jeudi 18 septembre 2014

Un archet - un auteur : François LOTTE

François LOTTE et son frère jumeau Alfred naissent le 15 mai 1889 à MIRECOURT de Georges LOTTE, luthier et de Josephine MILLOT, dentellière.
Le petit Alfred décèdera deux mois plus tard le 28 juillet 1889.

Le jeune François apprendra rapidement son métier de fabricant d'archet auprès des grands ateliers mirecurtiens de l'époque et probablement chez Charles Nicolas et Louis BAZIN.

Liste partielle de
prisonniers de guerre 1914 / 1918
De retour de la première guerre mondiale (1914 - 1918) où il fut fait prisonnier (79e régiment d'Infanterie - 01 juillet 1915), c'est auprès des OUCHARD qu'il va trouver l'opportunité de parfaire sa notoriété en ce mariant avec Marguerite, fille d’Émile François OUCHARD et sœur d’Émile Auguste. Mariage important professionnellement parlant, les filles OUCHARD étant rompus au travail de l'archèterie (Madeleine Maria Augustine OUCHARD, une de ses sœurs, sera factrice d’archets pour le compte de l’atelier OUCHARD).

Travaillant comme ouvrier archetier pour plusieurs grandes maisons luthières, François LOTTE décide, en 1926, de s'installer à son compte dans sa ville natale.

Très rapidement, son atelier prospère. Il est obligé d'embaucher de jeunes ouvriers dont son fils Roger-François et un certain Marcel LAPIERRE.
François apprendra le métier à Roger-François  et le conseillera jusqu'à sa retraite, en 1960, en lui transmettant son atelier dans lequel il y conservera son établi.


François LOTTE décède en 1970.

Les archets de François LOTTE sont de bonne facture et certains de ses modèles sont recherchés par des musiciens avertis.

(Sources : Archives des Vosges - Musée de la Lutherie de Mirecourt - Roland TERRIER / Luthier-Mirecourt.com - recherches et documents Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers - Geneanet)

mercredi 17 septembre 2014

Jean-Baptiste CARTIER : l'art du violon (et de l'archet)

A plusieurs reprises, nous avions déjà évoqué ici Jean-Baptiste CARTIER pour son passé de musicien mais également de chercheur.

"L'art du violon : Ou Division des Écoles choisies dans les Sonates Italienne, Française et Allemande; Précédée d'un abrégé de principes pour cet Instrument." est un ouvrage historique publié en 1803 à PARIS chez DECOMBE, célèbre marchand de musique chez qui François Xavier TOURTE exposait certains de ses archets.







Les reproductions présentées dans cet article traite de la tenue de l'archet. Jean-Baptiste CARTIER accordait une grande importance à la qualité de jeu avec la baguette : "...On peut appeler l'archet l’Âme de l'instrument qu'il touche puis qu'il sert à donner l'expression aux sons, à les filer, à les enfler et à les diminuer...

Il est fort probable qu'il ait influencé les recherches de l'archet idéal.

L'étude de référence est consultable et téléchargeable sur le site Internet "Digital Library of South Dakota"


(Sources : DLSD - Bnf/Gallica - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 11 septembre 2014

Un archet - un auteur : François BONNARD

François BONNARD nait le 31 mai 1801 à LUXEUIL les Bains (70 -  Haute Saône) de Nicolas BONNARD, horloger et de Marie Anne LALLEMAND.

La famille BONNARD déménage en ce début de 19eme siècle à MIRECOURT (88 - Vosges) où le jeune François va très vite faire son apprentissage de luthier auprès des HUSSON (Claude) puis des MALINE (Guillaume). Charles, son frère, est également horloger et son neveu, Nicolas, facteur d'orgues. Sa nièce, Anne Marguerite, épousera Claude Nicolas HUSSON. Il épouse Marie-Aimé MANGENOT.
Pas moins de 12 membres de la famille BONNARD travailleront la lutherie à MIRECOURT.

Doué d'une bonne main pour la réalisation d'archets, François BONNARD devient fabricant à part entière et signe ses baguettes de son nom. Comme bon nombres de ses confrères mirecurtiens, l'attrait commercial de la capitale sera déterminant pour son entreprise. Il fabrique alors en sous-traitance pour le marché parisien et international.



Malheureusement, François BONNARD n'aura pas le temps de produire suffisamment d'archets pour en étudier précisément leurs évolutions. Etienne-Justin DEMAY et Nicolas-Frédéric VALOTTE, facteurs d'archets à  MIRECOURT constatent le décés de leur voisin le 22 septembre 1846.

(Sources: Claudotte - Roland TERRIER -Geneanet - Archives des Vosges - Archives de la haute Saône - Google Maps - Atelier Sandrine RAFFIN Archetiers)

mercredi 10 septembre 2014

Denis DIDEROT et la Querelle des Bouffons

Comme nous l'avions déjà évoqué dans l'article "DIDEROT et D'ALEMBERT : l'encyclopédie utile", Denis DIDEROT (LANGRES 1713 – PARIS 1784), encyclopédiste, philosophe, écrivain, romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d'art, critique littéraire et traducteur, s'intéresse de très près à la musique et y laisse son empreinte.

Avec d'Alembert, DIDEROT fut fondateur et rédacteur de l'Encyclopédie (1751-1772). Grand amateur de musique, il se donna la tâche de traiter des instruments et des questions d'ordre esthétique concernant cet art. D'autres ouvrages de DIDEROT réservent une place à la musique, comme ses Mémoires sur différents sujets de mathématiques (Paris, 1748), en quatre parties, où il traite des problèmes d'acoustique et d'un projet pour la construction d'un orgue mécanique. Dans "le Neveu de Rameau" (inédit à sa mort), le philosophe attaque le célèbre compositeur en affirmant : « Il n'est pas décidé que ce soit un génie […], qu'il soit question de ses ouvrages dans dix ans. »

En 1771, DIDEROT fit paraître un livre intitulé "Leçons de clavecin et principes d'harmonie par M. Bemetzrieden", sous forme de dialogue, dans lequel l'auteur donne des leçons à un élève, son fils. Comme Jean-Jacques Rousseau, DIDEROT se prononça en faveur de la musique italienne lors de la Querelle des bouffons en 1752, et contre les partisans de l'ancien opéra à la manière de Rameau.
(Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse "Dictionnaire de la musique".)

La Querelle des Bouffons ou guerre des Coins est une controverse parisienne qui a opposé au cours des années 1752 à 1754 les défenseurs de la musique française groupés derrière Jean-Philippe Rameau (coin du Roi) et les partisans d'une ouverture vers d'autres horizons musicaux, réunis autour du philosophe et musicologue Jean-Jacques Rousseau (coin de la Reine), partisans d'italianiser l'opéra français.

Alors que l'époque est propice aux recherches en tous domaines, cette querelle peut avoir influencer sensiblement certains luthiers et autres fabricants d'archets sur la fabrication des instruments de musique...




A lire :
(Sources: Wikipedia, Google, Larousse, Gallica / BnF, recherches internes Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 3 septembre 2014

L'archet moderne : fabrication intuitive ou énigme mathématique ?

La fabrication de l'archet dit "moderne" apparait aujourd'hui - et peut être trop implicitement - comme étant le résultat de recherches artisanales intuitives d'une poignée d'archetiers européens de la fin du 18eme siècle.

Pourtant, il est indéniable que cet archet répond essentiellement à deux principes de calcul mathématique, l'un sur la concavité et l'autre sur les logarithmes.
 

Concavité et convexité : la courbure

Définition intuitive :  
Une fonction f est dite convexe sur un intervalle I si, pour toute paire de points sur le graphe de f(x), le segment de droite qui relie ces deux points passe au‐dessus de la courbe de f(x).
Une fonction f est dite concave sur un intervalle I si, pour toute paire de points sur le graphe de f(x), le segment de droite qui relie ces deux points passe en dessous de la courbe de f(x).

Théorème :
Soit f(x), une fonction deux fois continûment dérivable sur I, un intervalle.
La fonction f est :
·         Convexe si f '’(x) > 0 pour tout x dans I
·         Concave si f '’(x) <  0 pour tout x dans I

Interprétation
Une fonction convexe possède une dérivée première croissante ce qui lui donne l'allure de courber vers le haut. Au contraire, une fonction concave possède une dérivée première décroissante ce qui lui donne l'allure de courber vers le bas. Il est important de comprendre la distinction entre la dérivée première, qui nous informe à propos de la pente de la tangente d'une fonction, et la dérivée seconde, qui indique de quelle façon celle‐ci est courbée. 

(d'après HEC Montréal)



Logarithme :
rétrécissement logarithmique

John Napier, physicien et astronome (1550-1617), plus connu en France sous le nom de NEPER, a développé les logarithmes au début du XVIIe siècle. Pendant près de trois siècles, les tables de logarithmes et les règles à calculs ont été utilisées pour réaliser des opérations longues et fastidieuses. Le logarithme décimal (c'est-à-dire en base dix) était le plus communément utilisé.

Le calcul du rétrécissement logarithmique des archets modernes est une performance historique hors du commun du fait de sa complexité mathématique et des exigences techniques de mesure qui y sont associées.

(d'après Aix-planétarium)

(Sources : Internet / recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)