mardi 26 mars 2013

Un métal de tous les temps : l'argent

L'argent (ou Argent métal) est un métal précieux des plus anciennement connus.
L'exploitation de l'Argent-métal a pris un essor formidable au XVIe siècle, lorsque l’Espagne s'est enrichie grâce à l'exploitation des mines d'argent mexicaines - alors les plus riches du monde - dont le produit transite via Anvers, première place financière mondiale, pour permettre d'importer des biens de l'Inde, où les marchands sont friands d'argent-métal.
L'Empire espagnol bénéficie aussi de l'exploitation des mines d'argent du Potosi au siècle suivant.
Dans les années 1860, la découverte de filons d'argent dans l'Ouest américain rend ce métal surabondant, lui faisant perdre sa valeur monétaire.


Sur un archet du quatuor à cordes frottées, le montage argent, grâce à sa bonne malléabilité et à ses qualités de brillance est le plus usuel. Il est apposé sur le bouton de hausse (1 pièce ou 3 pièces), est massif pour le passant de hausse et peut parfois encercler la pastille décorative de la hausse. Certains fabricants d'archets alourdiront la tête de la baguette avec une plaque d'argent afin de donner poids et équilibre à l'ensemble.

L'histoire de ce métal est intimement liée à celle de l'alchimie : ainsi, c'est la coupellation, opération dans laquelle le plomb semble se transformer en argent, qui donne vraisemblablement naissance aux théories des alchimistes. Les alliages d'argent remontent aussi à la plus haute antiquité : certains d'entre eux (par exemple l'électrum, alliage d'or et d'argent) existent à l'état natif.
Dans "Histoire de l'argent et de l'or..." de Louis MICHAUD (Académie de Genève) - 1852 - on peut y lire (voir ci-dessous - à partir du bas de page 99) une méthode pour analyser l'argent et en effectuer une datation précieuse pour l'expertise des archets (le métier de fabricant d'archet étant dispensé d'apposer un poinçon de marquage de l'argent (ou de l'or) depuis le 18eme siècle).


 
 
(Sources : wikipedia - google - universalis - recherches personnelles)

jeudi 14 mars 2013

Aubin-Louis MILLIN : l'art de l'archet (1806)

Aubin-Louis MILLIN de GRANDMAISON (né en juillet 1759 à Paris - mort le 14 août 1818 à Paris) est un naturaliste français mais surtout un « touche-à-tout ». Érudit dans de nombreux domaines, il s'intéresse à l'archéologie et à l'histoire de l'art médiéval et classique et fut un bibliothécaire renommé.
Il fonde avec Pierre Marie Auguste Broussonet (1761-1807) et Louis-Augustin Bosc d'Antic (1759-1828) la Société linnéenne de Paris. Son livre Éléments d’Histoire naturelle (1797) fait partie du corpus des Écoles centrales. Il est également connu pour avoir écrit beaucoup d'articles sur les vases grecs. En 1806, il publie le Dictionnaire des Beaux-Arts relatant l'esthétisme européen...


Et c'est dans ce dictionnaire que l'on peut trouver un excellent article consacré à l'art de l'archet. Aubin-Louis MILLIN reconnait ici de l'importance de bien choisir et de bien jouer cette baguette qui est le prolongement du bras pour tout musicien à cordes frottées :

..."Il en est de même de l'archet qui doit être aussi plus pesant; on ne se figure pas quelle aisance et quelle facilité on éprouve à se servir ensuite d'un violon monté dans le terme moyen, et d'un archet léger. La raison en est que les cordes de l'alto, avec lequel on a joué pendant quelque temps , ayant moins d'intensité que celles de l'autre, il est plus facile de les faire vibrer. Ce n'est donc point en passant d'un alto à un violon , mais d'un violon à un violon , tous deux montés comme on l'a dit, que l'on reconnoîtra l'utilité de ce conseil. La place de l'âme du violon n'est pas plus fixe, ni plus déterminée que celle du chevalet. C'est une étude à faire. Il suffit de dire que la manière de placer l'un ou l'autre.peut changer du tout au tout, le timbre de l'instrument. L'archet est, dans la main de celui qui joue du violon, ce qu'est le pinceau dans celle du peintre. L'école en indique la conduite et l'usage mais il n'appartient qu'au sentiment et au génie de varier, en quelque sorte, un instrument. La place juste de l'archet sur les cordes, est à un demi-pouce du chevalet. C'est dans cet espace qu'il doit être tiré et poussé dans toute sa longueur, et continuellement droit ; car, dés qu'on s'en écarte, le son ne peut plus être beau. ( Voy. Archet. ) Il faut que celui qui veut se livrer à l'étude du violon, ait les premières notions de la musique, afin de pouvoir au moins accorder lui-même son violon , dont les cordes se montent de quinte en quinte, comme mi, la, re, sol. La corde sur laquelle s'accordent les autres, est le la. Il se règle avec un instrument à vent, à clavier, ou avec un petit outil d'acier à deux branches , qu'on nomme Diapason. ( y. ce mot.) Peut-être ne sera-t-il pas inutile de consigner ici , sur le violon , des idées générales, qui en sont, pour ainsi dire, la partie métaphysique. C'est essentiellement à l'art méthodique de l'archet, que l'on considère comme la langue du violon , que doit s'attribuer tout l'effet de cet instrument. C'est à l'union parfaite de la corde avec l'archet, qu'est attaché tout le mystère de cet art. La clarté et le moelleux du son, l'égalité dans le jeu et la proporlion dans les nuances, dépendent toul-à-la-fois du tact bien ménagé, de l'archet, de sa direction économique et de son parfait équilibre. Sans cette méthode exacte, on ne peut faire chanter son violon. L'art de soutenir les notes en doigtant au centre du manche, est bien plus difficile et bien plus important que celui de voltiger d'un bout à l'autre, pour aller gazouiller près du chevalet. Il est aisé de concevoir que, si le joueur brusque le son par un mouvement convulsif et violent, ce ne peut être qu'au détriment du timbre et de l'expression."...

(Sources : BNF/Gallica - wikipedia - google livres - yoolib - History of Medicine - recherches personnelles)

ENTR'ACTE : Renaud CAPUÇON - 7.57 am-pm


mardi 12 mars 2013

Un archet - un auteur : André GRANIER

André François Marius GRANIER nait le 19 janvier 1881 au 22 rue Ferrari à MARSEILLE (13 - Bouches du Rhône) d'un père facteur d'instruments de musique, Edmond GRANIER.

Il apprend rapidement les métiers de la lutherie dans l'atelier paternel créé avec Charles BARBET.
Fondée en 1877 au 14 rue du Paradis, la Maison BARBET et GRANIER est certainement la plus ancienne entreprise de facture instrumentale de MARSEILLE. Les luthiers  y partagent leurs établis au quotidien.

André a un frère cadet, Denis, qui sera tour à tour luthier, ouvrier aéronautique, marchand d'art et archetier.

Pour se perfectionner, André GRANIER rejoint au début du 20eme siècle, les ateliers mirecurtiens BRUGERE puis BAZIN (MIRECOURT).
Chez ce dernier, il est initié à l'art de l'archèterie qu'il met en pratique sur un modèle personnel dés son retour dans l'entreprise familiale, entreprise qui est devenue, entre temps, E. GRANIER Succ., suite au retrait de Charles BARBET et à l'association d'Edmond GRANIER avec ses deux fils.

En 1922, les deux frères se retrouvent héritiers de l'atelier.
Mais le sort de la Maison GRANIER est écrit.
André GRANIER décède en novembre 1924.

Lors de la crise de 1933, Denis GRANIER abandonne la lutherie. Son neveu, André GRANIER II dit "Boubouss" (fils d’André GRANIER I), et Pierre CLAUDOT s’associent et ne conservent de la maison GRANIER que l’atelier dont Pierre CLAUDOT deviendra propriétaire en 1937 jusqu’à sa retraite en 1973.

André GRANIER laisse derrière lui une production d'archets très intéressante et d'excellente facture destinée à des musiciens avertis.

(Sources : archives BdR/13 - Les Carnets de la Phonoteque - Charles-Luc HOMMEL - Recherches et archives personnelles)