mercredi 24 décembre 2014

Noël et la Trêve des confiseurs

« Aux approches de Noël, par une sorte d'accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l'esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d'aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s'est appelée la trêve des confiseurs. » 
T. Pavot, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, questions et réponses, communications diverses à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc. Volume 38, 20 septembre 1898  

En 1892, on trouve l'expression sous la plume de Paul Verlaine dans une correspondance :

« Mon cher Vanier, maintenant que voici passée « la trêve des confiseurs », recausons un peu... pas d'argent. Ah, c'est bien, çà, hein ? mais patience ! Attendez. En attendant me voilà bon prince, et parlons littérature. »  
— Paul Verlaine, Correspondance de Paul Verlaine, publiée sur les manuscrits originaux. Volume 2, Adolphe van Bever, A. Messein éditeur, 1923

(Sources: Wikipédia - Gallica / BnF - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 17 décembre 2014

Les archets et la contrefaçon

La contrefaçon est une violation d'un droit de propriété intellectuelle par le fait de reproduire ou d'imiter quelque chose sans en avoir le droit ou en affirmant ou laissant présumer que la copie est authentique. La notion de contrefaçon est souvent à rapprocher de celle de parasitisme (Les relations entre contrefaçon et parasitisme - Godefroy de Moncuit, Le Concurrentialiste, 2 mai 2014).

La contrefaçon n'est pas uniquement la copie intégrale d'un bien authentique. Elle s'apprécie en fonction des ressemblances et non des différences (Dessins et modèles - Institut de recherche en propriété intellectuelle (IRPI) ).

Comme tout bien de consommation, l'archet n'échappe pas à la contrefaçon. Et, dans un monde où tout devient spéculatif, les copies exactes de Grands Maitres archetiers (ou la reproduction à l'identique de certaines parties de l'archet) ne facilitent pas la tâche des experts car les techniques d'usure et de vieillissement des matériaux du fraudeur indélicat sont souvent parfaites.
Les nouvelles technologies favorisent l'apparition d'appareils de reproduction extrêmement précis : appareils photo numériques, digitalisation 3D, fraiseuse 3D à commande numérique, etc.


Musée de la Contrefaçon à Paris
Mais le phénomène n'est pas récent. Jean-Baptiste VUILLAUME dépose un grande nombre de brevets d'invention pour tenter de protéger ses réalisations (archet en métal, archet perfectionné).
J.B. VUILLAUME demeure lui-même un copiste hors pair, cherchant à percer les secrets des luthiers italiens de l'époque baroque et s'en approchant au point de s'y brûler. Ne l'accuse- t-on pas, après sa mort, d'avoir été un "imitateur" et, en particulier, d'avoir fait passer le mythique Messie de Stradivari, acheté aux héritiers de Tarisio, pour l'un de ses violons ?

Au cours d'un voyage aux États-Unis, Eugène SARTORY fait l'amer constat d'y découvrir des archets parfaitement contrefaits, signés de sa marque mais ne provenant pas de sa propre production.

Les marques au fer sont souvent litigieuses. Un grand nombre de faussaires use du subterfuge, parfois à l'encontre du bon sens historique, allant jusqu'à signer de marques "apocryphes" des archets qui ne l'auraient jamais été par l'auteur copié.
L'intention de tromper est avant tout une opération lucrative. Madame Fétique, veuve de Victor FETIQUE, fait marquer des archets de production d'ateliers avec la marque au fer de son mari décédé.

Pour en savoir plus sur la contrefaçon:

Musée de la Contrefaçon 16 rue de la Faisanderie 75116 PARIS

Site Internet des Douanes Françaises 
Article du blog "La Passerelle

(Sources: Wikipédia - Godefroy de Moncuit - IRPI - Google Livres - Musée Cité de la Musique PARIS - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 11 décembre 2014

Les plus beaux archets du moment...

Archets visibles à l' atelier Sandrine RAFFIN :



Retrouvez PECCATTE, SARTORY, GILLET, OUCHARD, VOIRIN, MILLANT, TOURTE, MAIRE, BAZIN, MORIZOT, etc
(Certifiés par experts auprès du Tribunal de Paris)

mercredi 10 décembre 2014

DECOMBE, marchand de musique et d'archets

Jacques-François DECOMBE, successeur, en 1795, de Marie COUSINEAU, la veuve  de Jean-Baptiste SALOMON (DEHAYE dit) (1713 - 1767), luthier, est un homme plein de ressources.
En 1797, installé au 45 Place de L’École*, près du Pont-Neuf à PARIS (75) sous l'enseigne "A l'accord parfait", la liste de ses activités est interminable :

www.mckittrickrarebooks.com

"Luthier, Successeur de Salomon, Editeur, Professeur et Md de Musique, fait et raccomode les instrumens en tout genre. Vend Orgues de chambre, Orgues à cylindres, Orgues de Barbarie ; Clavecins, Epinettes, Piano d'Erare et organisé, Harpes à pédales, unies et dorées, à sourdine et à renforcement ; Serinettes à cylindre et autres, Guitares allemande et espagnole. Systres, mandolines, Vielles, Violons, demi-Violons et Pochettes, Altos ou Quintes, Basses ou Violoncelles. Contre-Basses, Flûtes traversières, Flûtes à bec, Tierces, Octaves, Flûtes doubles. Flageolets doubles, Flageolets, Galoubets, Fifres, Clarinettes, Hautbois, Cors, Trompettes, Bassons, Serpents, Timbales, Triangles, Cymbales, Tambourins, Armonicas, Diapazons ou à mi-la, Marteaux de clavecin, Clefs de harpe, Clefs de piano ; Colofane de sa composition de la meilleure qualité, Anches pour hautbois, basson et clarinette, Archets de Tourte pour violon, alto et basse, Chevalets pour tous les instrumens, Boîte de harpe à compartimens, Montures assorties pour violon, alto, basse, guitare, systre, harpe, clavecin, forté-piano, mandoline, contre-Basse, etc. Cordes de Naples, première qualité, en paquet et en détail, Sourdines et Chevilles de violon, etc. Papier réglé. Il se charge de copier et de faire tous les accompagnemens que l'on désire, tant pour la harpe, piano, que pour tout autre instruments, loue piano, harpe, etc. se charge d'accorder tous les instrumens. Il loue aussi toutes sortes de Musique, comme Quatuors, Concertos, Trios, Duos, Sonnates, Ouvertures et Partitions : le tout par abonnement à raison de 30 fr. par an, 18 fr. pour six mois, ou 12 fr. pour trois mois, plus, 6 fr. de dépôt, et il ne sera délivré qu' une Oeuvre à la fois. Il fait des envois dans les Départements. Les lettres doivent être franches de port."

A retenir de cette longue liste : DECOMBE commercialise  des archets de Tourte (sans autres précisions) dans sa boutique.

Jacques-François DECOMBE décède en 1806. Sa veuve lui succède au 10 Place (Quai) de l’École* et continue à commercialiser les archets de François-Xavier TOURTE dont l'atelier se situe juste au dessus du commerce.

* = Il y a confusion, à l'époque, dans les intitulés, entre Place de l’École et Quai de l’École

(Sources: Bruce Mc Kittrick, recherches et documentations Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers, Bibliothèque Nationale de France)

jeudi 4 décembre 2014

Un archet - un auteur : Bernard Georges Louis MILLANT

Né en mai 1929 à PARIS (75), Bernard Georges Louis MILLANT est le fils de Max Stanislas MILLANT, luthier et de Suzanne LARDON.

Bernard MILLANT - MORIZOT Frères
(en bas à gauche)

Fils et neveu de luthiers, le jeune Bernard, alors pré-adolescent, est très observateur et réalise de ses mains, son premier violon. A la fin de ses études secondaires,doué pour le travail du bois, il entame alors son apprentissage à MIRECOURT (88 - Vosges), auprès d'un autre luthier connu et reconnu, Amédée Dominique DIEUDONNE (1890 - 1960).

Sa curiosité naturelle et les recommandations de son père lui font s’intéresser à l'art de fabriquer des archets. C'est auprès des frères MORIZOT (Louis MORIZOT Frères) qu'il effectue son stage qui influera, sans nul doute, une immense carrière vouée au métier d'archetier et aux archets.

Archet d'alto écaille et or - Bernard MILLANT
En 1950, de retour des États-Unis où il sera initié à l'expertise des instruments par Rembert Rudolph WURLITZER (1904-1963), il s'installe à son compte rue de Rome à PARIS.
Mais la crise que traverse alors le monde de la facture instrumentale ne l'épargne pas. Sa vie professionnelle est donc partagée entre lutherie et archèterie.

Le travail de Bernard MILLANT devient précis et réputé. Récompensé en divers concours européens, l'archetier réalise ses plus beaux spécimens en montage écaille et or avec incrustation, à la main, des fameuses fleurs de lys.
Novateur, et pour les besoins spécifiques de Léon PASCAL (1899 - 1969), professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris , il crée un archet d'alto quelque peu révolutionnaire, plus court avec une hausse décalée vers le bouton, qu'il signe "modèle Pascal".

En 1973, passionné par les archets, les archetiers et leurs Grands Maitres, Bernard MILLANT est nommé Expert près la Cour d'Appel et le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Après avoir cédé son affaire commerciale en 1989, véritable mémoire vivante de près d'un siècle d'archèterie, Bernard MILLANT est toujours aussi curieux de ce qui se fait dans les ateliers des nouvelles générations de fabricants d'archets.

Bernard MILLANT est Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres et Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
Ses archets sont très recherchés et appréciés par les musiciens avertis et par les collectionneurs avisés.

(Sources : Bernard MILLANT - Wikipédia - Gallica / BnF - Société Cognier-Terrier - H el ene Claudot-Hawad. " La lutherie se meurt " - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers - Anton LU)

mercredi 3 décembre 2014

Henri Alexandre Célestin HENRY : un archetier mort au combat

www.delcampe.net
Le 11 novembre dernier à MIRECOURT (88 - Vosges) Monique GAGNEUR, petite-fille de Marie HENRY (veuve de (Henri) Alexandre Célestin HENRY) a rendu un poignant hommage aux archetiers et luthiers morts aux combats de la Grande Guerre (Guerre 1914 - 1918).

En voici le texte :

"Mirecourt, le 11 Novembre 2014,

Monsieur le Maire de Mirecourt, Mesdames les Conseillères Municipale, Messieurs les Conseillers Municipaux,
Mesdames, Messieurs,


Suite à ma participation à EUROPEANA 1914-1918, j'ai l'honneur d'apporter ma modeste contribution au Souvenir des Luthiers et des Archetiers morts pour la France, au cours de la Première Guerre Mondiale, et plus généralement, à celui de tous les Enfants de Mirecourt tués entre 1914 et 1918.


Je remercie toutes les personnes qui s'associent à l'œuvre de Mémoire qui nous réunit aujourd'hui, à l'occasion de la Commémoration du Centième Anniversaire de la disparition de l'Archetier Alexandre HENRY, le premier mari de Marie DELON, ma grand-mère qui était Dentellière.


Je remercie particulièrement Madame CHIARAVALLI, Adjointe au Maire de Mirecourt et Membre de l'Association du Vieux-Mirecourt-Regain, Monsieur Jean DENIS de la Légion Vosgienne à Ramonchamp, Messieurs René JEANPIRRE, Patrick BAZIN, Didier DRUAUX et Roland TERRIER„ ainsi que les personnes de la Rue Chanzy qui ont accepté de rendre hommage à Alexandre, en exposant une information dans leur devanture de magasin.


Issu de la Dynastie des Luthiers et Archetiers HENRY ancrée à Mirecourt depuis le Dix-Septième  siècle, Alexandre a aussi pour aïeuls des membres des Dynasties VINOT, GUINOT et THOMASSIN.


Alexandre et ma grand-mère Marie DELON se sont mariés en Mai 1913, au Syndicat, puis s'installent au 29 de la Rue Chanzy à Mirecourt.


Lors de la Mobilisation Générale du 31 Juillet 1914, Alexandre quitte sa jeune épouse le lendemain. Puis, il passe saluer ses anciens Maîtres Archetiers : Ignace Henri DUMONT et Charles-Nicolas BAZIN le Deuxième dont l'arrière petit-fils, Patrick BAZIN, est présent parmi nous.


Alexandre n'est pas seul à rejoindre le 79ème Régiment d'Infanterie Territoriale à Neufchâteau. Son ami d'enfance Valentin FOUNIER est avec lui.


Le 7 Août 1914, ils sont déjà arrivés à Granville dans la Manche. Si l'on suit les parcours terrestres et maritimes, du 79ème Régiment d'Infanterie, Alexandre découvre le port du Havre, puis celui de Dunkerque où il débarque pour être dirigé vers le front belge, dans la Région d'Ypres.


C'est là que la Bataille de l'Yser est engagée. Au cours de la nuit du 11 au 12 Novembre 1914, le lieu dit la Maison du Passeur est attaqué. Alexandre est tué dès le début de la nuit.


www.delcampe.net
Son ami Valentin disparaît quelques heures plus tard, au petit matin du 12 Novembre. En quelques heures, on dénombre 56 tués et 200 blessés. L'Attaque de la Maison du Passeur recense également 193 prisonniers et disparus dont Alexandre et Valentin font partie.

Les Luthiers et les Archetiers qui revinrent à Mirecourt à la fin de l'année 1918 étaient tous traumatisés par ce qu'ils avaient vécu. Nombre d'entre eux étaient blessés ou estropiés et travailler le bois leur était difficile.


Marie HENRY ne reçut jamais de lettres de Alexandre. Après son départ, elle consacre son temps à l'Hôpital temporaire de Mirecourt qui accueillait les blessés en provenance du Front des Vosges.


Un jour de 1917, elle soigne un Soldat qui a reçu un coup de sabot de cheval dans un genou. L'homme était veuf. Il s'appelait Hippolyte Magisson. Malgré la guerre et ses innombrables morts, un enfant naît dans la maison de Alexandre : une petite Marie-Louise qui voit le jour le 10 Octobre 1918. Marie-Louise Magisson était ma mère.


Mon grand-père, Marie HENRY et leur bébé ont quitté Mirecourt au début de l'année 1919 pour s'installer dans un village proche de Reims, dans la Marne. En 1927, mon grand-père qui était entrepreneur de maçonnerie, édifia un Monument aux Morts dans une Commune située à proximité de la maison où il avait installé sa famille.


En perdant Alexandre l'Archetier, sa veuve Marie HENRY n'a pas quitté le domaine de la musique. Le blessé du Front des Vosges était musicien et le don musical fut transmis à sa fille Marie-Louise qui jouait de la mandoline.


Un siècle plus tard, que reste t-il de Marie la Dentellière et de Alexandre l'Archetier ? La vie des souvenirs. Ma grand-mère Marie nous parlait parfois de Alexandre dont elle porta le deuil jusqu'à son dernier jour. Elle n'avait pas oublié le savoir-faire des Dentellières et confectionnait des napperons.


Même s'il est impossible de savoir si ce que Alexandre a fabriqué existe encore aujourd'hui, ses pièces d'Archèterie représentent l'émanation de son Art et demeurent la mémoire de l'homme qui les a façonnées.


Malgré le deuil de ses Enfants, le Monde de la Lutherie et de l'Archèterie se montra vaillant et continua de rayonner et de porter très haut, la renommée de la Ville de Mirecourt dans ses Arts et Traditions, comme en témoignent les Musées de la Lutherie et de l'Archèterie françaises, de la Musique Mécanique et de la Dentelle, ainsi que l'École Nationale de la Lutherie.


Je vous remercie.
" Monique GAGNEUR


(Document confié par l'auteure pour servir au devoir de mémoire / illustrations : www.delcampe.net)

jeudi 27 novembre 2014

Reconnaitre un bon archet : quelques conseils

Comment reconnaitre un bon archet ? Une question souvent posée par les musiciens en recherche d'une baguette adaptée à leur jeu.

L'archet n'est pas un instrument de musique comme les autres. Dépourvu de caisse de résonance, il ne peut agir directement sur l'amplification du son mais il est un élément essentiel, de par ses fonctions mécaniques, à la mise en vibration des cordes et à la qualité sonore de ces vibrations.

1 - Le prix d'un bon archet peut atteindre des sommes considérables. Investir dans son futur archet, neuf ou ancien, doit donc prendre du temps. L'achat d'impulsion basé sur le simple nom de l'auteur de l'archet reste un grand pari quant aux résultats du mariage "musicien-instrument-archet".

2 - L'archet ancien doit être en bon état et, de préférence, complet, c'est à dire baguette, hausse et bouton provenant d'un même et unique archetier.

3 - Le bois de l'archet neuf ou ancien, ne doit comporter aucun défaut majeur tel qu'une gerce (petite craquelure pouvant apparaître sur des bois séchés.) ou un nœud ouvert (les nœuds sont constitués par des branchements dont il ne subsiste que la base par suite de la chute du rameau). Sur un archet ancien, une usure naturelle du bois au niveau des doigts peut signifier une grande qualité de la baguette au jeu. Mais cette usure ne doit pas être trop importante sous peine du coût conséquent d'une restauration.
La baguette doit être droite et parfaitement cambrée, sans contre cambre au collet.


4 -  Le poids de l'archet doit être raisonnable (normes XXIe siècle) :
  • 59g à 61,5g pour un archet de violon
  • 69g à 72g pour un archet d'alto
  • 79g à 82g pour un archet de violoncelle
 5 - Attention: augmenter artificiellement le poids d'un archet trop léger peut nuire gravement à l'équilibre de celui-ci. L'équilibre est essentiel au jeu et au confort du musicien. Ni trop en pointe ni trop vers la hausse. Avec un équilibre parfait, les attaques sont fermes et la phrase musicale peut être soutenue avec une force égale d’un bout à l’autre de la baguette. Le tiré et le poussé ont la même vigueur et les changements de direction de l’archet sont inaudibles.

6 - Le poids de l'archet est souvent conditionné par la grosseur de la baguette. A qualités de jeu et nervosité égales entre deux archets, il est préférable de choisir la baguette la plus fine.

7 - La nervosité d'une baguette influe l'usure globale de l'archet. Très nerveuse, elle peut contraindre le musicien à changer souvent la mèche de son instrument.

Enfin, pour choisir SON archet, ne jamais se laisser influencer ni par le prix, ni par l'auteur de l'archet, ni par des conseils non argumentés...

(Sources: Frédéric ABLITZER, Nicolas DAUCHEZ, Jean-Pierre DALMONT, Nelly POIDEVIN, Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 19 novembre 2014

Histoire des archets : Ange de St PRIEST

Ange de Saint-Priest est un directeur de publication de la première moitié du XIXe siècle, seul signataire de l'édition collective intitulée Encyclopédie du dix-neuvième siècle 1836-1853.

Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts (avec sa biographie de tous les hommes célèbres), l'Encyclopédie du dix-neuvième siècle (Tome 3) retrace une partie de l'histoire des archets, leur aspect physique et leurs façons de les utiliser.

Extraits :

"...Depuis le XVIe jusqu'au XIXe siècle, la forme et la longueur de l'archet ont beaucoup varié. Du temps d'Alphonse della Viola, en 1555, la baguette de l'archet était beaucoup plus cintrée qu'elle ne l'est de nos jours, et ressemblait davantage à l'arc des arbalétriers, à l'imitation duquel l'archet a pris et sa forme et son nom. En 1660, l'école de Lully employait un archet beaucoup plus court que celui en usage en Italie dans le siècle précédent. Tartini, le créateur de l'art du violon ultramontain,et qui florissait en 1700, mit à la mode un archet à baguette plus longue, mais moins fourni de crins. Ce n'est que depuis l'arrivée de Viotti en France, vers 1797, que l'archet, tel que nous le connaissons aujourd'hui, a été adopté par toutes les écoles de violon européennes. On peut, sans craindre d'avancer une erreur, attribuer à la forme actuelle de l'archet les progrès incessants de nos violonistes français, qui, depuis le commencement de ce siècle, occupent le premier rang parmi ceux de toutes les nations civilisées.

Autrefois, comme nous l'avons dit, la baguette de l'archet était plus courte, ce qui privait de tirer du violon ces sons longs et soutenus qui le disputent à ceux de la plus belle voix humaine, dont l'instrument roi se pose le rival quand c'est l'archet d'un Paganini, d'un Baillot ou d'un Bériot qui le fait chanter.
Il est presque inutile de faire remarquer que la baguette de l'archet a plus ou moins de longueur et de diamètre suivant le volume de capacité de l'instrument à cordes auquel il est destiné. Ainsi la pochette a un archet de 7 pouces* de long; celui du violon est de 27 pouces* 1/2; celui de l'alto a la même dimension; celui du violoncelle n'est que de 25 pouces* 1/2; et enfin l'archet de la contre-basse n'est que de 16 pouces*, et sa baguette est très grosse, a cause de la résistance que présentent les cordes épaisses de cet instrument quand on les met en vibration.


L'art de l'archet est ce qu'il y a de plus long et de plus difficile à acquérir dans la pratique du violon. Pour posséder parfaitement cette partie importante, il faut avoir égard à la tenue, à la division et aux différents coups d'archet...
"


*Pour mémoire, la mesure des dimensions des archets de cette fin de 18e siècle est exprimée en pouce et non en millimètres (un pouce = 12 lignes = 27 mm)

(Sources : Wikipédia - Gallica / BnF - Google livres - aviatechno.net - recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 13 novembre 2014

mercredi 12 novembre 2014

Bois de poirier : l'usurpateur

"Le Poirier est un des bois les plus agréables qu’on puisse rencontrer pour tous les arts. Il est doux, liant, sans nœuds ni gerçures, très uni, très égal, d’un grain fin ; il se rabote et se coupe facilement dans tous les sens. Il est susceptible de recevoir le plus beau poli, et sa couleur rosée est veinée de filets d’un rouge-brun très vif, et quelquefois d’un beau noir. Il possède au plus haut degré la qualité de ne jamais se gauchir; aussi l’emploie-t-on pour des règles, des équerres, des modèles de machines et de fondeurs, planches d’imprimeurs sur indiennes et sur papiers peints. Il est également très recherché pour la sculpture; son seul défaut est d’être, avec le temps , attaqué par les vers. Comme bois de tour, c’est un des plus agréables à travailler, et l’alisier est peut-être le seul que l'on puisse lui préférer. Il se coupe avec une facilité et une netteté surprenantes; il prend admirablement les pas de vis et les moulures les plus délicates.
On le teint facilement en noir et il imite alors l'ébène à s'y méprendre.
En un mot, il n'est pas d'ouvrage de tour auxquels on ne puisse l'appliquer avec succès. Le poirier-sauvageon semble encore réunir à un plus haut degré toutes les qualités qui viennent d'être énumérées.
"

Encyclopédie RORET - TOURNEUR - Tome Premier (1858)

"...Il n'y a guère que la teinture en noir sur poirier, pour imiter l'ébène, qui soit généralement employée, parce que l'ébène artificiel qu'on obtient rivalise avantageusement avec le bois véritable."...

Encyclopédie du commerçant / GUILLAUMIN (1841)




(Sources : Google livres - Les Fils de J. George - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

jeudi 6 novembre 2014

Nouvelle définition de l'archet - Eustache Marie Pierre Marc Antoine Courtin (1824)

Eustache-Marie (-Pierre-Marc-Antoine) COURTIN, né à Saint-Pierre-sur-Dives (14 - CALVADOS) en 1769 et mort à Garches (92 - HAUTS-DE-SEINE) le 22 février 1839, est un magistrat et haut fonctionnaire français.

En 1811, Napoléon Ier le nomma avocat général à la cour impériale de Paris, puis procureur impérial près le tribunal civil. C'est en cette qualité qu'il organisa la Police judiciaire d'après le nouveau Code criminel et qu'il reçut de Napoléon la décoration de l'Ordre de la Réunion. Il fut nommé chevalier de l'Empire le 19 juin 1813.

Tout en continuant à exercer sa profession d’avocat, il dirigea la publication de l’Encyclopédie moderne, dont les 24 volumes parurent entre 1824 et 1832, à Paris, chez Mongié ainé 18 Bd Poissonière et au Bureau de l'Encyclopédie, 24 rue Neuve Saint Roch ; simultanément une 2e édition eut lieu à Bruxelles, chez Lejeune, Rue des Eperonniers, augmentée d'articles biographiques, tous écartés de l'édition parisienne. L'ouvrage fut plus tard réédité avec un supplément par Duménil libraire, rue des Beaux Arts en 1841-1842, puis une nouvelle fois chez Firmin Didot entre 1861 et 1865 sous la direction de Léon Renier ; ces deux éditions suivent le plan original et n'intègrent pas les biographies. Avec la Nouvelle Biographie générale de Ferdinand Hoefer, qui en fut le complément, cette importante publication, qui réunit plus de dix mille souscripteurs, fut considérée comme le répertoire encyclopédique le plus exact de son époque.

Trompette marine
"ARCHET. (Musique.) Petite machine qui sert à faire résonner les cordes de plusieurs instruments de musique, tels que la pochette, le violon, la viole d’amour, l’alto ou quinte ou viole, le violoncelle ou basse , et la contre-basse ; ainsi que d’autres instruments de musique qui ne sont plus en usage, tels que le rebec des Celtes, la trompette marine, le kakoula des habitants de la côte de Guinée, etc.

L’archet, ordinairement, est fabriqué en bois dur ; sa longueur est habituellement calculée sur celle que peut parcourir dans son développement l’avant-bras de l’exécutant, dans le va-et-vient, lorsqu’il le promène sur les cordes de son instrument pour en tirer des sons.

La petite baguette dont l’archet est composé est un peu recourbée à l’une de ses extrémités; à l’autre extrémité, celle qui doit se trouver sous les doigts de l’exécutant, se trouve placée une petite pièce de bois ou de toute autre matière, ayant la forme d’un carré long, et que l’on nomme hausse. Cette hausse doit être placée sur la baguette de manière à faire corps avec elle , mais pourtant de façon à pouvoir être mise en mouvement à volonté par le moyen d’une vis de rappel placée intérieurement, et que l’on fait mouvoir avec un bouton mis à cet effet à l’extrémité de la baguette où la hausse se trouve placée. Un faisceau de crins d’environ 80 ou 1oo brins se trouve attaché et fixé aux deux extrémités de la baguette; la vis qui fait mouvoir la hausse sert à tendre à volonté ce faisceau; et pour que l’archet touche plus vivement les cordes, on en frotte les crins avec de la colophane.

L’usage de l’archet appartient-il exclusivement aux temps modernes ? L’antiquité en connaissait-elle l’usage ? C’est une question qui n’est pas entièrement résolue: jusqu’à ce jour l’opinion ‘qui semble avoir prévalu est celle où l’archet est classé parmi les inventions du moyen âge. Cependant le plectrum des anciens , espèce de baguette aussi, dont ils faisaient usage pour faire résonner les cordes de la lyre, ne leur servait-il qu’à frapper ces mêmes cordes pour en tirer des sons? et quelquefois, ne fût-ce même que par hasard, l’artiste observateur n’a-t-il donc pas pu. laissant par distraction traîner son plectre sur les cordes de la lyre, remarquer la différence des vibrations obtenues par le frottement ou par le frappé? S’il est possible que ce petit événement ne soit jamais arrivé, au moins il n’est pas invraisemblable de croire qu’il a dû ou qu’il a pu avoir lieu. ’
Mais ce qui, surtout, pourrait aider à résoudre ce problème, serait de recueillir avec soin tous les documents propres à nous convaincre de l’ancienneté de l’usage de l’archet, tels que ceux qu’on peut trouver dans les Tableaux de Philostrate, où l’on voit sur un puits antique un bas-relief représentant un musicien jouant de la lyre avec un archet. L’on trouvera aussi dans les antiquités recueillies par Maffei un autre bas-relief, où l’on voit aussi un Orphée charmant les hôtes des forêts aux sons de sa lyre, dont il joue avec un archet. Beaucoup d’auteurs latins, en parlant du plectrum des Grecs, ont souvent dit plectrum crinitum, et dans ce cas ils n’ont pas dit qu’on en frappait les cordes, mais qu’on l’y promenait avec force ou avec douceur, selon la nature des effets que l’on voulait produire.

On connaît encore des vers latins composés en l’honneur d’un célèbre musicien grec; l’on y dit qu’Apollon, satisfait de ses chants, lui fit don d’un plectre dont la baguette avait été faite avec l’une des branches du laurier de Daphné, et qu’il était armé d’un faisceau formé des crins de Pégase.
On a aussi, dans les découvertes d’objets appartenant à l’antiquité, trouvé des plectres de différentes matières, en bois, en ivoire , en écaille et en métal , et plusieurs dont les extrémités de la baguette étaient recourbées, et disposées de manière à faire reconnaître qu’un corps étranger avait dû y être attaché : cette dernière circonstance pourrait seule donner de grandes préventions en faveur de la similitude qui semble exister entre le plectrum des anciens et notre archet moderne.
Les instruments de musique à cordes et à archet doivent être placés en première ligne dans la hiérarchie instrumentale, par la raison qu’avec le secours de l’archet ils ont , ainsi que la voix humaine, la faculté de renforcer, de diminuer, d’adoucir, et surtout de prolonger les sons. L’archet est donc le principe vivifiant des instruments dont il fait partie; les ressources qu’il offre aux exécutants sont infinies, et son étude est pour eux d’une haute importance, car c’est toujours à l’habile conduite de ce gouvernail des sons que l’on reconnaît le mérite de l’exécutant; et c’est la possession de cette habileté qui peut seule lui donner le droit de prendre le titre de virtuose. ll. B."

(Sources : Wikipédia - Google livres - Google Maps - Recherches Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

vendredi 31 octobre 2014

"Evocation" : un archet avec du caractère

Présenté au Salon de la Lutherie à Tokyo, ce nouvel archet de l'Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers allie pureté et sobriété, en l'absence de toute décoration superflue et ce, dans une parfaite clarté des formes.
Entièrement réalisé à la main, il aura nécessité une réflexion de près d'un an avant d'en définir une idée précise, idée déclinable en différents modèles du quatuor (violons, alto, violoncelle) et en utilisation de matériaux (or ou argent).

"Évocation" : Action de rappeler quelque chose d'oublié, de rendre présents à l'esprit des souvenirs (Larousse)



mercredi 22 octobre 2014

Les Grandes Usines : THIBOUVILLE LAMY / Julien TURGAN



Julien TURGAN (1824-1887)

Médecin de formation, Julien Turgan est interne des hôpitaux. Il se signale en 1848 par ses actes de dévouement lors des journées de juin puis lors de l'épidémie de choléra qui les suit. La même année, il entre comme rédacteur scientifique au journal "L’Événement" fondé par Victor Hugo, où il rédige les comptes rendus des séances hebdomadaires de l'Académie des sciences. Il devient rédacteur scientifique au journal "Le Bien-être universel" d'Emile de Girardin, et crée lui-même un journal de vulgarisation scientifique, "La Fabrique, la ferme, l'atelier" (1851–1853).

En 1852, il est nommé, avec Paul Dalloz, directeur adjoint du "Journal officiel". Il quitte ce poste en 1858, puis collabore à "La France" à partir de 1876. Pendant la guerre de 1870, il est chargé d'une mission auprès des usines d'armement par Léon Gambetta, alors ministre de l'Intérieur et de la Guerre.

Outre "Les Grandes usines", Julien Turgan a écrit "Les Ballons, histoire de la locomotion aérienne", 1851, et "Etudes sur l'Exposition universelles de 1867", 1868.
("Les Ballons, histoire de la navigation aérienne depuis son origine jusqu'à nos jours, par Julien Turgan, Plon frères", Le Conservatoire national des arts et métiers, 1851, 1e année, p. 198-200 ; LAROUSSE, Pierre, Le Grand dictionnaire universel du 19e siècle, 1864-1876 ; "Notice nécrologique de Julien Turgan", La Nature, 1887 ; La Science pour tous, dir. Bruno Béguet, Paris, CNAM, 1990 ; WORONOFF, Denis, Histoire de l'industrie en France, 1994).

Geneviève Deblock (CNAM - mai 2002)

Dans l'étude "Les Grandes Usines", Julien Turgan présente les "Établissements Thibouville-Lamy - Manufacture de cordes d'harmonie et d'instruments de musique" Vous trouverez sur ce lien un descriptif et quelques photos de la plus importante fabrique d'instruments du début 20eme siècle, bien connue du monde de la lutherie et de l'archèterie.

(Sources : Conservatoire Numérique des Arts et Métiers - Gallica/BnF - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 15 octobre 2014

L'archet contemporain est il toujours "moderne" ?

Archet "Le Concertant"
Vers 1839, on parle de l'archet aux dimensions finalisées par les Frères TOURTE comme étant "l'archet moderne". Mais la modernité n'est rien d'autre que ce qui s'inscrit dans une époque : art, histoire, comportements sociaux-culturels et psychologiques. Chaque époque a sa propre caractéristique qui permet à la fois de la définir mais aussi de la différencier d'une autre époque.

 



Archet "Insula Oya"
L'archet contemporain est il toujours "moderne" ? Si on considère que l'aspect physique du musicien (sa taille), son comportement social (son mode de vie) et son environnement (informatisation des outils de communication)  ont évolué de 1 à 10, alors l'archet contemporain appartiendrait au passé.
Il est demandé à l'archet d'être bon voir excellent au jeu. Mais l'archet contemporain nécessite une donnée supplémentaire : il doit être beau.
Beau dans sa conception, dans le choix de ses matériaux, dans ses références aux Grands Maitres sans en être une pâle copie, bref, dans son caractère.
 

Archet "S.R."
Comme pour la peinture, l'archet contemporain appartient à un courant, à une école... La modernité est ce qui demeure "immuable" et "éternel" puisque l'Homme reste acteur et moteur de son environnement.
L'archet "moderne" de violon a été conçu pour un poids de 55g (1835). Son point d'équilibre est donc relatif. L'archet contemporain de violon doit offrir au musicien un poids de 60-61g (2014).

 


Si l'Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers reste attaché à proposer à ses clients des archets anciens de Grands Maitres et de haute facture, il entame une véritable réflexion sur l'aspect de l'archet contemporain en conservant les certitudes tout en se débarrassant des approximations...

(Sources: Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 8 octobre 2014

MATA ATLÂNTICA : terre d'archet...

Au Brésil, la Forêt atlantique (mata atlântica en portugais) est une formation végétale de type forêt tropicale humide. Elle s'étendait tout au long du littoral du pays, du Rio Grande do Sul au Rio Grande do Norte. C'est un hot-spot de biodiversité d'importance mondiale.

Son étendue originale était d'environ 1 290 700 km², soit 15 % du territoire brésilien actuel. Il n'en reste aujourd'hui que 95 000 km², c'est-à-dire 7,3 % de sa superficie initiale.

Elle couvrait d'importantes espaces de montagnes et collines dans les hauts-plateaux (dont la région de Pernambouc, chère à la fabrication des archets). Dans les régions du sud, elle arrivait jusqu'en Argentine et au Paraguay. À cause de la déforestation, principalement depuis le XXe siècle, elle se trouve aujourd'hui extrêmement réduite en superficie, et constitue une des forêts tropicales les plus menacées au monde. Malgré son étendue réduite à quelques fragments, globalement discontinus, la biodiversité de son écosystème est extrême.


Pour lutter contre cette déforestation, les chercheurs brésiliens de "l'Instituto Terra" recréent de la biodiversité en fournissant jusqu'à un million de plants par an de plus de 350 espèces de la forêt Atlantique. Différentes espèces d'animaux et de plantes sont revenues s'installer dans ce nouveau refuge...



(Sources : Wikipédia - universcience.tv / Thibault Rossigneux et Cyril de Fouquières - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers)

mercredi 1 octobre 2014

La galalithe : la pierre de lait au service des archets

Si vous êtes musiciens ou professionnels des instruments de musique et que vous voyagez par travers le monde, vous avez du ou vous allez rencontrer quelques difficultés avec les douanes de certains pays "allergiques" aux éléments en ivoire d'éléphant ou de mammouth de votre archet (ou de vos instruments)...

Le problème de l'ivoire n'est pas nouveau et c'est en fin du 19eme siècle - plus précisément en 1893 - qu'un chercheur français, Auguste TRILLAT, chimiste de l'Institut Pasteur expérimente un nouveau procédé, mélange de lait et de formol, qui insolubilise la caséine du lait.

En 1897, la découverte est brevetée en Allemagne par Wilhelm KRISCHE et le chimiste autrichien Adolf SPITTELER (1846–1940) sous le nom de "Galalithe" (Casein Plastic). Appelée également "Pierre de lait", son procédé d'obtention a été affiné au début du XXe siècle.


Couteaux BORSON - Savoie
Elle fut beaucoup utilisée dans les années 1920-1930 pour réaliser des bijoux. Les établissements A. BONAZ à Oyonnax (France) et Jakob BENGEL en Allemagne furent les deux grands utilisateurs de cette matière pour réaliser de magnifiques et typiques bijoux Art déco.

Il reste cependant quelques artisans qui l'utilisent encore. En effet les qualités de la Galalithe sont là : biodégradable, anti-allergique, antistatique mais surtout sa grande possibilité d'être teinte.

Pour info : aujourd'hui, la Galalithe est employée par les faussaires pour imiter l'ivoire car son aspect en est assez proche.

Mais cela reste un bon palliatif pour les plaques de tête de vos archets et pour tous les éléments en ivoire qui viendraient à poser problèmes aux douanes du monde entier (faire préciser la matière sur vos factures).

Vous trouverez ici une recette sommaire pour fabriquer de la Galalithe soi-même (mais cela ne reste qu'une expérience)...

(Sources : Wikipedia -  Couteaux BORSON - Institut Pasteur - Rondi - Schoenlaub Galalith - Gallica / BnF - Atelier Sandrine RAFFIN - Archetiers