mercredi 30 mai 2012

DIDEROT et D'ALEMBERT : l'encyclopédie utile


Parmi les références incontournables de documents anciens à utiliser pour comprendre une partie de l’histoire des métiers, l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert, réalisée de 1751 à 1772, en est une. Plus encore que les articles de fonds, ce sont les magnifiques planches d'illustration que les chercheurs et autres historiens apprécient.

Rappelons que ces planches, au nombre de 2885, furent établies pour représenter visuellement tous les métiers existants.

Ainsi, le dessinateur Louis-Jacques GOUSSIER, né en 1722, fut désigné comme maître d'œuvre de l’ouvrage et passa plus d’une quinzaine d’années à visiter tous les ateliers ouvriers et manufacturiers dans le seul but de dessiner ce qu'il voyait : les outils, les machines, mais également et principalement (ce qui est du plus grand intérêt pour les historiens) les ouvriers au travail, dans leur tenue, avec leurs gestes.

Pour chaque métier, souvent représenté par plusieurs planches, nous trouvons une vue d'ensemble, puis des vues de détail, avec chaque outil, et pour les machines avec leurs rouages, articulations, chaque pièce étant "démontée" et présentée.

Il est facile ainsi de situer rapidement  le faiseur d’instruments (planches Lutherie) dans le contexte de son époque et d’appréhender son quotidien.

A noter : la représentation des archets qui démontrent que la forme et la courbure de la baguette que nous connaissons aujourd’hui n’étaient pas encore d’actualité… et la description de la colophane (colophone).


lundi 28 mai 2012

Un archet - un auteur : Mathias Théophile Auguste BARBE

Né en 1853 à Mirecourt, dans les Vosges (88), de Dominique BARBÉ, luthier, Mathias Théophile Auguste BARBÉ aura une existence difficile en tant que fabricant d'archet.

Sur conseil de son père, il apprend l'archèterie, dés son plus jeune âge auprès des ateliers mirecurtiens de l'époque et donc, probablement, chez François Xavier BAZIN, le père de Charles Nicolas puis chez ce dernier.
 
En 1881, ouvrier en archèterie, Mathias Théophile Auguste BARBÉ devient papa d’un fils qu’il prénomme Pierre Auguste.


En 1886, sur recommandation de son cousin germain, Télesphore Amable BARBÉ, luthier (Médaillé à l'exposition de 1867 à Paris), alors 1er assistant de Jean Baptiste VUILLAUME, Auguste va rejoindre Paris et travailler chez Gand et Bernardel. Il y travaille une dizaine d’année en réalisant des archets très soignés, proche de l’Ecole de VOIRIN dont il a certainement appris la maitrise dans l’atelier BAZIN.


Fort de cette expérience parisienne, et éloigné de sa famille depuis le décès de son cousin germain en 1892, il décide d’installer son propre atelier à Mirecourt vers 1896.

Ses contacts avec la capitale lui permettent de vendre sa production d’archets devenue très proche du modèle de François Nicolas VOIRIN avec lequel il est parfois confondu.

Pierre Auguste BARBÉ, son fils, apprend l’archèterie auprès de son père mais, à la mort de celui-ci, ne pouvant assumer l’entreprise paternelle, rejoint les ateliers de la Maison Jérôme THIBOUVILLE-LAMY (J.T.L)

Mathias Théophile Auguste BARBÉ décède en 1902.

Ses archets, signé « A. BARBE » (pour Auguste BARBÉ) sont d’excellentes factures et très recherchés pour la qualité de leur jeu.

mercredi 23 mai 2012

J.B.VUILLAUME et la microphoto - René DAGRON

Jean-Baptiste VUILLAUME, luthier, archetier, marchand, éditeur, découvreur de talents, savait saisir toute bonne opportunité pour développer sa notoriété. Il n'hésita pas, par exemple, à insérer sa propre image dans certaines hausses d'archet selon un procédé mis au point, pour les besoins de l'armée, par un français du nom de René DAGRON.

René DAGRON est né en 1819 à Beauvoir, devenu Aillières-Beauvoir depuis. Il part s'installer à Paris et en profite pour étudier la physique et la chimie. Il invente un microscope et travaille sur la mise au point de photos microscopiques selon le procédé de la lentille de Stanhope et du travail de l'anglais John Benjamin DANCER. Il présente ses inventions à l'exposition de 1867, en particulier une photo microscopique d'un millimètre de côté sur laquelle est "gravée" le portrait des 450 députés de l'époque.

Son procédé est d'abord utilisé pour la décoration de bijoux.

Lors du siège de Paris pendant la guerre de 1870, la capitale est coupée du reste de la France et en particulier de Tours où se retranche le gouvernement provisoire. Dès le 18 septembre 1870, la capitale est encerclée par les Prussiens. Pour communiquer, Nadar constitue dans l'urgence une compagnie de ballons. Il envoie, dès le 23, un premier ballon qui quitte Montmartre en transportant 125 kg de dépèches.

Pendant les cinq mois du siège, 64 ballons quittèrent Paris. Il était possible de faire sortir des ballons de Paris, mais au gré du vent, les faire revenir dans la ville était impossible. Nadar repensa à René Dagron qu'il avait vu à l'exposition de 1867. Aussitôt, DAGRON fut emmené hors de Paris par ballon pour perfectionner son procédé photographique. Sur une pellicule de collodion de quinze centimètres carrés, ultra légère, il réussit à faire tenir 3 000 dépèches. Les pellicules ainsi constituées étaient ensuite acheminées vers Paris par pigeons voyageurs. A l'arrivée, les volatiles étaient libérés de leur précieux fardeau et les pellicules projetées sur un agrandisseur, recopiées et distribuées. Sur 355 pigeons partis de Paris en ballon, seulement 57 rentrèrent à leur colombier. Mais il transportèrent au total un million et demi de dépèches, le record étant détenu par un pigeon qui transporta 18 pellicules soit 54 000 dépèches. La carrière des micro-films venait de commencer.

A consulter : étude de Sébastien Schlup - 2002


lundi 21 mai 2012

Un archet - un auteur : Joseph Louis MORIZOT dit "Louis MORIZOT Père"

Joseph Louis MORIZOT est né en 1874 à DARNEY, petite commune des Vosges (88), à 37 km à l'est d' EPINAL, de Nicolas Constant MORIZOT et de Catherine MALINE, soeur de Nicolas MALINE, fabricant d'archet à MIRECOURT
Dés son plus jeune age, Louis est envoyé comme apprenti chez Eugène CUNIOT (Maison CUNIOT-HURY). Cet apprentissage le mènera comme ouvrier à l'atelier de Charles Nicolas BAZIN jusqu'en 1914.

Entre-temps, en 1898, Joseph Louis MORIZOT épouse Marie Louise BOURBON. Un des témoins de mariage est Charles Eugène HUSSON luthier et cousin germain de la mariée.

Eugène SARTORY confie à Louis MORIZOT le dégrossissage des baguettes d'archets et la réalisation de hausses. Installé dés 1919 rue St Georges à MIRECOURT, au n°5, MORIZOT peaufine son propre modèle, aux baguettes fines et élégantes et dont les hausses sont proches du modèle réalisé pour SARTORY.
Ce dernier, ne supportant pas que l'on puisse se revendiquer de son nom dans le travail d'archèterie, se fâchera définitivement avec Louis MORIZOT.

Joseph Louis MORIZOT (surnommé « Le Tourne Gueule »), grâce au travail en collaboration avec ses fils, va proposer ses services, non seulement aux luthiers de MIRECOURT, mais également à d'autres archetiers, à des marchands français et étrangers, à des maisons parisiennes réputées...

Dés 1930, il envisage de créer une association avec ses fils et l'atelier portera quelques temps plus tard l'enseigne "Louis MORIZOT et ses fils".
"MORIZOT Père" est alors devenu son diminutif.

L'atelier déménage au 39 ter Rue du Faubourg St Vincent à MIRECOURT (un batiment non visible sur l'image en lien).

Petit à petit, MORIZOT Père va transmettre officiellement son affaire à ses fils qu'il accompagne, au quotidien, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Malgré une vision défaillante, il continue à dégrossir des baguettes d'archet pour la petite entreprise et s'assure de la bonne réputation de celle-ci.

Louis MORIZOT Père meurt à MIRECOURT en 1957.

Le modèle présenté est un archet de contrebasse.
Les archets de contrebasse de Louis MORIZOT Père sont très élégants, d'un bois veiné de grande qualité.
Louis MORIZOT Père laissera derrière lui un savoir-faire reconnu et des archets de très bonne facture tant pas leur qualités de jeu et d'équilibre que par leur esthétisme (voir la collaboration avec Eugène SARTORY).


mercredi 16 mai 2012

Bois de Campêche : l'oublié

Le Campêche (ou « Bois de Campeche » ou "Hématine", Haematoxylum campechianum) est un arbre tropical appartenant à la famille des Fabaceae (Fabacées).

II peut atteindre 15 mètres de haut mais sa taille moyenne est de +/- 8 mètres.

Découvert par les Espagnols au XVe siècle, il doit son nom au port mexicain de Campeche d'où l'on embarquait, au XVIIe siècle, les bois de teinture pour l'exportation.

L'espèce est commune en Amérique centrale et aux Antilles

Les Aztèques, qui l'appelaient « quamochitl » sont les premiers à avoir découvert les vertus colorantes de l'hématine au premier millénaire.

Après l'invasion de l'Amérique centrale par l'Espagne, l'Europe a commencé à utiliser ce colorant en quantités très importantes, remplaçant ainsi les colorants végétaux domestiques – guède et indigo.

Ce changement a eu pour conséquence de provoquer une récession sur le marché anglais conventionnel du colorant, entraînant diverses guerres entre l'Angleterre et l'Espagne en Amérique latine afin de contrôler les récoltes de bois d'hématine. Ce qui aboutit à la création d'une colonie anglaise en plein cœur de l'Empire Espagnol d'Amérique Centrale : le Honduras britannique !

La principale utilisation est la teinture.

C'est un bois très dur, au grain très fin et au fil irrégulier.

Mais comme le démontre le récit "Le voyageur françois ou la connoissance de l'Ancien et du Nouveau Monde, Volume 10" de Joseph de la PORTE - 1772, ce bois est déjà utilisé, à cette date, par les luthiers pour la fabrication d'archets : "Il sert aux luthiers à faire des archets..."

Le "Nouveau manuel complet de musique vocale et instrumentale ou encyclopédie musicale, Volume 2" d’Alexandre Etienne CHORON - 1838 confirme que, près de 70 ans plus tard, le campêche est toujours préconisé pour la fabrication des baguettes d'archets (même si on commence à lui préférer le Pernambouc) : «  Les bois dont on se sert pour la baguette sont le bois de Campéche, le bois de fer, le bois de Brésil, le Fernambouc el autres; on préfère le Fernambouc... ».


En 1869, J.C. MAUGIN, dans son "Nouveau manuel du Luthier", évoque toujours l'utilisation du Campêche pour la fabrication d'archets :  "Tous les archets qui ont quelque prix se font avec des bois des îles, tels que le campêche, le bois de fer, le bois de Brésil, le Fernambouc et autres.".


Dans la Revue des sciences naturelles appliquées de 1894, bulletin bimensuel de la Société nationale d'acclimatation de France, Volume 41, Numéro 1, il est indiqué : "Le bois de Campêche s'emploie surtout en Europe comme matière tinctoriale, mais on en fait aussi quelquefois de beaux meubles et d'excellents archets  pour les instruments à cordes."



Depuis le début du XXe siècle, le bois de Campêche semble avoir été oublié par les fabricants d'archets (son prix est il devenu dissuasif ?) et disparait, petit à petit, des écrits d'authentification de l'archèterie française...

lundi 14 mai 2012

Un archet - un auteur : Joseph Alfred LAMY

Joseph Alfred LAMY est né d'une famille de luthier à Mirecourt, dans les Vosges, en 1850.
Il est apprenti en archèterie de 1862 à 1868. Il travaille de 1877 à 1885 pour François Nicolas VOIRIN à Paris et s'installe à son compte à la mort de ce dernier. J.A.LAMY se révèle alors au cœur d'une importante période d'archetiers célèbres et perpétue respectueusement la tradition des Grands Maîtres.
En
1889 et 1900, il reçoit médailles d'argent et d'or aux expositions de PARIS, récompensant des années de travail acharné.
Comme beaucoup de fabricants d'archets de l'époque, Joseph Alfred LAMY est influencé par Jean-Baptiste VUILLAUME dont il a fréquemment employé le modèle entre 1886 et 1890.
En 1880, certains fabricants d'archets se risquaient à faire évoluer uniformément la baguette pour un modèle plus lourd et plus fort, avec des modèles plus ou moins bien réussis.

J.A. LAMY est en désaccord avec les idées de  François Nicolas VOIRIN sur l'évolution de la forme de l'archet, son poids et les matériaux.
Le travail de J.A. LAMY commence à prendre toute sa maturité vers 1889.
Il va avoir alors 40 ans. Son modèle, caractérisé par une légère augmentation de volume pour les baguettes et une diminution de l’ébène au pouce pour les hausses, est devenu plus clair et est adopté définitivement vers 1900.

Cette évolution donne une élégance toute particulière à la baguette et à la hausse et en fait un modèle très recherché par les musiciens.
Devenu Maitre d'apprentissage, il influencera un certain jeune Eugène SARTORY dans son travail.
Il sera considéré comme un des tous premiers fabricants de la nouvelle génération.
Joseph Alfred LAMY meurt en 1919.

 

 Son fils Hippolyte Camille LAMY (1875-1942) continuera dans la tradition de son père.
Afin de spécifier leur travail, on différencie Joseph Alfred dit « LAMY Père » de Hippolyte Camille dit « LAMY 1er Fils ». (Le deuxieme fils, Georges Léon,décède en 1915).




mercredi 9 mai 2012

Page d'histoire : la canne-pochette

La "canne-pochette" est vraiment un instrument de musique curieux : elle renferme un mini-violon et son archet...
L'objet insolite est évoqué dans un article qui lui est consacré dans le Magasin Pittoresque de janvier 1876, p. 8 : " UNE CANNE-POCHETTE ".


"Un maître de danse, trouvant incommode d’avoir à porter d’une main une canne, de l’autre un violon, imagina de mettre le violon dans la canne. On dut en rire ; ce n’était qu’une bizarrerie. Ce professeur de grâce et d’élégance n’avait inventé là rien de bien agréable aux yeux. Il n’eut sans doute point d’imitateurs : les maîtres de danse continuèrent à porter sous le bras ou dans leurs grandes poches leur petit violon, qu’on appelait communément "pochette ". La canne-pochette que nous reproduisons est une rareté. (…)"

Cette canne mérite qu’on étudie de près comment un faiseur d'instruments a pu y loger la « pochette », et surtout le moyen de l’en faire sortir.
Il faut d’abord enlever la partie supérieure de la canne, après avoir dévissé la poignée et retiré l’anneau de corne qui la maintenait. Quand l’instrument est ainsi mis à jour, on tire le chevalet caché à plat sous la touche ; on le place comme il convient à la hauteur de l’âme, et, après avoir retiré de l’intérieur même l’archet qui dort à côté de la sourdine, on visse la poignée de la canne pour l’appuyer contre l’épaule. On avait ainsi entre les mains une petite gigue fort suffisante pour accompagner les chassés-croisés ou les pas solennels du menuet. » (la gigue est un petit instrument à trois ou quatre cordes frottées, plutôt propre au Moyen Age.)


Très rare, cette canne-pochette n'est cependant pas unique car Albert JACQUOT en signale une autre en ces termes en 1886, dans son " Dictionnaire pratique et raisonné des instruments de musique anciens et modernes » : « CANNE-POCHETTE. Canne dont la pomme d’ivoire se dévissait et contenait dans sa partie supérieure, une pochette pour les maîtres de danse la deuxième partie de la canne renfermait l’archet. Une canne-pochette de ce genre est au Musée des Instruments de musique de Paris et provient de la collection Clapisson."

Où découvrir cette canne insolite ?  A la Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès à 75019 PARIS.
Elle est visible sur le site
www.cite-musique.fr  Elle porte la cote E 980.2.567 et ressemble beaucoup à celle qui illustre l’article du Magasin Pittoresque.
La Cité de la Musique en renferme une seconde, cotée E 156.

Toutes deux sont datées du XIXe siècle.

Sur notre photo - canne fermée : Cité de la Musique / canne ouverte : Bibliothèque Nationale de France.
Article complet de Laurent BASTARD sur
http://www.crcb.org

lundi 7 mai 2012

Un archet - un auteur : Nicolas MALINE



Né d'une famille de luthiers, en 1822, à Mirecourt, Nicolas MALINE se démarque très vite des siens par un apprentissage de fabrication d'archets.
Son intérêt pour l'archèterie le mènera à côtoyer les plus grands maîtres mirecurtiens de l'époque.
PAGEOT (dit PAJEOT) ou MAIRE seront certainement ses références.
Son inspiration de style PECCATTE suppose une observation assidue du travail des archets de son ainé.
Les archets réalisés par Nicolas MALINE ne vont pas laisser insensible l'opportuniste Jean-Baptiste VUILLAUME.



L'archet présenté ici est une commande de ce célèbre luthier. Le système de mèche interchangeable imaginé au sein de l'atelier PAJEOT sera développé et breveté par VUILLAUME.
Ce dernier employait 8 ouvriers en son atelier et faisait produire quelques 600 archets par an et 150 instruments dont une partie était vendue à l'étranger (Rapport du Jury Central - 1939).
MALINE, très estimé par le luthier, signe de la marque de VUILLAUME à PARIS le travail qu'il effectue pour ce dernier.
La qualité de sa production finit par se faire une solide réputation. Les commandes affluent, ce qui contraint Nicolas MALINE a confier leurs réalisations à des ouvriers archetiers.
Tout comme François Xavier TOURTE, Nicolas MALINE usera, en dehors du pernambouc, de différentes essences de bois comme l'amourette ou le bois de fer.

Les différents évènements de cette seconde moitié du 19eme siècle causeront de toute évidence bien des problèmes aux archetiers de l'époque et la Maison MALINE n'en sera pas épargnée.

Nicolas MALINE meurt en avril 1877 en laissant derrière lui des pièces uniques et de très grande qualité.

Pour collection : archet à mèche interchangeable signé VUILLAUME à PARIS






mercredi 2 mai 2012

Page d'histoire : Place de l'Ecole

Dans le 1er arrondissement de PARIS, partiellement disparue sous les fondations du magasin "La Samaritaine", on peut encore découvrir la Place de l'École, chère à Nicolas Leonard et François Xavier TOURTE, célèbres archetiers...
C'est dans les archives photographiques du musée Carnavalet, mises en évidence par la Parisienne de Photographie, que cette photo a été retrouvée.
La Place de l'École s'y trouve photographiée avant les travaux entrepris pour créer le célèbre magasin de  Ernest Cognacq et  Marie Louise Jay.
C'est donc dans cette configuration urbaine que François Xavier TOURTE (au n° 10 du Quai de l’École) et Nicolas Léonard TOURTE (au n° 4 de la Place de l’École) travaillaient dans leur atelier d'archèterie respectif .

Cette place conserve non pas le nom d'une école (scola) mais celle d'un point d'accostage (scala).
C'est au 13eme siècle que fut probablement créé le nouveau port du quai de l'Ecole S. Germain.
Bois et charbons y transitaient régulièrement, provenant, via le port du Havre, des quatre coins du monde. (Jacques Boussard, Nouvelle Histoire de Paris, De la fin du siège de 885-886 à la mort de Philippe Auguste, Hachette, 1976.)

Au sortir des offices religieux donnés - en présence régulière de la famille royale - en la proche église de St Germain de l'Auxerrois  (dédiée aux artistes) , de nombreux musiciens se donnaient rendez vous aux deux célèbres cafés de la petite place : Le Café Manoury (aujourd'hui disparu) et le Café du Parnasse (aujourd'hui Café du Pont-Neuf). (Auguste Lepage : Les cafés artistiques et littéraires de Paris).