jeudi 31 janvier 2013

Le Menestrel : journal de musique influent

Le Ménestrel  était un journal influent de la musique française publié chaque semaine depuis 1833 jusqu'en 1940. Il a été fondé par Joseph-Hippolyte l'HENRY et imprimé à l'origine par Poussielgue Frères.
En 1840, il a été acquis par les éditeurs de musique Heugel (Directeur : J.L. HEUGEL) et est resté dans cette société jusqu'à la disparition de la revue au début de la seconde guerre mondiale.
Avec la fermeture en 1880 de son principal rival, la Revue et Gazette Musicale de Paris , Le Ménestrel etait devenu le journal de musique le plus prestigieux et à la longévité la plus importante de France...



Vu dans la parution du Dimanche 6 Décembre 1868 :

"Le 28 novembre, tous les violonistes de Paris semblaient s'être donné rendez-vous à l'Hôtel des Ventes. On adjugeait des Bergonzi, des Stradivarius, des Guarnerius authentiques, avec des archets signés par Lafleur, Tourte et Peccati*. Les Bergonzi ont atteint des sommes folles ; tout le reste s'est bien vendu: les virtuoses sont partis radieux. (Guide musical)"

* ndlr : certainement Peccatte

(Sources : Wikipedia - Google livres - Gallica / Bnf - recherches personnelles)

mardi 29 janvier 2013

Un archet - des auteurs - un luthier : Toussaint Nicolas Germain LEFEBVRE

Né le 31 octobre 1746 à DIEPPE (76 - Seine-Maritime), fils de Jean François LEFEBVRE et de Marie Marguerite HUBERT, Toussaint Nicolas Germain LEFEBVRE se rend à PARIS en 1767 où il réside  rue du Cimetière St-Jean (connue  à l'époque sous rue du Monceau St Gervais (75004) près de l' Eglise St Gervais - St Protais (Carte de sureté du 12 avril 1793*).

Luthier, il acquiert la maîtrise qui l'autorise à prendre des apprentis et est donc reconnu Maître Luthier à PARIS (6 juin 1789 - Registre de clôtures d'inventaires après décès).
Il épouse Jeanne Anne DUCHART (décédée en mai 1788 - Journal de Paris) dont il aura deux enfants, Jeanne Victoire (???) et Joseph Toussaint (28 décembre 1784).

En 1793 il réside rue de la Tixeranderie (ou rue de la Tissanderie, aujourd'hui disparue) (75004).
Il se remarie  avec Claudine FAYOTTE avec qui il aura un fils Jean Jules né le 18 Brumaire an X (18 novembre 1801)


Il est fort probable, vu le contexte historique, que LEFEBVRE signait des baguettes réalisées par des fabricants d'archets.
Les modèles dits "CRAMER", très proches du travail de Nicolas Léonard TOURTE, et signés "LEFEVRE CIMETIERE ST JEAN A PARIS" sont l'illustration même d'un rapprochement avec les archetiers de l'époque.


 


LEFEBVRE, changeant fréquemment d'adresse dans le 4eme arrondissement de PARIS, utilisera également une marque "raccourcie" "LEFEVRE A PARIS".

A suivre...

*Les cartes de sûreté, instaurées sous la Terreur, ont été établies à Paris entre 1792 et 1795.
Elles étaient, avant l'heure, des cartes d'identité permettant aux habitants de Paris (hommes de plus de 15 ans) de circuler librement.

Chaque citoyen devait se présenter accompagné de deux témoins à son Comité de surveillance (ou d'arrondissement après 1794).
Celui-ci, après enquête, établissait le document en y mentionnant l'âge, la profession, l'adresse et le lieu dont était originaire le citoyen.

mercredi 23 janvier 2013

L'archet et les cordes de soie...



Début 2012 était révélée au grand public l'invention de cordes de soie d'araignées du chercheur japonais, le professeur Shigeyoshi Osaki (Université médicale de Nara).
Ces cordes auraient un son "plus doux et plus profond" que les cordes traditionnelles, fabriquées à partir de boyaux ou de métal. Une qualité qui serait obtenue grâce à la manière avec laquelle l’araignée tisse ses fils, permettant de ne laisser pratiquement aucun espace entre eux (une démonstration est disponible dans l'article de la BBC).

L'histoire de la corde de soie n'est pas nouvelle (araignée mise à part).



En 1796, un certain BAUD, habitant de VERSAILLES (78000 - FRANCE), invente une machine à fabriquer les cordes de soie torse destinées à remplacer celles de boyau dans la monture de la harpe, de la guitare, du violon, de l'alto et du violoncelle.
Suite à l' envoi d'un échantillon à la Classe des Beaux-Arts en 1797,  François-Joseph GOSSEC (1734-1829), le 04 octobre 1798, lit à l' Institut de France un rapport sur ces fameuses cordes. Il attire l'attention de son auditoire sur l'histoire tout à fait étonnante de cette "invention" :

"Les Chinois conservent encore aujourd'hui, depuis 4737 ans, l'usage des cordes de soie torse sur le "Kin" et le "Ché", instruments de musique inventés par Fou-Hy, le premier qui civilisa le peuple chinois en lui donnant des loix (sic), les Arts et les Sciences..."
(Procès verbal de la 3eme séance du 13 vendemiaire An VII - livre publié en 1937 par Marcel BONNAIRE (Armand Colin) L'Académie des Beaux-Arts p. 155 et suivantes)


Le rapport obtiendra l' approbation des académiciens le 09 octobre suivant.
Mais ces cordes, comme beaucoup d'innovations françaises de l'époque, ne vont pas convaincre beaucoup de musiciens. BAUD présente alors un violon dont la table n'est pas barrée et vante avec force les mérites de ses inventions... Sans succès !

Crin de cheval sur cordes en soie ne font pas bon ménage et le son est disgracieux et imparfait.
Même si GOSSEC cotoya la famille TOURTE, l'archet idéal pour ces cordes ne fut jamais inventé...

Soie torse. Les fils sont de tors droit ou de tors gauche (...). Dans le fil tors gauche, les spirales montent de droite à gauche (Araud, Ch. Thomas, Fabric. drap, 1921, p. 86).

lundi 21 janvier 2013

Un archet - un auteur : André CHARDON

André CHARDON nait en région parisienne en 1897.

André est le petit-fils de Marie Joseph CHARDON, luthier, né à PARIS en mai 1843, élève et beau-fils de Georges CHANON à qui il succède en 1872 en conservant les ateliers du Quai de Malaquais  qu'il transfère en 1888 au 22, boulevard Poissonnière et enfin au 6 rue du Faubourg Poissonnière.

André est le fils de Marie Joseph  Antoine Georges CHARDON né à PARIS en avril 1870, fils, élève et associé du premier. Joseph et Georges CHARDON choisissent avec minutie leurs bois de lutherie et d'archèterie. Leur travail sera récompensé d'une médaille d'argent à l'exposition universelle de 1900.

Ajouter une légende
Dés son adolescence et ainsi entouré, André CHARDON fait son apprentissage de lutherie dans l'entreprise familiale. Mais la Première Guerre Mondiale (1914 - 1918) met sa carrière prometteuse entre parenthèse. Il ne pourra la reprendre qu'en 1919, date à laquelle il va se spécialiser dans la fabrication d'archets en faisant face à la semi-industrialisation mirecurtienne et en utilisant les stocks de bois de son père...




Les plus anciens vous parleront de son atelier installé au 39, rue de Rome à PARIS (75008).
André CHARDON produira peu d'archets (signé C.C.C sous la hausse), tous d'excellente facture et recherchés par le musicien professionnel ou le collectionneur éclairé.

Il décède en région parisienne en 1963.

Sources : wikipedia - google maps - Premiere Guerre Mondiale - Albert JACQUOT - recherches personnelles)

mercredi 16 janvier 2013

Matériau d'archet : l'ivoire de mammouth

Le métier d'archetier nécessite une parfaite connaissance des matériaux et de leur spécificité.
Il en est un que l'on peut parfois oublier de sa présence sur l'archet, c'est l'ivoire de mammouth (principalement, la plaque de tête qui protège le bois de cette dernière).
L'ivoire fossile de mammouth utilisée en archèterie bénéficie d'un certificat d'authenticité (âge estimé entre 7 000 et 10 000 ans).
Mais peut-on confondre l’ivoire de mammouth de celle de l’éléphant?
Voici la réponse du ministère de l’environnement français :


Les mammouths ayant disparu de la planète, l’espèce Mammuthus primigenius n’est pas inscrite dans les annexes de la CITES et ne fait l’objet d’aucune réglementation de protection des espèces sauvages. L’ivoire de mammouth possédant des propriétés voisines de celles de l’ivoire d’éléphant, l’artisanat s’est en partie reporté sur l’ivoire de mammouth, plus disponible et non réglementé, et pour lequel il n’existe donc pas de liste centralisée. Les risques de substitution de l’ivoire de mammouth par de l’ivoire d’éléphant pour détourner la réglementation sont cependant très faibles, car les deux catégories d’ivoire peuvent aisément être distinguées de visu par les services de contrôle. En effet, les coupes transversales polies de dentine d’éléphant ou de mammouth présentent une caractéristique unique, les stries de Schreger. Leurs intersections forment des angles aigus chez les proboscidiens éteints et obtus chez les proboscidiens actuels. De même, les ivoires de morse, de cachalot, de narval, de phacochère possèdent des caractéristiques macroscopiques différentes, ainsi que les os et les substituts végétaux. Les méthodes de contrôle actuelles permettent donc de détecter facilement d’éventuelles fraudes par substitution
(publiée dans le JO Sénat du 25/01/2007 – page 177)


Le mammouth est une espèce disparue depuis plus de 10 000 ans (lors de la dernière période glaciaire).
Des squelettes fossilisés encore intacts sont souvent mis à jour principalement en Sibérie mais également au Canada.
La glace préserve ceux-ci dans un état remarquable, quoique la couche extérieure de l’ivoire puisse prendre des couleurs  grises, brunes ou bleu-vert dues à la présence d’un phosphate de fer, la vivianite.
Le contraste entre le blanc crémeux et la callosité rugueuse de l’extérieur en fait un matériau fascinant à travailler.
Après toutes ces années passé dans la glace, ce matériau devient extrêmement dur et sec.
La collecte de ce matériau rare est toujours une véritable expédition.
Il faut constituer de  solides équipes de spécialistes et une logistique opérationnelle en milieu arctique. Au moment du dégel les prospecteurs fouillent le pergélisol (permafrost en anglais) aux abords des rivières à la recherche de toute trace de vie végétale  pouvant prendre fertilisants sur un terrain organique. Une fois la zone délimitée ils creusent la terre et extraient les défenses et les restes du fossile du mammouth.
Il faudra ensuite débiter et mettre en forme  les plaquettes pour pouvoir "habiller" la tête de l'archet.
Parfois il arrive que certains marins de la Mer du Nord remontent dans leurs chaluts des fossiles récemment libérés par les sédiments des fonds marins. Ce matériau se distingue légèrement de celle que l’on trouve en Sibérie car seul son émail est exploitable et fortement coloré à cœur.

Le 06 novembre 2012, fait rarissime, un squelette de mammouth a été découvert en France :

 

Lien de la video


(Sources : Yahoo - Wikipedia - Couteaux PERCEVAL - Sénat - Recherches personnelles)

lundi 14 janvier 2013

Un archet - un auteur : Marcel Gaston FETIQUE

Fils de Victor François FETIQUE, Marcel Gaston FETIQUE nait à MIRECOURT (88 - Vosges) en novembre 1899 (le 18 : même jour de naissance que le chef d'orchestre et violoniste d'origine hongroise, l'américain Eugène ORMANDY).

En 1901, alors qu’il a tout juste 2 ans, ses parents déménagent  à PARIS.
C'est au coeur même de la capitale (18e arrondissement - 72, rue Myrha) que Marcel va grandir et, dés sa plus jeune adolescence, auprès de son père Victor, apprendre l'archèterie.
En 1914, le climat économique de la première guerre mondiale va accentuer la complicité père-fils et, en fin de conflit international, Marcel FETIQUE peut seconder efficacement son père qui est partagé entre son atelier parisien et la sous-traitance avec des ateliers mirecurtiens.
Le travail de Marcel est tellement inspiré par son père qu'il est bien difficile de faire la différence entre les deux.

Victor FETIQUE décède en 1933, laissant Marcel seul à la succession et à la destinée du nom FETIQUE.
Comme le souligne la "Chronique épistolaire de la crise des années 1950-60" d'Hélène CLAUDOT-HAWAD, la période de la seconde guerre mondiale et le milieu du 20eme siècle vont mettre à rudes épreuves économiques le milieu de la lutherie et de l'archèterie. Comme bons nombres de ses confrères, Marcel FETIQUE se voit contraint de consacrer son temps de travail à la réparation et à la restauration d'archets. Sa production d'instruments de haute facture est en déclin...

Marcel FETIQUE va continuer modestement à réaliser des archets à la demande et à accomplir son métier d'archetier.
Il meurt à PARIS en 1977 à l'age de 79 ans.

Bien que confondu avec le travail de son père, les archets de Marcel FETIQUE sont de très bonnes qualités. Ils sont tout autant recherchés par des musiciens avertis que par des collectionneurs avisés.

(Sources : luthiers-mirecourt.com - google maps - wikipedia - helene claudo-hawad - recherches et documents personnels - archives des vosges - archives de paris)

mardi 8 janvier 2013

Un archet - un auteur : Pierre CUNIOT (ou CUGNOT)


Pierre CUGNOT (ou CUNIOT) est né à Mirecourt (88 - Vosges) en mars 1839, fils naturel de Marie Anne CUGNOT, dentellière.
Très vite, Pierre doit subvenir au besoin de sa famille et fera son apprentissage probablement auprès de Charles GUINOT et de François BAZIN (témoin  de mariage de CUNIOT et père de Charles Nicolas II BAZIN). Il fera également connaissance avec Joseph SARTORY avec qui il deviendra beau-frère en épousant Marie Joséphine BUCLIER en avril 1861, sœur de Francine Catherine.

Dans la même année, le couple CUNIOT (CUGNOT) donnera naissance à leur fils, Eugène (prénom que donnera également Joseph SARTORY à son fils 10 ans plus tard). Charles GUINOT et Joseph SARTORY seront les témoins portés sur l’acte de naissance de la progéniture de Pierre CUNIOT.
En étudiant les marques au fer de GUINOT et CUNIOT, on peut entrevoir une similitude assez troublante… tout comme le  style de tête d’archet exécuté par les deux.
Pierre CUNIOT finit par établir son propre atelier de fabrication d’archets à Mirecourt mais conserve le titre de luthier (et non de fabricant d’archets).
Eugène, son fils, va tout apprendre de son père. Il le secondera jusqu’à son décès en octobre 1884, à l’âge de 45 ans, et reprendra la manufacture paternelle sous l’enseigne « CUNIOT-HURY ».

La faible production  de Pierre CUNIOT, influencée par les différentes écoles de ce 19eme siècle, fait de ses archets des instruments rares que le musicien averti trouvera extrêmement intéressants.
(Sources : Archives des Vosges - Municipalité de MIRECOURT - Recherches personnelles)







lundi 7 janvier 2013

Meilleurs voeux pour 2013 - Best wishes for 2013

A tous les musiciens, aux professionnels des instruments de musique à cordes et aux passionnés, nous vous souhaitons une bonne, heureuse et mélodieuse année 2013. L' ambition de notre Atelier reste intacte : vous servir dans le respect des traditions des Maîtres Archetiers d'Art et être au plus proche de vos attentes... A bientôt !


To the musicians and professional dealers, we wish you a good, happy and melodius year 2013. The ambition of our Workshop remains intact: to help you in the respect of the traditions of the Masters of Bowmaking Art and to be near of your waitings... See you soon!


Sandrine RAFFIN