jeudi 29 août 2013

Jacob EURY, fabricant d'archets répertorié

Le support des multiples éditions de "l'Almanach du Commerce de Paris et des principales villes du monde" reste précieux pour inventorier, à différentes époques, les fabricants d'archets installer à Paris.

La France, qui émerge de la Révolution, présente une uniformité administrative qu’elle n’a jamais connue auparavant. De cet espace désormais entièrement ouvert à l’esprit d’entreprise, il reste à donner un tableau statistique utile qui puisse être mis à jour en permanence. C’est à confectionner ce nouvel outil et à le perfectionner que va œuvrer Jean de la TYNNA puis Sébastien BOTTIN.

baguette de Jacob EURY
Chaque corps de métier ayant été répertorié, on peut ainsi localiser les fabricants d'archets. Tourte, Sirjean, Eury, Lafleur, Baroux et bien d'autres trouveront leur place dans cet outil cher aux historiens...








Hausse en copie sur baguette EURY
Jacob EURY (1765 - 1848), né à MIRECOURT dans les Vosges, a travaillé au au 24 rue de Thionville puis au 20 rue des Lyonnais (St Jacques)*

Jacob EURY laisse derrière lui une collection d'archets de très haute facture, fortement appréciée des collectionneurs et musiciens confirmés.


* selon almanachs de 1800 à 1820



(Sources : Gallica/BNF - Google Livres - Google Maps - Wikipedia - www.corpusetampois.com)


mercredi 28 août 2013

TOURTE et la Princesse de LAMBALLE | "si Versailles m'était conté"


Les recherches historiques sur les archets nous amènent parfois à d'étranges découvertes.

Ainsi, dans "L'anatomie des instruments de musique" d' Ernestine André van HASSELT (Georges BALAT, Editeur à Bruxelles - 1899), quelques lignes anecdotiques² consacrées à TOURTE (décrit comme "fils cadet" donc probablement François-Xavier) ont retenu notre attention :




..."C'est de l'Arabie que nous vinrent les premières modifications apportées à l'archet ; façonné comme un arc, il ne prit sa forme normale que vers le XVIe siècle. C'est en 1775 qu'un ouvrier habile, nommé Tourte*, natif de Paris, prit à cœur de fabriquer des archets d'une grande souplesse et d'un joli travail ; toutefois, la rénovation devait venir du fils cadet de Tourte. Celui-ci ne montrant aucun penchant pour la lutherie, fut placé chez un parent horloger. La réparation des horloges ouvrit au jeune homme les portes des salons de l'aristocratie française ; et il fut appelé à Versailles pour l'arrangement des pendules de Louis XVI ; il y rencontra l'aimable princesse de Lamballe, surnommée l'ange par son entourage : elle lui confia un bijou de famille dont le mécanisme réclamait des soins.
Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan
Princesse de Lamballe
L'heure de la Révolution vint à sonner ; la confidente de Marie-Antoinette partagea sa captivité. Tourte se rendait au temple pour rapporter la montre à sa propriétaire, lorsque, chemin faisant, il se trouve mêlé à la cohue du peuple en révolte. Tout à coup, ses yeux se fixèrent sur une pique surmontée d'une tête blonde et bouclée, admirablement belle. L'apprenti horloger jeta un cri et s'évanouit : il venait de reconnaitre la princesse de Lamballe. Le jeune homme demeura longtemps malade ; lorsqu'il revint à la vie, il renonça à l'horlogerie et conserva comme une relique la petite montre merveilleuse. Dès lors, il rentra dans l'atelier de son père et s'appliqua à perfectionner l'archet. Ses premiers essais furent faits avec du bois provenant de douves** et se vendirent 20 et 30 sous. Il ne tarda pas à reconnaitre que le bois de Fernambouc (du Brésil) seul réunissait les qualités voulues ; mais la beauté du bois, la supériorité du travail rendaient l'archet d'un prix élevé.
Tourte sciait lui-même les bûches pour obtenir le droit fil ; il fixa les dimensions de l'archet, donna un soin minutieux aux crins dont sa fille*** faisait le triage. Tourte mourut à 88 ans, Vuillaume, de Paris, lui succéda dans la fabrication de l'archet auquel la colophane donne le mordant nécessaire"...

Ernestine André van HASSELT est la fille d' André van HASSELT, poète belge.

² Pour info : Une anecdote ne privilégie pas particulièrement la vérité historique (peu de vérification) et est très souvent relatée. Mais l'anecdote est toujours proche d'une forme de vérité.

*Tourte Père donc probablement Nicolas Pierre TOURTE.
**Ces « essais » sont souvent authentifiés comme étant "Ecole de Tourte".
*** Félicité Marie Jeanne TOURTE  (1787 – 1840)
"Si Versailles m'était conté" (Royal Affairs in Versailles) : film de Sacha GUITRY - 1954

(Sources : Texte réimprimé à l'original en français provenant des collections de « University of Michigan Library » - wikipedia – Google Livres)

jeudi 22 août 2013

Un archet - un auteur : Roger-François LOTTE, fils et petit-fils d'archetiers

Roger-François LOTTE nait en 1922 à MIRECOURT d'un père archetier, François LOTTE, de Marguerite OUCHARD, fille de l' archetier Emile-François OUCHARD. Il aura pour tantes Madeleine Maria Augustine OUCHARD qui sera factrice d’archets pour le compte de l’atelier OUCHARD et Marie Thérèse OUCHARD qui épousera Paul MORIZOT – Facteur d’archets chez Louis MORIZOT Frères.


En 1960, il reprend l'atelier paternel.
Il est alors installé au 14 Quai du Breuil à MIRECOURT

Roger-François fabriquera des archets pour DEBLAYE, APPARUT, MOUGENOT, VATELOT, MILLANT, etc.

Il décède en 1989 dans sa ville natale.

(Sources : Musée Lutherie Mirecourt - AD88 - documentation interne - wikipedia - Google livres - Google maps)

mercredi 21 août 2013

Quand MOZART parle des archets...

L'histoire de l'archet moderne est bien plus complexe qu'il n'y parait et ne peut pas être attribué qu'à un seul homme...
La démonstration a déjà été faite ici que plusieurs musiciens, luthiers et autres faiseurs d'archets ont, au cours du 18eme siècle, participé à l'évolution dudit archet.
Les archets de violon eurent des formes et des grandeurs différentes, sous Corelli et ses contemporains, sous Tartini, Locatelli, Geminiani et Cristiani, sous Frenzel Père* et Cramer , et sous Maestrino.
Si les noms de VIOTTI ou de CARTIER reviennent souvent dans l'histoire de l'instrument, comment pourrait on écarter la famille MOZART de la transformation de l'archet ?

*Ignaz Fränzl

En 1756, année de naissance de Wolfgang Amadeus, Léopold MOZART, son père, écrit le fameux "Traité en vue d'une méthode fondamentale pour le violon" (Versuch einer gründlichen Violinschule). Une méthode de violon qui sera traduite dans toute l'Europe et qui est, aujourd'hui, une des principales sources pour l'exécution authentique des œuvres du 18e siècle.
« Chaque son, même l’attaque la plus puissante, a une petite douceur, à peine audible, au début de chaque coup d’archet ; ce ne serait autrement pas un son mais un bruit déplaisant et inintelligible. C’est pourquoi on doit savoir partager entre force et faiblesse et ainsi, au moyen de la pression et du relâchement, produire les notes de façon à ce qu’elles soient belles et mouvantes. »

Seul Léopold MOZART parle de vitesse d’archet. La totalité du bras n’intervient pas. C’est l’avant-bras qui mène l’archet, ou le poignet dans les passages rapides.

Entre Noël et jour de l'an 1763 Léopold Mozart présente ses deux enfants, Wolfgang et Nannerl, à la cour de France. Le jeune virtuose donne un concert devant la famille royale et, le 1er janvier 1764, la famille Mozart est invitée au Grand Couvert. Wolfgang est placé près de la Reine, qui lui parle en allemand et traduit ensuite tous leurs échanges au Roi.

Avant leur départ pour l'Autriche, en février 1764, Léopold et ses enfants portent à la cour, deux sonates pour clavecin et violon. L'une d'elle est dédiée à Madame Victoire, claveciniste hors pair. Ils ont très vraisemblablement été reçus, pour l'occasion, dans le grand cabinet de la princesse, où sont aujourd'hui présentés les deux clavecins de Blanchet et Rückers. Le recueil, très longtemps conservé dans la bibliothèque de Madame Victoire, se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France. (chateauversailles.fr)


Wolfgang Amadeus MOZART débute sa vie de musicien par l'apprentissage du violon qu'il exécute avec un archet dit "baroque". Son inventivité permanente le fait s'intéresser à l'évolution des instruments et le fera rencontrer un certain Wilhelm CRAMER  - violoniste dont un modèle d'archet porte son nom - ainsi qu'Igaz FRÄNZL - compositeur et violoniste virtuose allemand de l' Ecole de MANNHEIM.
Bien plus tard, Wolfgang Amadeus se portera au secours de son ami VIOTTI. L'estime où le tenait MOZART dut sauver VIOTTI d'un complet oubli. Au printemps de 1785, MOZART complète l'orchestration du Seizième Concerto pour violon (en si mineur) de VIOTTI par l'adjonction de trompettes et de trombones ; et l'Andante en la majeur pour violon et orchestre (K. 470), composé par MOZART le 1er avril 1785, était sans doute destiné à s'intercaler dans le même Concerto.

Pour l'anecdote : VIOTTI, CARTIER, MOZART Père et Fils étaient franc-maçons.
A suivre...

(Sources : wikipedia - Google livres - Ablitzer Frédéric, Dauchez Nicolas, Dalmont Jean-Pierre et Nelly Poidevin - Encyclopaedia Universalis - documentation personnelle)

mercredi 14 août 2013

Contrebasse : archet "français" ou archet "allemand" ?

Marcel LAPIERRE
Archet de contrebasse :
 
"Au dix-huitième siècle, deux techniques d'archet se confrontent : paume vers le haut (technique de la viole), paume vers le bas (technique du violoncelle).

Cette dernière tenue d'archet constitue une nouveauté au dix-huitième siècle, qui ne va sans polémiques. Encore aujourd'hui subsistent deux techniques d'archet différentes pour les contrebassistes : main sur la baguette (archet français), main sous la baguette (archet allemand). Chaque école défend sa technique de jeu. Ainsi défauts et mérites de chaque tenue d'archet peuvent être brièvement énoncés. L'archet allemand offrirait une plus belle sonorité, pour une pression nécessaire plus faible.

Marcel LAPIERRE
L'archet français permettrait une plus grande souplesse dans le jeu, un phrasé plus subtil... Quelques essais d'assemblages de deux techniques différentes dans un même pupitre de contrebasses à l' orchestre (exemple Hans Fryba et Pierre Delecluse dans l' Orchestre de la Suisse Romande) se révèlent positifs. Paul Brun juge ces expériences trop rares, et conclut : "Cette profonde incompréhension comme l'absence de toute volonté de coopération entre les tenants des différentes écoles d'archet représentent les aspects les moins positifs de la coexistence des ces techniques qui pourraient s'avérer si enrichissante par ailleurs".5"
5-Paul Brun. Op. cit., p. 236.

Marcel LAPIERRE


Article emprunté à l'excellent site www.metronimo.com

A lire : Histoire des contrebasses à cordes - Paul BRUN (La Flûte de Pan - 1982)



jeudi 8 août 2013

Nicolas MALINE - archet de violon


L'archet de la semaine est un archet de violon de Nicolas MALINE en bois de Pernambouc, monté ébène et argent, en parfait état, prêt à jouer.
Poids : 62g
Balance (avant bouton) : 25,2

mercredi 7 août 2013

Le Galuchat : un cuir révolutionnaire et d'exception...

Poucette cuir de lezard - Atelier Sandrine RAFFIN
En archèterie, l'utilisation du cuir est essentiellement réservée à la fabrication de la "poucette" (en rapport avec le pouce) qui orne chaque archet, par devant la hausse.
Ce cuir de protection provient principalement de peau de vache ou de lézard. Pourtant, un cuir "révolutionnaire" fait à nouveau parler de lui au cours de cette présente décennie : le galuchat.



Poucette galuchat - Atelier Sandrine RAFFIN
Le galuchat est un cuir de poisson cartilagineux (de raie ou de roussette - sorte de petit requin) dont l'utilisation en gainerie et en ébénisterie est très ancienne (plus récemment en maroquinerie).

 

On doit  l'apparition de ce procédé de tannage pour adoucir le cuir à Jean-Claude GALLUCHAT (mort en 1774) - maitre artisan gainier œuvrant quai des Morfondus à PARIS. Ce procédé, certainement découvert en 1748, consiste à affiner la peau par l’usage de grès et de pierre ponce et de le teinter.
Madame de Pompadour, appréciant cette matière, fit la renommée de GALLUCHAT par ses commandes d'objets gainés.

Le nom Galluchat fut déformé par inadvertance en Galuchat avec un seul « L » dès 1777.
Denis Claude GALLUCHAT continua le travail de son père, dont il reprit l’atelier en 1774, mais quai de l’Horloge, à l’extrémité du quai des Morfondus. Dans le Paris de cette époque, les ateliers des artisans du cuir et de l’ébénisterie se situaient dans le quartier de la Tour de l’Horloge du Palais, par le quai des Mégissiers, le quai des Morfondus se prolongeant par le quai de l’Horloge et le quartier du Faubourg Saint-Antoine.

Particulièrement délicat à traiter de par son grain de peau naturellement perlé, le galuchat se travaille également avec le grain poli qui rehausse toute la brillance et revalorise autrement la peau qui en devient d’autant plus majestueuse.
Le galuchat est un cuir d’exception qui fait parler ! Sa perle centrale unique que l’on appelle la couronne fait de cette peau un cuir de grande convoitise...

(Sources : wikipedia - Sibel - Google livres - Beynat et Janniaux - recherches internes)

jeudi 1 août 2013

Colophane / Rosin "SR Limited Edition"

 
 
Colophane  "Sandrine RAFFIN" modèle exclusif en série limitée à 1 000 unités
Rosin "Sandrine RAFFIN"  in exclusive limited edition model for 1 000 units
 
Commande et réservation à partir de septembre...
Order and reservation in September...