mercredi 29 octobre 2008

Du shtetl à New York - Sirba Octet avec Isabelle Georges


Musique Tzigane et Yiddish.
De Bessarabye à Over the rainbow, de Rozhinkes mit Mandlen à My funny Valentine, une invitation à un feu d’artifice musical entre musique traditionnelle et comédie musicale, servie par des musiciens issus des plus prestigieuses formations françaises. Virtuosité, émotion et … claquettes ! Une invitation à découvrir les racines de la musique américaine…

Merci à Richard SCHMOUCLER pour son adorable invitation au Théatre de L'Europe et pour cette soirée fantastique en présence d'Ivry GITLIS...

Avec : Laurence Allalah, Philippe Berrod, Laurent Boukobza, Christian Brière, Bernard Cazauran, David Gaillard, Isabelle Georges, Claude Giron, Iurie Morar, Richard Schmoucler

* Note d’intention

Du Shtetl à New York retrace l’odyssée de milliers d’hommes et de femmes à travers la musique… Des berceuses aux standards de Jazz …de Rozhinkes mit mandlen à Funny valentine. Du théâtre yiddish à la comédie musicale… de Fiddle à I got rythm. Du klezmer au ragtime… D’Ukranian memory à Alexander’s Ragtime band. Du shtetl… à l’âge d’or de la comédie musicale américaine.

Entre la fin du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale, près de 600 000 juifs d’Europe de l’est émigrent aux États-Unis pour fuir les pogroms. Parents et enfants quittent les shtetls de la vieille Europe pour le « paradis américain ».

Une fois à Ellis Island ou Castle Garden, avant de mettre un pied sur le sol américain, ils passent l'inspection. Ceux qui n’ont ni ami, ni famille, ni lettre d’embauche, ni argent sont envoyés à Ward’s Island. Quelques-uns sont employés sur place, mais la majorité sont placés dans des hôpitaux ou asiles de fous. Ceux qui passent avec succès l’examen physique ont leur passeport tamponné et sont admis sur une grande barge qui les emmène en bas de l’île de Manhattan. Le long voyage est fini, le tsar, les pogroms et la pauvreté en Europe sont enfin derrière, et devant … Le pays aux rues pavées d’or !

Bien qu’habituée à la pauvreté depuis des années, la première génération d’immigrants n’est pas préparée au mode de vie américain. Dans les shtetls, la structure sociale est basée sur l’éducation, aux Etats unis, la structure sociale est basée sur l’argent… 90% des juifs russes s’installent dans le Lower Side. Les maisons sont en piteux état, les appartements surpeuplés, les rues sales et dangereuses. Mais si le quartier est un endroit affreux au quotidien, sa situation géographique permet aux immigrants d’être au centre des industries de la ville.

La première génération de ces immigrés juifs se tue à l’ouvrage dans les sweatshops, généralement situées au sous-sol des immeubles sans fenêtres ni ventilateurs. Les adultes et les enfants y travaillent 6 jours par semaine de 12 à 16h par jour avec des salaires de 50 cents à 1$50 la semaine. Sur ce continent dont la culture est complètement différente de la leur, sur cette planète inconnue dont ils ignorent la langue, le yiddish devient le médian pour des centaines de milliers de juifs de l’est. C’est le langage de la rue, de la maison, des boutiques, de l’usine et de la synagogue. Des journaux, magazines et livres sont publiés en yiddish.

Le théâtre yiddish présente sous forme de satyres la vie des immigrés avec leurs espoirs et leurs ambitions. Tous les immigrants juifs, jeunes, âgés, patrons, ouvriers, pauvres et riches trouvent dans cet art un moyen d’oublier les misères du quotidien. Riches de leurs origines, certains de ces immigrants vont transformer le visage de l'Amérique par leur créativité. Ils vont bâtir leur rêve américain, celui d'une communauté idéale au sein de laquelle tout le monde a les mêmes chances. Ce rêve, ils l'expriment sur les pages des partitions musicales et sur les scènes des théâtres créant ainsi quelques-uns des plus grands succès de la comédie musicale américaine et des standards de jazz.

Les héros de ce voyage humain et musical sont Israel Isidore Beilin (Irving Berlin), Jacob et Israel Gershowitz (George et Ira Gershwin), Hyman Arluck (Harold Arlen), Rogazinsky (Richard Rodgers), Asa Yoelson (Al Jolson), Sonia Kalish (Sophie Tucker)...

Isabelle Georges et Richard Schmoucler

Les Mauvaises 2 - L'érotisme de la tragédie


Merci à Patricia CLEMENT (Rose) et Martine THINIERES (Blanche) de nous avoir invité à leur dernier spectacle à la Cartoucherie au Théâtre du Chaudron. Le violoncelle reste l'instrument de prédilection de ce spectacle d' 1h20, poétique et loufoque à l'humour décalé... Pince sans rire s'abstenir !

Vu sur Théâtre on line :
Duettistes hors catégories, virtuoses du décalage, Les Mauvaises traversent plus de deux mille ans de tragédie en moins d'une heure vingt. Antique, classique ou sensuel, aucun genre n'échappe à leur sagacité. Un pur moment de poésie épicurienne.

Qu'est-ce qu’il se passe ? Aristote a-t-il vraiment vampirisé le théâtre occidental ? Où en est la tragôdia - le « chant des boucs » ? La tragédie - le genre dramatique - disparaît peu à peu de la scène théâtrale occidentale. On en représente rarement et on s'y ennuie souvent. Est-ce une question de fond, de forme ? Dans Les Mauvaises - l'érotisme de la tragédie Blanche Descroches et Rose Bécarre - spécialistes mondiales autoproclamées² - se posent cette question, établissent un diagnostic et proposent un remède.

Comment représenter la tragédie aujourd'hui, ici et maintenant ? Comment relier l'histoire de Médée, Marguerite Gautier ou Jo Caste à nos préoccupations, nos angoisses, nos interrogations actuelles ? Comment entendre la musique intérieure, retrouver le caractère sauvage, primitif, l'essence même de ces personnages qui nous disent tant sur nous-mêmes ?

Pour répondre à ces questions, Les Mauvaises revisitent le destin de ces archétypes, et puisent dans deux gisements de poésie, d'intelligence et de fantaisie: les oeuvres d’auteurs oubliés - ceux qui auraient eu une grande réputation s'ils n'avaient point eu de frère, les seconds couteaux de la petite histoire - et les oeuvres imaginées d’auteurs imaginaires.

Les Mauvaises sont drôles, mais ne vont jamais chercher le rire, elles font ce qui ne se fait pas et cultivent l'absurdité. Le rire, s'il vient, est issu de leur poésie, de leur candeur aussi, de leur fragilité, de leur être profond en tous cas. Les Mauvaises ont un regard lucide, acéré, et admiratif sur le théâtre tragique. Héroïnes de par leur quête, mais hors normes de par leur méthode, elles sont les petites filles adoptives de Peter Sellers et de Florence Foster Jenkins. Sincères et vraies, elles font les choses très sérieusement et ont la grande assurance de ceux qui y croient éperdument.

Les Mauvaises ont une vocation : cultiver les décalages de sens, les associations incongrues et les paradoxes syllogistiques. Adeptes inconditionnelles de l'oxymore, la Tragédie ne pouvait échapper à leur quête de non-sens. Riches de leurs compétences abyssales tous domaines confondus (jeu dramatique, musique, chant, claquettes...), Les Mauvaises proposent un spectacle total.