vendredi 31 janvier 2014

Joseph GAUDE, archetier discret et talentueux


Pour faire suite à l'article précédent concernant Joseph GAUDÉ, sa fille, Thérèse Joséphine, décède le 26 décembre 1902 dans le troisième arrondissement de PARIS à l'âge de 51 ans.

L'acte de décès confirme, à cette date, la disparition de ses parents Joseph et Madeleine Joséphine GAUDÉ.

La résidence du 41 rue de Turenne abrite non seulement le domicile conjugale mais également l'atelier du luthier Léon Jules LAMY (âgé alors de 48 ans).
 
On suppose que Joseph GAUDÉ a épaulé discrètement la carrière de son gendre et de sa fille, et a du profiter du local parisien pour présenter ses archets aux musiciens de toutes nations...
 

(Sources : archives de Paris - archives des Vosges - documents internes)

vendredi 24 janvier 2014

Recette d'atelier version Ecole BOULLE : la colle d'os et de nerf


"Rendez-vous chez le boucher pour récupérer os et viande de bœuf. Dénervez la bête, stockez les nerfs et faite vous cuire un steak.
Plongez les os dans un bain d'acide pendant 10 jours, puis 24h dans une solution hypochlorique et rincez à l'eau claire.
Pilez les os en poudre fine.
Mélangez le tout et faites bouillir pendant une douzaine d'heures.
Laissez l'eau s'évaporer et mouler la colle en petit grain.
La voilà prête pour assembler toute vos créations."


Ecole BOULLE :

L’école Boulle est une des grandes références dans l’enseignement de l’art, des arts appliqués, du design et des métiers d’art en France. Ecole prestigieuse, rénovée aujourd’hui, modernisée par la ville de Paris. La célébrité et l’ancienneté (l’école est née en 1886 !) n’ont jamais altéré la volonté de ses équipes pédagogiques à se remettre en question, à créer de nouvelles structures pédagogiques, à ouvrir de nouvelles voies de formation.

L’École de la rue de Reuilly a donc initialement été créée en 1886 non loin du Faubourg Saint Antoine qui était le cœur historique des métiers du meuble à Paris. Elle avait pour vocation de former des professionnels de l’ameublement (ébénistes, menuisiers en siège, tapissiers, sculpteurs sur bois) et un peu plus tard des ciseleurs, monteurs en bronze, graveurs sur acier. C’est en 1891 que l’établissement, qui s’est implanté rue Pierre Bourdan, devient Ecole Boulle du nom du célèbre ébéniste de Louis XIV André-Charles Boulle (1642-1732). Elle se spécialise dans la copie d’œuvres du passé essentiellement liées à Louis XIV.

Le site : http://www.ecole-boulle.org/
Article : Secret d'atelier - la colle d'os

jeudi 23 janvier 2014

Emile Auguste OUCHARD : un archetier français aux U.S.A...

Emile Auguste OUCHARD, fils de Emile François dit "le Père", a, pour des raisons aussi bien familiales qu'économiques, parcouru le monde et s'est installé, pendant quelques temps, aux Etats-Unis d'Amérique.

Si NEW YORK a beaucoup compté dans sa réputation d'archetier français, il est une ville dont on parle peu : BATAVIA.
Située à 849 miles (+/- 1334 kms) de NEW YORK, proche de CHICAGO, BATAVIA est une ville de l'ILLINOIS, dans le Comté de Kane (USA), fondée en 1833.


Copyright lemonjelly
Emile Auguste travaille alors pour la maison William Lewis & Sons de Chicago avec laquelle il a un contrat d'exclusivité. Son contrat avec ce célèbre atelier lui a permis d'acheter une maison à BATAVIA.
Mais les métiers de l'archèterie et de la lutherie sont alors en déclin. Et c'est avec regret qu'il écrira, en 1956 :

« A Batavia, c’était beau avec le contrat. Sans cela et bien que j’ai beaucoup de clients en dehors, la clientèle particulière ne vient pas à la maison et tu dois penser que la clientèle directe est préférable aux revendeurs ».

BATAVIA abrite l'un des plus grands accélérateurs de particules au monde : Fermilab.
Le Fermilab (également appelé Fermi National Accelerator Laboratory) est un laboratoire spécialisé dans la physique des particules des hautes énergies et agissant sous la tutelle du Department of Energy américain dans le cadre de l'Universities Research Association. Il fut fondé en 1967 en tant que National Acccelerator Laboratory.


Alors que ce laboratoire n'est encore qu'à l'état de vague projet,
Emile Auguste OUCHARD écrira ceci le 30 mars 1956 :


« Il va falloir orienter nos enfants vers d’autres métiers, par exemple la force nucléaire, ils iront s'installer archetiers ou luthiers dans la Lune ».

(Sources : wikipedia - Google Maps - Hélène CLAUDOT-HAWADlemonjelly / flickr  - documents internes)

jeudi 16 janvier 2014

Un archet - un auteur : François LUPOT II

image wikipedia
François LUPOT dit "le deuxième", nait à Orléans (45 - Loiret) en 1774 d'un père luthier d'origine mirecurtienne, François dit "le premier".
Il a pour frère ainé Nicolas également luthier éminemment reconnu.

C'est sur les bords de Loire que le jeune François va apprendre son métier de faiseur d'archets (au sein de l'atelier paternel) mais c'est à Paris qu'il va acquérir la maitrise de l'archèterie.
Progression qui le fait s'installer dans son propre atelier au 18, rue d'Angivilliers (Angiviller), non loin de celui de Nicolas Léonard et François Xavier TOURTE (400m à pieds) chez qui il aura probablement travaillé.

La rue d'Angivilliers (Angiviller) commence Place du Louvre et des Poulies et termine rue de l'Oratoire. Il n'y a pas de numéros impairs et le dernier numéro pair est le 18. C'est au Comte d’Angiviller qui possédait là un hôtel que la rue doit son nom.
La rue disparue lors du percement de la rue de Rivoli en 1854.

On doit en partie à François LUPOT II le travail d'un métal nouveau - le maillechort (mis au point par Maillet et Chorier en 1819) - et l'apparition de la coulisse en métal à l'intérieur de la hausse (protection et renfort des rives en ébène). Travaux qu'il partage avec ses apprentis Joseph René LAFLEUR et Dominique PECCATTE.

François LUPOT II décède en son atelier en 1838.
Dominique PECCATTE y restera alors installé une dizaine d'année.

Collectionneurs et musiciens avertis apprécient le travail de très haute facture d'un archetier resté dans l'ombre des Frères TOURTE pendant de nombreuses années.

(Sources : wikipedia - Google - Google Maps - Albert JACQUOT "La Lutherie Lorraine et Française" - recherches internes)

mercredi 15 janvier 2014

HULOT Père : l'Art du tourneur mécanicien

"J'en ferai un bon tourneur ou un bon horloger. Il se mariera; il aura des enfants qui tourneront à perpétuité des bâtons de chaise dans ce monde."
Jacques le Fataliste et son maître (1796 - Edition posthume)
Citations de Denis Diderot


HULOT Père, proche d' André-Jacob ROUBO, célèbre menuisier ébéniste, est Maitre Tourneur et mécanicien breveté du Roi.
C'est un homme passionné qui présente ainsi son métier dans son écrit de 1775, L'Art du Tourneur Mécanicien :

"...L'Horlogerie , cet Art si ingénieux , si utile à la Société , doit beaucoup de sa justesse à l'exactitude du Tour; sans son secours il seroit impossible de donner , soit aux grosses Horloges qu'on place sur les grands Edifices publics , ou dans des Palais & Châteaux , soit aux ouvrages du même genre , qui sont d'usage dans l'intérieur des Maisons , comme Pendules d'appartements , Pendules d'observations & astronomiques , & aux Montres de poche , cette précision qui en fait tout le mérite. Il n'est pas jusqu'aux Calottes ovales ou rondes, qui enveloppent quelquefois leur mouvement , à leurs Boîtes même , qui n'aient besoin d'être tournées, & bien souvent guillochées. Quelle main, fût-ce de l'ouvrier le plus adroit & le plus exercé , pourroit se flatter de fendre les roues de Montre & de Pendule , aussi bien & aussi juste qu'une Machine destinée à cet usage ? Quel compas assez juste pour les diviser dans des nombres qui varient à l'infini ; & cette Machine même , quel autre Artiste qu'un Tourneur Mécanicien oseroit l'entreprendre ?
Le Menuisier a recours au Tourneur pour les Cadres ronds ou ovales des Lambris & des Tableaux , & pour bien des Meubles.
Le Serrurier , pour des ouvrages de précision & de propreté..."


S'en suit une connaissance des bois partagée avec ROUBO où il est question du Bois du Brésil. (A consulter)

Nul doute que vis et écrou de l'archet sont confiés, à l'époque, à ces artisans passionnés par leur métier.
Si Diderot en fait un dialogue philosophique, l'histoire de l'archèterie en fait une réalité...

L'Art du Tourneur Mécanicien sur Google Livres (version gratuite)

(Sources : wikipedia - Google Livres - recherches internes)

jeudi 9 janvier 2014

Un archet - un auteur : François PECCATTE

Archives des Vosges
François PECCATTE (ou PECCATE) est né en 1821 à MIRECOURT (Vosges - 88) d'un père barbier (perruquier).

Enième archetier lorrain à y faire son apprentissage, il tente ensuite l'aventure parisienne vers 1840 et travaille probablement, tout comme son frère et auprès de celui-ci, dans l'atelier de Jean Baptiste VUILLAUME.



Après cette escapade dans la capitale française, François PECCATTE est de retour à MIRECOURT vers 1843 et y installe son propre atelier.
Son frère Dominique, dont la réputation n'est plus à faire, vient le rejoindre en 1847.


En 1853, retour à Paris, rue des Lavandières Sainte Opportune (1er arrondissement), où il retrouve l'atelier VUILLAUME et continue à produire des archets en son nom sous l'adresse professionnelle mirecurtienne.

François PECCATTE meurt en octobre 1855 à son domicile parisien, probablement atteint d'une maladie liée au bois (Traité des maladies des Artisans - Ramazzini - 1855).
Le jeune archetier, qui avait réussi à se faire un prénom, laisse derrière lui une production d'archets de très haute facture.




(Sources : Archives des Vosges - Archives Ville de Paris - Google maps - Albert Jacquot (La lutherie Lorraine et Française) - Paul Childs (The PECCATTE Family) - gallica -documents internes)

mercredi 8 janvier 2014

Louis XVI, Voltaire, Tourte et l'archet

Il est avéré que François-Marie AROUET dit "Voltaire",  alors septuagénaire, s'intéresse à l'horlogerie.

En effet, la Manufacture Royale de FERNEY connaît ses plus beaux jours entre 1770 et 1778. Dès avril 1770, Voltaire, fier de sa colonie, mentionne une «quarantaine d’ouvriers employés à enseigner à l’Europe quelle heure il est». [Lettre de Voltaire à Pierre-Michel Hennin, 24 avril 1770]. Les effectifs atteignent «douze cents pères de famille» en janvier 1776. [Lettre de Voltaire au prince de Condé, 17 janvier 1777].

Les premières montres sont achevées en avril 1770: «A peine y ont-ils travaillé qu’ils ont fait assez de montres pour en envoyer une petite caisse en Espagne. C’est le commencement d’un très grand commerce.» [Lettre de Voltaire à Fr. de Caire, 9 avril 1770]. A cette date, des montres sont envoyées au duc et à la duchesse de Choiseul, protecteurs de Voltaire, ainsi qu’au Roi et au Dauphin. Des montres sont proposées à la Cour, en 1770, 1771 et 1773, comme cadeaux pour les mariages royaux, mais la plupart des envois à Versailles ne sont pas honorés...

Voltaire fera alors connaissance d’un dénommé Jean-Louis TOURTE, horloger genevois et marchand (famille horlogère de Genève au 18e siècle).

Pendant ce temps un jeune apprenti horloger fait parler de lui à la cour de France.
François Xavier TOURTE, comme le démontre l'écrit d’Ernestine André van HASSELT dans "L'anatomie des instruments de musique", semble avoir également ses entrées à Versailles et au Louvres...
 
Le Château de Versailles serait il donc un haut lieu de l'horlogerie  ?
Etonnamment, la réponse vient de Louis XVI lui-même.

Quand il était encore dauphin, Louis XVI prit des leçons d'horlogerie avec Pierre Le Roy, grand spécialiste de l'horlogerie de marine.
Plus tard, il fait installer un atelier de serrurerie dans la demeure royale, atelier dans lequel on trouve un soufflet de maroquin pour la forge, une enclume et une bigorne montées sur leur billot, plusieurs marteaux à frapper. La machine à tailler les fusées indique que Louis XVI devait réaliser des mécanismes d'horlogerie entrant dans la fabrication de montres, pendules ou d’horloges...

Photo : Jean Claude SULKA
Le Roi avait donc un point commun avec la famille TOURTE : l'art de manier l'archet… …du tour d'horloger !
 
(Sources : sulka - watch-around -Jean-Dominique BURZAT (Les après-midi de Louis XVI) - wikipedia - documents internes)

jeudi 2 janvier 2014

Victor François FETIQUE : archet octogonal monté or

Victor François FETIQUE nait en 1872  à MIRECOURT - Vosges (88)

Les évènement marquants de cette année 1872 en France :

- 27 janvier : création de la Banque de Paris et des Pays-Bas.
Février : création de l'École libre des sciences politiques par Émile Boutmy.


- 17 mars : promulgation de la loi Dufaure, qui rend condamnable pénalement les organisations visant à la grève, à l’abolition de la propriété privée, de la famille ou de la religion1.
Mars : Interdiction en France de l'Association internationale des travailleurs.


- 24 avril : une commission parlementaire est chargée d’une enquête sur les conditions de travail.


- 24 mai : loi de réorganisation administrative.
Mai : Odilon Barrot devient président du conseil d’État.


- 27 juillet : la loi Cissey établit un service militaire universel dont la durée est fixée par tirage au sort (5 ans ou un an). Principe de l’armée de conscription. Suppression du remplacement.


- 4 septembre : rétablissement d'un condominium franco-britannique sur l'Égypte.
Octobre : l'Institut industriel du Nord est établi dans les locaux de l'École des arts industriels et des mines de Lille.


- 23 octobre : le commissaire impérial chinois présente ses excuses au président Adolphe Thiers pour le massacre des Français à Tianjin en 1870.


- 20 décembre : la carte postale est introduite en France par la loi de finance sur proposition du député Louis Wolowski.



Victor François FETIQUE décède en 1933. Il laisse derrière lui une production impressionnante d'archets pour laquelle il faut discerner la maitrise artisanale du travail manuel à celle de la production semi-industrielle.

L' archet de violon présenté ici, octogonal et monté or, signé, est en parfait état de conservation.

Retrouvez dans ce blog un autre article sur Victor François FETIQUE.