vendredi 29 juin 2012

Archets : à la façon de... Les Grandes Ecoles


Il est parfois difficile de comprendre le terme "Ecole de ..." attribué à certains archets. En raccourci, un archet issu d'une école est une inspiration d'un grand maitre réalisée par un archetier connu ou inconnu.

Les modèles de la famille TOURTE et LAFLEUR régnèrent en force pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle. Dominique PECCATTE, Jacob EURY, Nicolas MAIRE, François LUPOT, Joseph HENRY et PERSOIT firent partie des grands archetiers qui, dit-on, suivirent le modèle TOURTE.

Puis vint "l'ère" VOIRIN. Du point de vue purement esthétique, la facture élégante des archets de VOIRIN et de ses principaux disciples, Alfred LAMY, Louis et Claude THOMASSIN et Charles Nicolas BAZIN fixa de nouvelles normes.
Eugène SARTORY et Emile A. OUCHARD optèrent pour un modèle VOIRIN plus renforcé.

Des "sous-écoles" font aujourd'hui partie de la terminologie des experts : Ecole de SARTORY ,de BAZIN, etc.
Ces évolutions ont fait d'excellents archets d'orchestre mais les grands solistes ne s'y retrouvent pas toujours.

Auprès des archetiers contemporains, la tendance actuelle, à défaut d'être novatrice, est un retour aux principes et techniques de l’école de  TOURTE-PECCATTE.
La véritable histoire de l'archet et de ses évolutions reste donc toujours à écrire...

mercredi 20 juin 2012

GRAVURE et GUILLOCHAGE : deux techniques venues de l'horlogerie.

Souvent, certains éléments métalliques de la hausse d'un archet sont pourvu de "décors", de "monogramme" ou de personnalisation exigée par un musicien.
Ce travail est confié à des  graveurs ou guillocheurs qui réalisent alors un ouvrage précis sur un support inhabituel.
GRAVURE : Depuis le début de l'histoire de l'horlogerie, la gravure est présente sur les boitiers de montres, les cadrans et jusque sur les minuscules composants des mouvements de montre.
Le graveur retranscrit des éléments de décors dans la matière en les taillants avec finesse. Ce travail de sculture "miniature" réalisé à la main demande une forte concentration, une dextérité hors du commun et des heures de travail.

- gravure : la vidéo

GUILLOCHAGE : Né au 16ème siècle, ce métier de tradition ancienne s'est répandu dans l'horlogerie tout au long du 19ème siècle. Les machines-outils pour le guillochage ne sont plus fabriquées et remplacées par des techniques dites "laser".
Le guillocheur guide le guilloché de motifs symétriques avec une extrème dextérité. D'une main, il tourne la manivelle qui entraine la pièce à décorer, de l'autre, il pousse le chariot qui porte le burin pour graver des traits fins et réguliers.

- guillochage : la vidéo

Merci à la société VACHERON-CONSTANTIN de faire perdurer ces techniques...

lundi 18 juin 2012

Un archet - un auteur : Emile François OUCHARD dit "OUCHARD Père"


Emile François OUCHARD nait en avril 1872 à MIRECOURT dans une large famille de luthiers apparue dans le métier au cours du 18eme siècle.
A 14 ans, Emile François est placé comme apprenti auprès d’Eugène CUNIOT – Maison CUNNIOT-HURY – et, à la mort de celui-ci (1910), assiste sa veuve dans le travail et la gestion de l’atelier jusqu’en 1922.

En 1923, il crée sa propre entreprise et signe ses archets « Emile OUCHARD ». En 1936, l’atelier compte jusqu’à 15 ouvriers dont son propre fils Emile Auguste. Le travail est parfois effectué pour le compte de CUNIOT-HURY, marque au fer qu’Emile François a conservé.

La forte personnalité d’Emile François OUCHARD mettra un terme à la collaboration avec son fils. Les querelles entre les deux forcent Emile Auguste à s’installer seul à PARIS.

En dehors de son célèbre fils, Emile François donnera naissance également à quatre filles :
- Marguerite OUCHARD qui épousera François LOTTE – Facteur d’archets
- Madeleine Maria Augustine OUCHARD qui sera factrice d’archets pour le compte de l’atelier OUCHARD. Elle épousera Marcel WEYH -
journalier
- Marie Rose Andrée OUCHARD qui épousera René GEROME – Luthier
- Marie Thérèse OUCHARD qui épousera Paul MORIZOT – Facteur d’archets chez Louis MORIZOT Frères.

Emile François OUCHARD produira d’excellents archets, principalement en collaboration avec son fils Emile Auguste avec qui il aura usé d’une pédagogie exemplaire pour lui inculquer qualité et rigueur.
Emile François OUCHARD dit « OUCHARD Père » décède en février 1951 à MIRECOURT.

Il sera le descendant d’une famille d’archetiers reconnus dont certains archetiers contemporains sont, aujourd’hui encore, les référents.

mercredi 13 juin 2012

Archet - Nom de code : D.R. Patent 66269

Autour d'un archet, des inventions originales nous font découvrir d'autres auteurs et d'autres endroits.

C'est à MARKNEUKIRCHEN, en terres allemandes, à la frontière avec la République Tchèque, que nous emmène cet archet portant le numéro de brevet "D.R. Patent 66269" et connu sous la marque "EXCELSIOR".
On doit ce modèle à mèche interchangeable à Théodor STARK, luthier et archetier allemand, au début du 20e siécle.
Loin des archets de grande qualité, c'est toute l'ingéniosité mécanique qu'il faut souligner dans cette invention.
Il est évident que la production de ces archets reste extrêmement discrète en France, tout comme un ensemble d'instruments curieux qui est exposé dans le Musée de l'instrument de musique de MARKNEUKIRCHEN.







On peut y voir, entre autres :
- un accordéon pour 6 personnes (hauteur 1,80 m)
- une contrebasse de 2,30 m
- un cor de 5,20
- des miniatures de violon,
- une canne-pochette...

lundi 11 juin 2012

Un archet - un auteur : Victor François FETIQUE

Fils de Charles Claude FETIQUE luthier, Victor François FETIQUE nait en 1872  à MIRECOURT - Vosges (88)
Il commence son apprentissage d'archetier dans l' atelier de la famille HUSSON puis auprés de l'atelier de Sigisbert Fourrier MALINE et enfin d'Emile MIQUEL avant de rejoindre l'atelier de Charles Nicolas et Louis BAZIN.
En 1901, Victor FETIQUE succombe à la tentation de rejoindre PARIS et entre dans la Maison CARESSA et FRANÇAIS (12 rue de Madrid - PARIS).

Après trois années passées dans cet établissement réputé, il tente sa chance en créant son propre atelier au 72 rue Myrha dans le 18eme arrondissement de PARIS.
Les archets signés de sa marque au fer sont de très haute qualité et très recherchés en ce début de vingtième siècle.
Ils sont réalisés principalement par lui-même mais également par son frère cadet, Jules FETIQUE, par son fils, Marcel FETIQUE, ou encore par son neveu, André RICHAUME (fils de Louis Justin RICHAUME, menuisier).

Victor FETIQUE fait appel à des ateliers mirecurtiens réputés pour répondre à la demande des luthiers qui sollicitent sa production signée de la marque des grandes Maisons (CARESSA & FRANÇAIS, COLLIN-MEZIN, GRANIER à MARSEILLE, etc). La quantité fait place à la qualité...

Victor FETIQUE décède en 1933. Il laisse derrière lui une production impressionnante d'archets pour laquelle il faut discerner la maitrise artisanale du travail manuel à celle de la production semi-industrielle.

mercredi 6 juin 2012

TOURTE : une histoire de famille

L'histoire de la famille TOURTE ne s'arrête pas à François Xavier, le faiseur d'archets.
Sa fille, Félicité Marie Jeanne, travaillera dans l'ombre de son père comme assistante émérite.
Son fils, Louis François, sera violoncelliste à l'Opéra de PARIS, grâce à Jean Baptiste CARTIER.

Louis François TOURTE donnera naissance à trois garçons dont deux deviendront artistes, avec différentes fortunes.
Louis François II dit "Francis" TOURTE sera sans doute le plus productif de ses deux, par une soif perpétuelle de créations qui le mènera de la fabrication de mouchoirs en dentelle (avec son épouse) à l'écriture d'opérette, de poésies et de romans.
Félix Théodore sera beaucoup plus malheureux dans ses entreprises. Peintre, caricaturiste, dessinateur, sculpteur, il vit dans la débauche. Jeux et alcools viendront à bout des économies de sa famille. Il finira sa vie, esseulé, dans un hôpital pour alcoolique, en région parisienne.

Cette affiche, visible à la Bibliothèque Nationale de France, est un document rare car on peut y lire le prénom des deux frères. L'un pour être l'auteur de la mélodie "Azzo le condottiere", l'autre pour être le lithographe de ce portrait de Gustave Hippolythe ROGER.







En parenté "masculine" directe, Louis Auguste Edouard TOURTE reste la dernière "trace" de la famille de l''archetier (1935).
Aucun descendant n'aura eu la vocation de la lutherie ou de l'archèterie.

Côté parenté "féminine", l'étude généalogique d'Yves CORDELLE permet de dire que la famille TOURTE existe toujours. Encore merci pour cet excellent site : Famille CORDELLE

lundi 4 juin 2012

Un archet - un auteur : Marie Louis PIERNOT

Né en 1880 à NEUFCHATEAU dans les Vosges (88), Marie Louis PIERNOT fait son apprentissage à MIRECOURT dans l'atelier de Charles Nicolas BAZIN avec qui il reste de 1892 à 1900.
En 1900, il rejoint l'atelier de Joseph Arthur VIGNERON Père.
En 1906, au moment du décès de VIGNERON, il rejoint l'atelier Léon BERNARDEL à Paris. Il quitte cette grande maison en 1923 pour créer son propre atelier au 13 rue de la Liberté, à PARIS.


En 1930, il déménage son atelier à PARMAIN (Seine et Oise devenu Val d'Oise (95) après redécoupage administratif de ce département).
Après la seconde guerre mondiale, il s'installe à nouveau à PARIS Avenue Ledru-Rollin ou il y décède en 1959.
L'atelier Léon BERNARDEL mis à part, Marie Louis PIERNOT travaillera également pour de nombreuses grandes maisons dont Marcel VATELOT, Roger et Max MILLANT, CHANOT et CHARDON, VIDOUDEZ, etc.


La rigueur de cet archetier et la qualité de ses archets avaient conquis alors ces maisons réputées...


Petite histoire de grande marque :

Né en 1853 à PARIS, Léon BERNARDEL appartient à une famille bien connue de luthiers dont la réputation débuta avec Auguste Sébastien Philippe BERNARDEL, ancien élève de Nicolas LUPOT, également connu sous le diminutif de BERNARDEL Père.
Dès 1869 Léon BERNARDEL fait son apprentissage chez Just Amédée DERAZEY à MIRECOURT.
En 1871, à l'âge de dix-huit, Léon revient à PARIS pour travailler chez GAND & BERNARDEL.
En 1898, il crée son propre atelier au 40 bis rue du Faubourg Poissonnière où son fils le rejoint.
Léon BERNARDEL est devenu le principal fournisseur des plus grands orchestres français et les conservatoires de musique de son temps.
En 1913, à l'âge de soixante ans, Léon BERNARDEL rejoint l'atelier COUESNON à MIRECOURT en tant que directeur artistique. Leur collaboration a duré jusqu'en 1923.
Léon BERNARDEL meurt en 1931.