jeudi 24 avril 2014

Histoire des archetiers : le Bazar de 1822

BnF / Gallica
Les annuaires de toutes sortes restent une source d'informations intéressante pour qui veut connaitre l' Histoire des grands maîtres archetiers.
François-Joseph FETIS aura influencé une partie de cette Histoire et aura participé à un bon nombre de légendes. Mais les documents restent...

Dans le "Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc. : ouvrage utile à toutes les classes de la société." de 1822 (Malo, Faure-Finant et De Missolz), BAROUX, LAFLEUR et TOURTE Jeune y ont bonne place et bonnes critiques :


Page 19 :

BAROUX, Archets et Cordes, rue du Petit- Carreau, n° 29.
Confectionne les archets dans les goûts modernes, à tous prix , ainsi que les cordes en soie pour harpes. Ce fabricant est estimé.

Page 303 :

LAFLEUR, Archets de Violons, rue de la Juiverie, n° 32.
Travaille dans le genre moderne ; fabrique toute espèce d'orgues à manivelle, en forme de secrétaire à colonnes ; tient magasin de serinettes-bouvreuil et perroquet, d'instrumens à cordes, tels que violons, basses, guitares.


Page 502 :

TOURTE jeune, Archets, quai de l' Ecole, n°10, près le Pont-Neuf.
Le nom de cet artiste, célèbre pour la perfection extraordinaire de ses archets, est trop connu des amateurs et trop consacré pour que nous ajoutions nos éloges à ceux qu'on fait, depuis nombre d'années, de son talent. Comme artiste habile, sa place était marquée au Bazar : nous l'y inscrivons.


(Sources : Gallica/BnF - Google maps - Atlas historique de Paris - Recherches internes)

mercredi 23 avril 2014

Le carnet de bal : un petit objet d'art...

Copyright Musée Cognacq Jay
Le carnet de bal, sur lequel les jeunes filles inscrivaient la liste des danses qu'elles accordaient à leurs cavaliers, apparaît au XVIIIe siècle. Le choix du violon convient particulièrement bien à cet usage par son allusion à l'un des instruments des orchestres de danse ; il en est de même du décor d' Amours musiciens dans un paysage. Sur celui-ci, la couverture du carnet, en porcelaine de Saxe, protège les minces feuilles d'ivoire sur lesquelles les noms des danseurs étaient écrits à l'aide d'un porte-mine en or ingénieusement caché dans le corps du violon. Le manche dissimule un flacon à sels dont le bouchon a la forme d'une petite tête de femme...




Cet objet est visible au Musée Cognacq Jay à Paris.

Au détour de ses galeries, peut être découvrirez vous ce que fût l'atelier des Frères TOURTE ou bien encore le magasin de musique de DECOMBE (successeur de SALOMON) sur lesquels fut érigé le magasin de la Samaritaine, établissement cher à Monsieur COGNACQ et Mademoiselle JAY...

www.museecognacqjay.paris.fr


(Sources : Ville de Paris - musée Cognacq Jay - Agence Roger-Viollet - LVMH - Samaritaine - Wikipédia - Recherches personnelles)

vendredi 11 avril 2014

Dominique PECCATTE et Nicolas Rémy MAIRE sous influences...

Dominique PECCATTE - Cello
Au cœur même de l'histoire de l'archèterie et de ces acteurs, ce premier tiers de dix-neuvième siècle sera, sans nul doute, sous influences...

Tout d'abord sous influence  de la mutation de la vie culturelle en Europe, les musiciens se déplaçant de pays en pays et recherchant de nouvelles méthodes de jeu et de sensations sonores. Les instruments sont alors propices à des échanges d'idées et de concept.

Sous influence ensuite d'une poignée de fabricants d'archets comme DODD, KNOPF ou TOURTE qui, sous les conseils avisés des musiciens, mettront au point l'archet dit "moderne".

Dominique PECCATTE - Cello
Sous influence enfin de quelques marchands - luthiers ou musiciens  - comme Jean-Baptiste VUILLAUME ou encore Luigi TARISIO qui, au travers de leurs déplacements, développeront le premier marché international de l'instrument de musique à cordes frottés.

Après le décès de son frère, François Xavier TOURTE est un archetier reconnu et c'est donc tout naturellement qu'il fait la connaissance de Jean-Baptiste VUILLAUME, luthier et homme d'affaires redoutable.
VUILLAUME a le don de repérer très vite des hommes doués de leur main et capable de fabriquer des instruments de haute qualité.
TOURTE vieillissant, il fallait à VUILLAUME pérenniser le travail du faiseur d'archets et  lui trouver un digne successeur.
 
Nicolas MAIRE - Cello
C'est dans les terres mirecurtiennes dont il est originaire que VUILLAUME va découvrir en Dominique PECCATTE un surdoué de l'archèterie.
Le jeune homme à 16 ans quand il est convié par le luthier à venir s'installer à PARIS.
De 1826 à 1835, Dominique PECCATTE va pouvoir côtoyer TOURTE et s'inspirer de son style.
Plus instinctif que son ainé, il réalise, pour la maison VUILLAUME, des archets de très haute facture instrumentale qui feront sa réputation...
Dominique PECCATTE n'est pas immortel. Et VUILLAUME n'est pas homme à bâtir son entreprise sur un seul ouvrier...

Nicolas MAIRE - Cello (hausse copie)
Pendant ce temps, à MIRECOURT, le travail de Nicolas (Rémy) MAIRE ne laisse pas insensible. L'influence des grands maitres se dessine dans le style de l'archetier. PAJEOT, ADAM puis PECCATTE seront les inspirateurs de l'artisan. On dit même qu'il est parfois difficile de différencier MAIRE de PECCATTE dans le style de tête de l'archet.
Nicolas MAIRE cèdera lui aussi à l'appel de la capitale et, peut-être, à celui de VUILLAUME.

Les modèles en copie de TOURTE des deux archetiers ne laissent aucun doute sur l'influence des 33 premières années de ce 19eme siècle...

(Sources : photos et documents Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers) 

mercredi 9 avril 2014

Un archet dans l'assiette : rue des Poulies

Si les Frères TOURTE doivent, en partie, leur réussite à la fréquentation du Café du Parnasse (Café du Pont Neuf) situé face à leurs ateliers respectifs, il existe bien d'autres anecdotes liant les lieux de bouche aux métiers de lutherie et d'archèterie.

Le contrat de mariage de Pierre-Jacques GODELAR (GAUDELART), compagnon luttier (luthier) , stipule que l'artisan réside rue des Poulies dans la Paroisse St Germain l'Auxerrois (1774).
Cousineau, luthier "breveté de la Reine" y tient également boutique en 1781.

*La rue des Poulies est une ancienne voie publique de l'ancien 4e arrondissement de Paris, devenu 1er arrondissement, en France.
Elle commence à la rue de Rivoli, au niveau des numéros 154 et 156, et se termine rue Saint-Honoré, au niveau des numéros 133 et 135. Le dernier impair est 17 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 75 m. – 4e arrondissement, quartier Saint-Honoré.

C'est dans cette rue qu'un certain Boulanger dit « Champ d'oiseau » (ou « Chantoiseau ») installe en 1765 une boutique appelée "restaurat", considéré comme le premier restaurant de Paris. On y servait des bouillons reconstituants d'un prix abordable. Auparavant le « restaurant », appelé aussi « maison de santé », était un bouillon ou consommé qui restaurait les forces et que l’on recommandait, pour cette raison, particulièrement aux femmes en couche, et aux personnes exténuées par la fatigue, les excès ou les maladies de langueur. Boulanger, qui fut appelé « restaurateur », avait mis sur sa porte la devise "Venite ad me, omnes qui stomacho laboratis, et ego restaurabo vos" (« Venez tous à moi, vous dont l’estomac crie misère, et je vous restaurerai »).

Denis Diderot, habitué des cafés et lieux de vie, y fait allusion dans sa correspondance.

Cette rue a disparu, englobée, lors du percement de la rue du Louvre. Elle faisait angle avec l'actuelle rue Bailleul. Elle prolongeait la rue du Louvre après le passage de celle-ci entre le palais du Louvre et l’église Saint-Germain-l'Auxerrois (Marie de Thézy - Marville, Paris).

Lieu convivial par excellence, le restaurant favorise l'échange et permet parfois l'avancée de grandes idées...

(Sources : *Wikipédia - Archives Nationales - Google Livres - Google Maps - Conférence de rue / Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers) 

mercredi 2 avril 2014

Faubourg Saint-Antoine : le menuisier, le bois et l'archet...

L’histoire du faubourg Saint-Antoine (PARIS) se confond souvent avec celle de son artère centrale, la rue du Faubourg-Saint-Antoine, qui était un prolongement extra muros de la rue Saint-Antoine.
Cette agglomération était proche de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs et s'est développée sous la protection de ses abbesses.


L’établissement des Quinze-Vingts a été fondé par le roi Saint Louis au 13ème siècle. La volonté du roi était d’héberger dans un local adapté trois cents parisiens aveugles jusqu’alors délaissés par tous et généralement réduits à une vie misérable. Saint Louis rassembla ces aveugles en une congrégation organisée à la manière des ordres religieux. Selon la manière ancienne de compter par vingtaine, la communauté devait donc comprendre quinze fois vingt membres, et dès le Moyen Age, il fut courant de désigner l’institution sous le nom de congrégation des Quinze-Vingts.

L’établissement se trouvait à l’origine situé dans un espace s’étendant de l’actuelle place du Palais-Royal jusqu’au milieu des jardins des Tuileries. Il fut transféré à la fin du 18ème siècle vers le faubourg Saint-Antoine, dans une ancienne caserne des mousquetaires. Tout un quartier du faubourg portera le nom de Quinze-Vingts et servira de protectorat artisanal à un certain nombre de métiers échappant ainsi aux règles strictes des corporations...

Le faubourg Saint-Antoine constitue aujourd’hui l’un des nombreux quartiers de Paris. Sa vocation pour le bois reste une réalité : on peut y trouver pêle-mêle magasins d'ameublement, ateliers d’ébénisterie et / ou de menuiserie... C'est le quartier des organisations professionnelles du meuble ou encore des centres de formation tels que l’École Boulle (rue Pierre-Bourdan).



L'histoire du faubourg relate également, dans les minutes du notaire Claude BENARD, en dates de juillet à septembre 1722, et relatées par M RAMBAUD et C. GRODECKI (Artisans du XVIIIe siècle), qu'un certain Pierre TOURTE est recensé, à cette période, comme étant menuisier dans le quartier Faubourg Saint-Antoine & Convention .

L'inventaire "ROLLIN-POIRIER" du 28 mai 1756, à requête d'un certain Nicolas-Pierre TOURTE nous informe enfin, qu'à cette date, lui est reconnu  le métier de luthier, grande rue du Faubourg Saint-Antoine.

Autant d'informations qui permettent de comprendre  que le futur archet "moderne" est né virtuellement dans un quartier où la connaissance des bois et de leur travail est une vocation...


Nicolas-Léonard et François Xavier TOURTE naitront dans ce quartier...

Reste une énigme : mais qui est Thomas TOURTE, le menuisier œuvrant en 1737 dans ce même arrondissement ?

A suivre...

(Sources : Wikipédia - Les Quinze-Vingts - Archives Nationales - Recherches et Documents internes - Atelier Sandrine RAFFIN)