mercredi 18 septembre 2013

Jules VERNE et l'archet : un voyage extraordinaire


Jules VERNE, né le 8 février 1828 à NANTES (44) - au 04, Cours Olivier de Clisson - et mort le 24 mars 1905 à AMIENS (80), est un écrivain français dont une grande partie des œuvres est consacrée à des romans d'aventures et de science-fiction (ou d'anticipation).

Il est le fils de Pierre VERNE (originaire de PROVINS - 77), avoué, et de Sophie ALLOTE de la FUŸE, née d’une famille bourgeoise nantaise de navigateurs et d’armateurs.

En 1893, Jules VERNE publie dans "Le Figaro illustré" l’histoire de Monsieur Ré Dièse et Mademoiselle Mi Bémol. Cette nouvelle raconte comment un organiste fou tente de transformer une chorale d’enfants en registres d’orgue. L’auteur rêve d’une adaptation musicale de son récit mais il faut attendre cent ans pour que la compositrice Graciane FINZI et le librettiste Gilbert LEVY s’en emparent et en tirent un opéra, Le Clavier fantastique.

Jules VERNE a écrit le texte de nombreuses mélodies, chansons et opérettes. La musique est aussi présente dans plusieurs de ses romans jusqu’à devenir le sujet même de l’histoire dans Monsieur Ré Dièse.
Il évoque son admiration pour de très grands musiciens : Mozart, Beethoven (1770-1827), Offenbach (1819-1880), Mendelssohn, Halévy, Meyerbeer, Haydn, Onslow (1784-1853), Massenet, Audran et Lecoq….etc. mais il déteste Wagner et le fait savoir !
 
L'archet tient une place importante dans l’ouvrage de l’auteur  et semble être, selon Jules VERNE, un élément essentiel pour le musicien.

Quelques extraits :

Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873) :

"...Mais la brise ne mollissait pas. Au contraire. Elle soufflait à courber le mât, que les haubans de fer maintenaient solidement. Ces filins métalliques, semblables aux cordes d'un instrument, résonnaient comme si un archet eût provoqué leurs vibrations. Le traîneau s'enlevait au milieu d'une harmonie plaintive, d'une intensité toute particulière.

"Ces cordes donnent la quinte et l'octave" dit M. Fogg..."

Michel Strogoff (1876) :

"...Une nuée de danseuses fit alors irruption sur la place. Divers instruments tartares, la "doutare", mandoline au long manche en bois de mûrier, à deux cordes de soie tordue et accordées par quarte, le 'kobize", sorte de violoncelle ouvert à sa partie antérieure, garni de crins de cheval mis en vibration au moyen d'un archet..."

Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1879) :

"...Des miaulements, des gloussements, sans mesure et sans tonalité, s’élevant en notes aigües jusqu'aux dernières limites de perception du sens auditif ! Quant aux instruments, violons dons les cordes s'enchevêtraient dans les fils de l'archet..."

L'Ile à hélice (1895):

"...C'est Yvernès, qui, son violon tiré de l'étui, le fait vibrer sous la puissante caresse de l'archet. Une idée de génie ! Et pourquoi des musiciens n'auraient-ils pas demandé leur salut à la musique ? ..."

Ces romans constituent une partie de l'œuvre des "Voyages extraordinaires" qui ont fait la renommée de l'auteur.
A suivre...
 
(Sources : wikipedia - Google Livres - Centre International Jules Verne - Google maps - Orchestre National IDF - Gallica/BNF - Bibliothèque et documents privés)

mercredi 11 septembre 2013

Panorama pittoresque de la France : MIRECOURT et l'ancêtre du guide touristique


Panorama Pittoresque... 1839
En 1839 était publié le « Panorama pittoresque de la France » chez Firmin-Didot Frères, Editeurs.

Ancêtre des Guides du Routard ou bien encore des Guides Verts Michelin, chaque tome comportait des cartes routières et un descriptif des villes à visiter, par région, par département et par «arrondissement » (canton).

C’est ainsi qu’on peut y lire :

 

« MIRECOURT. Jolie petite ville. Chef-lieu de sous - préfecture. Tribunaux de 1ère instance et de commerce. P. 5,574 h.*

Le nom de cette ville est attribué au culte que ses anciens habitants rendaient à Mercure. On a trouvé des autels dédiés à ce dieu sur les collines qui environnent la ville, à l'extrémité d'une vaste muraille dont on voit encore des débris et qui, à une époque très-reculée, défendait ce côté des Vosges. Au XVe siècle la ville de MIRECOURT appartenait aux comtes de Vaudémont ; elle était fortifiée et avait un bon château. Sous Charles VII, elle fut prise par LAHIRE. En 1670, le maréchal de Créqui la prit aussi, en détruisit les fortifications et en abattit le château.

MIRECOURT / Phonothèque
Mirecourt est dans une situation assez agréable sur le MADON ; mais elle est mal bâtie, mal percée, et n'offre aucune construction digne d'une remarque particulière. Cette ville possède une petite bibliothèque publique renfermant 7,000 volumes.

Fabriques importantes de dentelles et de tulles en fil.
Centre d'une fabrique renommée de violons, basses, guitares, orgues portatives, serinettes et autres instruments de musique, qui occupe dans la ville et dans les villages voisins plus de 6,000 ouvriers.

A  7 I. 1 /2 d'Épinal, 11 l. de Bourbonne, 88 l. 1/2 de Paris. »


A noter :

- En 1839, 6 000 personnes travaillent, de près ou de loin, pour la lutherie et l’archèterie  à MIRECOURT et en ses environs.
(Dominique PECCATTE et Jean-Baptiste VUILLAUME en sont les ambassadeurs à PARIS)
 
- *Population de MIRECOURT : 5 574 habitants

- A proximité de MIRECOURT : MONTHUREUX sur SAONE et sa fabrique de limes.

- Unité de mesure : 1 lieue (l.) = 4 kilomètres


Firmin DIDOT
- Firmin Didot, né à Paris, en 1764, second fils de François-Ambroise Didot, s'est fait un nom célèbre comme littérateur, comme imprimeur, comme graveur et fondeur en caractères, et comme fabricant de papier. En 1789, il succéda à son père pour la fonderie, qu'il avait enrichie de types élégants.
Il inventa, en 1795, un procédé de stéréotypage, qu'il appliqua aux Tables de logarithmes de CALLET.  À l'exposition des produits de l'industrie de 1798, il présenta des éditions stéréotypes exécutées par son nouveau procédé.
Il fut nommé imprimeur de l'Institut de France le 16 octobre 1811, et imprimeur du roi le 1er avril 1814 ; il obtint seul, et ensuite avec ses fils, six fois la médaille d'or aux expositions de l'industrie.
Firmin Didot céda à ses fils, en 1827, son immense maison de commerce, où se trouvaient réunies une fonderie en caractères, une fabrique de papiers, une imprimerie et une librairie.

Le nom d’enseigne devient alors Firmin-Didot Frères.
 
(Sources : wikipedia - Google livres - Google Maps - textesrares.com - phonoteque)

jeudi 5 septembre 2013

Un archet - un auteur : Emile Auguste OUCHARD

Archet d'alto - E.A OUCHARD
Les fortes personnalités sont souvent sources de désaccord au sein d'une même famille d'archetiers. Ainsi, Émile François OUCHARD mettra un terme à la collaboration avec son fils, les querelles entre les deux obligeant même Émile Auguste OUCHARD à s'installer seul à Paris.

Émile Auguste OUCHARD, né en juillet 1900  à MIRECOURT (88 - Vosges), reçoit l' apprentissage de son père, archetier et, très probablement, excellent pédagogue.


Extrait catalogue E.A OUCHARD Fils
Mais les discordances entre père et fils et le fort égocentrisme du premier mettent un terme en la collaboration des deux.
Vers 1941, Émile Auguste dit E.A. OUCHARD Fils part s'installer au 54 rue de Rome  dans le 8eme arrondissement de Paris. Il y développe ses activités d'archetier et se fait un prénom.
Fort de cette expérience, Émile Auguste s'empare du rêve américain et va s'installer à New-York. Il y restera quelques temps avant de revenir en France.









Archet d'alto E.A OUCHARD
Il s'installe à GAN dans le sud de la France où il y décède en février 1969.
La qualité de ses archets n'est plus à démontrer. Nombreux sont ceux qui veulent acquérir, aujourd'hui encore, un archet signé Émile Auguste OUCHARD.








(Sources : Google Maps - luthiers-mirecourt.com - "L'archèterie Française" par Étienne Vatelot - recherches et photos internes)

mercredi 4 septembre 2013

Giovanni Battista BASSANI et les fonctions de l'archet

Giovanni Battista BASSANI nait en 1647 à PADOUE (Italie).

Giovanni Battista BASSANI est un disciple de Giovanni LEGRENZI et de Daniele da CASTROVILLARI et a pour professeur de violon Giovanni Battista VITALI.
Après la publication de son opus 1 "Sonata de camera a tre" en 1677, il devient membre de la célèbre Accademia Filarmonica de BOLOGNE, de laquelle il est "Il Principe" en 1682.
À partir de 1685 il devient Maître de chapelle (maestro di cappella) à l'Academia de FERRARE; en 1688 il devient aussi organiste et maître de chapelle à la cathédrale. De 1712 jusqu'à son décès il reste maître de chapelle de la cathédrale de BERGAME.

Les œuvres de BASSANI connues sont deux opus de sonates en trio, 11 opéras, 12 oratoires, des cantates, motets et messes. Un exemplaire de sa collection "Acrona Missale" fut trouvé dans le patrimoine de Johann Sebastian BACH.

Comme beaucoup de ses collègues violonistes de l'époque, il a essayé d'améliorer les fonctions de l'archet. Il fut l'un des premiers à demander une forme légèrement concave de la baguette et un système de réglage de tension des crins.
Il sera l'un des principaux maitres de violon d' Arcangelo CORELLI.

Giovanni Battista BASSANI décède à VENISE en octobre 1716.

(Sources : François Joseph FETIS - Journal général de la littérature de France - Wikipedia - Google Livres - Guide du Routard - italia.it - sculfort.fr)